lundi 31 janvier 2011

Hantise, Michele Jaffe

Résumé :

Heurtée de plein fouet par un chauffard, la jolie Jane est laissée pour morte dans un rosier. Elle ne se souvient pas de ce qui s'est passé, mais d'étranges messages laissés sur le miroir de l'hôpital et des menaces téléphoniques instillent en elle le doute : a-t-elle réellement été victime d'un accident, ou quelqu'un a-t-il vraiment tenté de la supprimer ? Qui ? Serait-elle en train de perdre la tête ? Et si le tueur était tout proche ?


Avis :

Jane se réveille à l’hôpital, paralysée, ne se souvenant de rien. La veille, elle était encore une jolie lycéenne, populaire et enviée, dont le plus gros souci était d’assortir son gloss à sa tenue, invitée à une soirée qui s’annonçait prometteuse. Elle avait des amies aussi jolies et populaires qu’elle, un petit ami beau comme un dieu, et des projets de fêtes plein la tête.
Là, étendue sur le lit, son corps inerte relié à de nombreuses machines chargées de la surveiller et de l’alimenter, elle n’a aucune idée de la façon dont elle est arrivée là…

L’histoire est racontée sous forme de flashbacks qui vont permettre au lecteur et à l’héroïne de reconstituer le fil des évènements qui ont précédé l’accident. Ces retours dans le passé vont aussi nous présenter les personnages, ainsi que des faits plus anciens nécessaires à la compréhension du contexte. De là nous pourrons partir nous aussi en quête de la vérité. Et ça fonctionne bien ! Très vite on ne peut lâcher le livre, les fausses pistes sont nombreuses, le coupable idéal ne cesse de changer de visage, à moins que Jane n’ait perdu la tête.
J’ai vraiment imaginé tous les scénarios possibles, et ceux qui diront qu’ils avaient très vite démasqué le coupable ne seront pas honnêtes. Enfin si, comme on suspecte tout le monde à tour de rôle, à un moment donné on tient forcément le bon !

Parallèlement à l’intrigue pas mal de thèmes propres aux adolescents sont abordés, sexe, drogue, identité, besoin de reconnaissance, le tout sans tomber dans les clichés. Seul bémol, quelques dialogues vraiment typés ados avec des expressions comme « pur vrai ! » qui m’ont un peu déconcertée…

En résumé, Hantise est un très bon thriller YA qui n’a pas à rougir face aux parutions « adultes » du même genre. Si on fait abstraction du défaut cité plus haut (mais peut-être qu’un lectorat plus jeune ne verra pas où est le problème) ce roman est vraiment très agréable, avec une intrigue bien ficelée, du suspens, des rebondissements. Si vous souhaitez faire une pause sans vampire, elfe et autres garous, n’hésitez pas, vous ne le regrettez pas.

vendredi 28 janvier 2011

L'engrenage, mémoires d'un trader, Jérôme Kerviel

Résumé :

Ce livre rompt le silence auquel je me suis astreint pendant plus de deux ans ; deux ans pendant lesquels mon nom a été traîné dans la boue par de trop nombreux journalistes, banquiers, hommes politiques ou avocats. Aujourd'hui j'estime qu'il est temps d'établir la vérité. A l'approche d'un procès décisif pour mon avenir, mais aussi pour le système bancaire, j'évoque tels que je les ai vécus les événements qui ont conduit à ma chute. Je refais le chemin qui transforma le simple employé que j'étais en trader. Je raconte dans le détail l'incroyable année 2007 où je fis gagner un milliard et demi à la Société Générale avant que la situation ne se retourne dès les premiers jours de 2008. Je décris de l'intérieur la réalité des salles de marchés et du monde des traders, et le cynisme d'un système qui tire profit de ceux qui travaillent pour lui, quitte à les lâcher en cas de défaillance. Lorsque je pénétrai dans la célèbre tour de La Défense en août 2000, je ne me doutais pas que, loin de passer la porte du paradis, j'entrai en enfer. Comme je ne me doutais pas qu'en franchissant le seuil du cabinet des juges d'instruction, la vérité n'éclaterait pas. Je souhaite que ce livre interpelle l'opinion publique sur la réalité des pratiques bancaires. Qu'elle y découvre le témoignage d'un homme qui reconnaît ses fautes mais refuse de payer pour un système financier devenu fou.


Avis :

Qui ne connaît pas « l’affaire Kerviel » ? Ce trader qui a mis la Société Générale en difficulté à cause des positions risquées prises alors que les marchés étaient sur le point de se retourner, et qui a de ce fait ébranlé tout le système financier ?
Voleur, menteur, fourbe, arrogant, et la liste n’est pas exhaustive, c’est ainsi qu’il fut décrit par les médias. Ennemi public n°1, traqué, trainé dans la boue, Jérôme Kerviel nous livre ici sa version de l’affaire, revenant sur ses débuts à la SG, jusqu’aux portes de la salle d’audience dans laquelle il sera jugé.
Construit en trois parties, « la crise », « la tour » et « la justice », le livre revient sur tous les paramètres qui ont fait l’affaire Kerviel et les suites judiciaires en découlant.

Parfois un peu ardue car regorgeant de termes techniques, la lecture est passionnante et met en lumière les défaillances de la banque, la tourmente dans laquelle est pris Jérôme Kerviel, et l’impuissance d’un homme quand le rouleau compresseur de la justice se met en marche.
Alors, ce livre est forcément en faveur du trader, mais au fil des pages le lecteur, s’il se classait dans les rangs de ses détracteurs, est obligé de revoir sa position.

Oui, Jérôme Kerviel a joué avec le feu, et il a perdu, et il le paye très cher. Mais sans ce retournement des marchés il aurait été encensé par sa hiérarchie qui aurait continué à fermer les yeux sur les positions prises et qui l’aurait encore affublé du surnom de « bonne gagneuse ».
Non, la justice n’est pas indépendante et se laisse manipuler par l’argent et le pouvoir. Un homme seul face à la puissance financière de la Société Générale et à ses moyens de pression, ne pèse pas lourd.
Oui, les médias se sont repus de son malheur, inventant rumeurs et accusations, le traquant sans relâche pour faire du scoop.

Figure emblématique de la crise des banques, le témoignage de Jérôme Kerviel est celui d’un homme broyé par un système qui vous porte aux nues puis vous cloue au pilori une fraction de seconde plus tard, sans remord.

mercredi 26 janvier 2011

Les monologues du vagin, Eve Ensler


Résumé :

Depuis leur parution aux Etats-Unis en 1998, Les Monologues du vagin ont déclenché un véritable phénomène culturel : rarement pièce de théâtre aura été jouée tant de fois, en tant de lieux différents, devant des publics si différents... Mais que sont donc ces Monologues dans lesquels toutes les femmes se reconnaissent ? Il s'agit ni plus ni moins de la célébration touchante et drôle du dernier des tabous : celui de la sexualité féminine. Malicieux et impertinent, tendre et subtil, le chef-d'œuvre d'Eve Ensler donne la parole aux femmes, à leurs fantasmes et craintes les plus intimes. Qui lit ce texte ne regarde plus le corps d'une femme de la même manière.


Avis :

Compilation de témoignages de femmes de tous âges et de tous horizons, Eve Ensler nous propose dans ses « Monologues du Vagin » une série de textes sur le thème du … vagin, comme son nom l’indique. C’est vrai que jusque-là je ne m’étais pas vraiment posée la question de la joliesse de ce mot, et comme nombre d’interviewées, j’utilisais plutôt un sobriquet pour le désigner. J’ai compris aujourd’hui l’intérêt de le nommer précisément, pour lui redonner sa dimension et son importance.

Sans voyeurisme ni vulgarité, Eve Ensler fait un tour d’horizon de ce qui peut arriver à note vagin (encore que parfois le terme n’est pas approprié, notamment pour le premier texte, sur les poils), de la masturbation à l’excision, de la découverte du plaisir au viol, de l’indifférence totale à son égard à l’obsession… Tour à tour drôles (celui de Whoopi Goldberg est excellent), graves, révoltants (ceux des femmes d’ex-Yougoslavie), émouvants ou emplis de colère, ces témoignages tout en pudeur nous font participer à l’histoire intime de ces femmes, avec leurs malheurs et moments de bonheur grâce, ou à cause, de leur vagin.
Les hommes ne sont pas pour autant oubliés, même s’ils n’ont pas forcément le meilleur rôle. Je pense qu’au théâtre ils ne rient pas forcément à certains traits d’humour auxquels les femmes seront sensibles (je pense, entre autres à cette citation à propos du clitoris qui est deux fois plus innervé que le pénis : « Qui voudrait d’un fusil à un coup quand on a en sa possession une mitraillette ? »).
Mais ce livre est aussi (avant tout ?) un plaidoyer féministe contre la violence faite aux femmes, pour la reconnaissance de notre droit au plaisir, et celui de rester seules maitres de notre corps. Il est aussi une condamnation de la bêtise des hommes…

Tendre et drôle, parfois éprouvant mais toujours juste, un texte à découvrir, et à faire découvrir.

Un dernier regard, fort juste, sur notre société : « La vente des vibromasseurs est interdite par la loi dans les États suivants : Texas, Georgie, Ohio et Arkansas. Si vous vous faites prendre, vous risquez une amende de dix-mille dollars et un an de travaux forcés. En revanche, dans ces même États, la vente des armes est parfaitement légale. Et pourtant, on n’a jamais vu un massacre collectif causé par un vibromasseur. »

mardi 25 janvier 2011

Shadowfever, Karen Marie Moning




[Attention spoiler, ne lisez pas cet avis si vous n’avez pas lu les quatre tomes précédents !!]

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Karen Marie Moning sait entretenir le suspens et nous faire tourner en bourrique.
A la fin du tome 4, nous avions laissé Mac effondrée après avoir tué la bête, disant qu’elle avait tout perdu. Et dès les premières lignes nous avons l’identité de la bête, la première réponse à toutes nos interrogations. Et pour ma part, j’étais bien loin d’avoir envisagé cette hypothèse !
C’est donc une Mac accablée par la douleur et ayant soif de revanche qui s’en va régler ses comptes avec Darroc…
Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus sur l’histoire en elle-même, je ne veux pas gâcher le plaisir de la découverte !

Ce tome est celui des révélations. KMM avait laissé beaucoup de questions en suspens au fil des épisodes précédents, et j’aurais été très déçue si elle ne nous en avait pas donné les clés. Qui est Mac, quelle est sa place dans ce monde, pourquoi est-elle si sensible aux Objets de Pouvoirs, et plus particulièrement au Sinsar-Dubh ? Qui est Barrons, quelles sont ces motivations ? Pourquoi Rowena est-elle si hostile ? Qui est Beau-Gosse ? Qui sont Ryodan et les autres ? Et j’en passe…
Au fil des pages les évènements les plus inattendus se déroulent, KMM nous balade à plusieurs reprises, nous lançant sur des fausses pistes, multipliant les rebondissements, jusqu’à ce que la vérité prenne peu à peu corps, et que nombre de réponses nous soient enfin données. En cela j’ai été ravie, les mystères sont levés, et notre curiosité est satisfaite (cela dit il me manque quand même un élément, et pas des moindres... Si j’ai laissé passer une information primordiale j’aurais peut-être ma réponse lors de la relecture en français…).
On retrouve évidemment tous les personnages qui ont fait la saga (avec même un court passage d’Adam Black ^^) et l’évolution de certains laisse penser que KMM n’en a pas fini avec eux, et nous devrions les retrouver prochainement (du moins je l’espère).

Ce cinquième tome sort chez nous courant du second semestre (c’est large comme créneau !), et tout cela me donne bien envie de me refaire la série complète juste avant…


lundi 24 janvier 2011

Le dernier Hérault-mage T1, La proie de la magie, Mercedes Lackey

Je mets la fiche de lecture que j’avais faite pour le club de lecture Vampires & Sorcière, écrite "à chaud" sous le coup de l'amotion du moment...


  1. Avis sur l'histoire :
Le jeune Vanyel Ashkevron est l’héritier du domaine familial, et son père attend qu’il se comporte comme tel, lui faisant donner l’éducation qu’il juge appropriée à son futur rôle. Mais le jeune homme délicat est loin d’être un guerrier et se rêve barde. Incompris de tous, maltraité par le maitre d’arme, il ne trouve refuge qu’auprès de sa sœur ainée lissa (qui l’a élevé). Elle va partir pour rentrer dans la garde et lui sera envoyé auprès de sa tante Savil, Hérault-mage qui sera chargée de parfaire son éducation (et surtout de le remettre dans le droit chemin). Là il découvrira l'amour et la souffrance, mais surtout ses dons et sa destinée.

Avis sur les personnages :

Vanyel, le héros malgré lui par excellence… A mon sens, soit on aime, soit on aime pas. Mais pas du tout. Son côté Caliméro est parfois agaçant, j’ai eu envie de le secouer pour qu’il cesse de geindre et de s’apitoyer sur son sort, mais au final il m’a ému et je l’ai trouvé attachant. Il est beau, sensible, ne jure que par la musique, il a un côté sale gosse, certes, mais moi j’ai bien aimé sa personnalité. Et, chose peu courante, du moins dans mes lectures, le héros fait tourner la tête et le cœur des demoiselles, mais lui préfère les jeunes et beaux apprentis… Il découvrira aussi l’étendue de ses pouvoirs, et de ce côté-là, il est gaté…

Tylendel, l’âme sœur du héros. C’est grâce à lui que Vanyel va s’ouvrir, s’accepter et accepter son destin. Sa mort sera à l’origine d’un chagrin énorme et de « l’explosion » des dons de Van (la mort de l’un, une 2ème naissance pour l’autre ?). Je l’ai bien aimé ce garçon, même si son passage du côté obscur m’a semblé en contraction avec tout ce qu’il semblait être…

Savil, la tante bienveillante (enfin dans un second temps, parce qu’au début c’est pas gagné). Un personnage plein d’humour, un substitut maternel quelque part, mais aussi et surtout le guide de Vanyel face à ses nouveaux pouvoirs.

La famille de Van, pas grand-chose à en tirer : Withen, le père obtus, une mère hystéro, le petit frère tête à claque… J’aimerais pas faire partie de cette famille, reste Lissa, la grande sœur, laide mais efficace (je résume hein !).
 
Jervis, le maitre d’arme fourbe et violent, à mon avis on a pas fini d’en entendre parler par la suite…

Avis sur l'auteur et son style :

C’était le 1er Lackey que je lisais, un auteur que je ne connaissais pas du tout. J’ai été emportée dans cet univers, l’écriture est fluide, je ne me suis absolument pas ennuyée, loin de là. Par contre, mais c’est pas de la faute de l’auteur, le bouquin est truffée de coquilles, fautes d’orthographe…

Les + et les – en bref :


Les + : un univers complet, construit, des personnages attachants, de l’amour, de l’action, de la magie, tous les ingrédients d’un roman Fantasy réussi. Un héros homosexuel, thème assez peu abordé dans ce type de roman. Après, si on dépouille un peu l'histoire des fioritures, c'est une quête initiatique on ne peut plus classique.

Les - : parfois un peu caricatural. Je m’explique… Vanyel est chez lui, personne ne l’aime, il ne sert à rien, il arrive à la cour, et hop, tout le monde est autour de lui, il tombe amoureux (et pour un 1er amour c'est LE grand amour), devient un héros. Il ne se contente pas d’avoir quelques dons, il les a tous, et à des niveaux exceptionnels. Il se bat contre un dragon, pas n’importe lequel, la reine dragon. Quant à Tylendel, il passe de gentil, drôle, intelligent, à aveuglé par la souffrance et avide de vengeance.
Bon, c’est vrai, on passe d’un extrême à l’autre, et du coup ça peut manquer de crédibilité pour ceux qui n’aurait pas accroché. Perso je l’ai relevé, mais ça ne m’a pas dérangée.

En bref, "Le dernier Hérault-mage" est une excellente saga, originale, qui m’a ravie du début à la fin…

vendredi 21 janvier 2011

World War Z, Max Brooks

Résumé :

La guerre des zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l'ensemble de l'humanité. L'auteur, en mission pour l'ONU - ou ce qu'il en reste - et poussé par l'urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d'âmes jusqu'aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Jamais auparavant nous n'avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l'existence - de la survivance - humaine au cours de ces années maudites. Prendre connaissance de ces comptes rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l'effort en vaut la peine, car rien ne dit que la Zème Guerre mondiale sera la dernière.


Avis :

Après avoir traité des méthodes de survie face à une invasion de mort-vivants dans son « Guide de survie en territoire zombie », Max Brooks relate dans « World War Z » l’épidémie qui a frappé notre planète, du patient zéro à la fin du conflit, ou du moins à la stabilisation de la situation.

Le rédacteur, membre de la CPTNU (la Commission Post-Traumatique des Nations Unies) nous livre là l’intégralité de son travail de collecte de témoignages de personnes ayant participé à la guerre, la Commission n’en gardant qu’un condensé pour son rapport officiel.
On découvre donc le déroulement de la Guerre Mondiale Z à travers les souvenirs de survivants qui ont pris part au conflit, qu’ils soient civils ou militaires, qu’ils aient été au cœur de l’action ou qu’ils soient restés en retrait.

Leurs mémoires nous relatent, de leur point de vue, l’attitude de tous les intervenants : les politiques, l’armée, les médias, et les simples citoyens. L’irresponsabilité de nos gouvernements, la non-réactivité des militaires, la complaisance ou la bêtise des médias, la panique de nos concitoyens livrés à eux-mêmes face à une menace à laquelle ils n’étaient pas préparés, le lecteur suit le déroulement des évènements, impuissant et révolté par l’individualisme des êtres humains. Lâcheté, haine, opportunisme, folie, barbarie…, cet épisode de l’Histoire révèle les pires facettes de l’homme moderne.
Les récits des survivants sont tour à tour résignés, cyniques, poignants ou exaltés, et chacun donne un éclairage particulier sur les évènements, permettant au lecteur d’appréhender ces derniers dans toute leur globalité et leur horreur.

Si le « Guide de survie en territoire zombie » était à prendre au second degré et nous faisait finalement sourire, WWZ nous renvoie à ce que pourraient être nos propres comportements en cas de menace extrême, et nous dresse un portrait peu flatteur de nos sociétés dans lesquelles l’intérêt individuel prime sur le collectif. L’invasion zombie est somme toute un prétexte pour dénoncer les dérives de notre mode de vie moderne, et commencer à s’interroger sur un retour aux vraies valeurs…

mercredi 19 janvier 2011

Claudine à l'école, Colette

Résumé :

Un titre bien sage pour un roman qui l'est moins. Claudine le reconnaît : « Vrai, cette école n'est pas banale ! » Comment pourrait-elle l'être ? Les élèves ont des personnalités peu communes : la grande Anaïs, que Claudine qualifie de menteuse, filouteuse, flagorneuse, traîtresse, possède en outre « une véritable science du comique » ; les Jaubert sont agaçantes à force de sagesse ; Marie Belhomme, « bébête, mais si gaie » ; Luce, charmeuse autant que sournoise ; et les autres, « c'est le vil peuple ». Quant aux maîtresses... Mlle Sergent, « la rousse bien faite », aussi intelligente que laide, n’en a que pour son assistante, Mlle Aimée, la bien nommée. Ajoutez les instituteurs des garçons, le pâle Duplessis et le vaniteux Rabastens, le médecin scolaire, le Dr Dutertre, aux dents de loup, qui aime s'attarder auprès des grandes... et vous obtenez un mélange détonant. Pour parfaire l'ensemble, c'est une Claudine débordante de vitalité, excessive dans ses élans, qui mène la ronde.


Avis :

« Claudine à l’école » était pour moi une relecture. Nous avions déjà fait connaissance toutes les deux quand j’étais en cinquième et que ce livre figurait dans la liste de lectures imposées par la prof. Sous prétexte que nous étions trop jeunes (et innocents ?) pour ce texte, des parents d’élèves s’étaient outrés de ce choix et le livre fut retiré de la liste. Quelques jours après, je fonçais à la bibliothèque pour l’emprunter, impatiente de découvrir l’objet du scandale.
A l’époque, j’avais beaucoup aimé cet ouvrage sulfureux au gout de liberté et avait enchainé les aventures de Claudine.

Aujourd’hui, le ressenti est un peu différent. Si l’écriture de Colette est toujours vive et résolument moderne pour l’époque, ce petit gout d’interdit a disparu.
Claudine a toujours son franc-parler, son impertinence et son intelligence qui autrefois me rendaient admirative, mais aujourd’hui que je suis une grande fille émancipée et autonome, elle m’exaspère plus qu’elle ne me fait rêver.
Les amours saphiques de mademoiselle Sergent et d’Aimée ne me choquent plus, j’ai lu bien pire depuis ! En revanche les propos (authentiques) tenus sur les femmes, m’ont encore fait dresser les cheveux sur la tête, voir même davantage que lors de ma précédente lecture.

« Claudine à l’école » n’est plus, pour moi, qu’une agréable description des mœurs de la fin du XIXème siècle servie par la plume atypique de Colette, mais toute la magie a disparu.
Ne restent que l’odeur de la craie et la nostalgie d’une époque révolue.


mardi 18 janvier 2011

Clio Kelly et l'éveil de la Gardienne, Angélique Ferreira

Résumé :

Clio Kelly, 22 ans, est journaliste au journal de l’Opéra. Alors que la vie à Paris est d’un calme olympien, une série de meurtre dévaste le Gévaudan. Ceux-ci sont la réplique exacte des crimes commis entre 1764 à 1767 dans la région.
Tandis que la jeune femme est envoyée sur place pour enquêter en compagnie de son partenaire, Morgan Chevalier, les meurtres deviennent de plus en plus sanglants et terribles.
Une fantastique course contre la montre se met en place pour découvrir et arrêter l’homme ou la créature qui se dissimule derrière ces atrocités.

Angélique Ferreira nous offre ici le premier tome d'une saga intitulée "Légende". Ce récit fantastique, sur fond de mythologie grecque, mêle habilement enquêtes policières et histoires de réincarnation pour nous faire découvrir des personnages attachants aux destinées incroyables.


Avis :


Je crois qu’Angélique est frappée du « Syndrome Fabrice Colin ». Je m’explique. Fabrice Colin est le seul auteur (enfin maintenant ils sont deux) dont je n’apprécie pleinement aucun livre. Il y a toujours un truc qui m’empêche de l’apprécier entièrement. Et ce « défaut » varie d’un livre à l’autre, donc je ne peux dire que c’est un détail particulier qui me gêne chez lui. En dépit de ça, je trouve qu’il y a des choses géniales à côté, et c’est ce qui me donne envie de continuer à lire ses œuvres, dans l’espoir qu’à un moment je finisse par tomber sur le livre qui me fera enfin dire que je l’aime tout entier (le livre hein, pas Fabrice Colin).

Avec Angélique, j’ai bien peur qu’on rentre dans le même genre de relation. Dans « Entre Ciel et Enfer », j’avais beaucoup aimé l’histoire, mais j’avais reproché une narration parfois un peu légère qui manque de maturité. Dans « Clio Kelly » la façon dont l’histoire est racontée m’a plu. Pas de maladresse ou de problème de structure, j’ai trouvé l’ensemble équilibré et les dialogues tiennent la route.
Les personnages sont quant à eux attachants, même si je n’ai pas retrouvé autant d ‘intensité qu’il y en avait dans certains d’« Entre Ciel et Enfer », et c’est un peu dommage car l’auteure sait le faire, et le fait bien.
Mais là où je suis restée à côté, c’est hélas l’histoire en elle-même. Malgré le style fluide et direct, je n’ai à aucun moment réussi à rentrer dans la mythologie grecque. Toute la partie qui est contemporaine m’a plu, mais dès que les anciennes divinités et autres légendes sont rentrées dans la danse, j’ai décroché. Ce n’est pas la faute du livre, car je pense que l’ouvrage est bien documenté, qu’il y a vraiment eu un effort de recherche pour donner du corps à l’ensemble, simplement ce n’est pas mon truc…
En revanche j’ai beaucoup aimé la partie dans la bibliothèque du savoir, j’ai trouvé l’idée très intéressante, si Angélique partait de là pour un roman, je signe tout de suite !

Alors, une fois le livre refermé, je me sens un peu coupable de ne pas avoir réussi à me laisser emporter, et je me dis que son prochain livre sera la bon pour moi.
Cela dit, si vous aimez les histoires mêlant meurtres et mystères sur fond de mythologie, ce livre vous comblera.




lundi 17 janvier 2011

Je suis une légende, le film

En regardant mon programme télé, j'ai vu que "Je suis une légende" était diffusé hier soir. Ayant chroniqué le livre il n'y a pas longtemps, je me suis dit que ce serait amusant de m'intéresser au film. Le but n'étant pas de faire une critique du film, je suis nulle à ça, je n'y connais rien, et tout l'aspect technique me passe largement au-dessus, mais plutôt de tenter un parallèle entre l'oeuvre cinématographique et l'oeuvre littéraire.
Alors mettons nous tout de suite d'accord, j'ai envisagé le film comme librement inspiré du livre, et non comme son adaptation, sinon je me serai perdue à relever tous les écarts...

Trêve de blabla, ci-après mon avis...




Le postulat de base reste le même, l'immense majorité de l'humanité a été infectée par un virus, censé guérir le cancer, qui transforme les humains en mutants, qui ressemblent à un croisement entre zombie et vampire, j'ai pas réussi à le déterminer avec exactitude.

Robert Neville est naturellement immunisé, et va, à priori, être le seul survivant de l'épidémie.
Le personnage du film, joué par Will Smith, est très éloigné de celui créé à la base par Matheson. Sain de corps et d'esprit (enfin, plus ou moins), on est loin de l'épave humaine décrite dans le livre. En même temps, je n'ai pas trouvé ce choix perturbant, et Will Smith est plutôt pas mal dans le rôle. Évidemment, le personnage est bien propret, et n'a donc aucun lien dans la disparition de sa famille.
Il passe ses journée à draguer des mannequins de magasin de prêt-à-porter dans un vidéo-club, à jouer au golf sur un porte-avion, à jouer avec son chien, à entretenir sa condition physique ou à tenter la chasse au cerf.
Le ton est beaucoup plus léger. Là où le livre jouait sur la répétition, le huis-clos et l'impression grandissante d'étouffer, le film est plus dynamique. A noter que j'ai particulièrement aimé les scènes de New-York dévastée dans laquelle la nature a déjà repris ses droits.

Les mutants sont quant à eux assez basiques, visuellement j'ai pas été transportée, je suis restée assez indifférente. Pas de développement, d'évolution chez eux, ils resteront basiques du début à la fin, ce qui quelque part justifie la fin du film (il aurait été incohérent que Neville laisse sa place à des êtres qui ne semblent pas constituer un nouveau stade dans l'évolution).

Un personnage féminin apparaît aussi en cours de route, mais Ruth est remplacée par Anna, humaine tout comme Robert, qui permettra de livrer le happy-end final au spectateur.

La fin, j'y viens... Que dire... Même sans avoir lu le livre je pense qu'on peut s'accorder à dire qu'elle est mauvaise. Trop facile, positive, convenue. Je veux bien comprendre que le parti pris pour clore le livre est trop dérangeant pour un film qui se veut grand public, mais quand même... 

En résumé, j'ai passé un moment divertissant, mais la fin est catastrophique et ternit un peu l'ensemble. Ce n'est pas le ratage complet auquel je m'attendais, mais ce film ne fera pas partie de mon top 10, et ma préférence reste au chef d'oeuvre de Matheson.



Fiche du film Source Allociné

 

vendredi 14 janvier 2011

Guerrière, Marie Brennan

Résumé :

Quand une sorcière naît, un double d'elle-même naît. Pour que la sorcière jouisse de l'intégralité de ses pouvoirs, son double doit périr. Mais que se passe-t-il lorsque le double survit ?
Mirage exerce une profession assez singulière : elle est chasseuse de primes. Sa vie dépend de ses talents de tueuse et de son intelligence, et Mirage atteint toujours sa cible. Mais son nouveau contrat va l'entraîner dans le monde ténébreux des sorcières, là où sa force et son habileté risquent de ne pas suffire pour vaincre la magie.
Miryo est une sorcière qui vient de rater son examen d'initiation. Désormais elle sait qu'il existe en ce monde un être semblable à elle, un être qui est elle : Mirage. Et si elle veut obtenir la pleine maîtrise de ses pouvoirs, Miryo n'a qu'une solution : chasser la chasseresse, et la détruire.


Avis :

A la naissance de chaque sorcière, un double est créé. Pour que la future sorcière puisse accéder à la pleine maitrise de ses futurs pouvoirs le double doit être tué tant qu’il n’a pas d’âme, c'est-à-dire avant qu’il soit exposé au regard de la Déesse.
Les sorcières n’en conçoivent aucune honte ni remord, le double étant considéré comme une simple coquille vide dont l’existence ne se justifie que pour l’accomplissement de la future petite sorcière.

Mirage est une Chasseuse, c'est-à-dire une guerrière-aventurière, et elle va accepter la mission proposée par son ami Eclipse. Ils vont tous deux être chargés d’enquêter sur la mort d’une sorcière Tari-Nakana, la Clé de la Voie du Cœur du Feu, et se retrouver liés par le serment du sang qui met leurs vies en jeu, ce malgré la répulsion instinctive de Mirage pour le monde de la Magie.
Miryo, quant à elle, est sur le point de passer son examen pour être confirmée en tant que sorcière, et doute de ses capacités à réussir…
Deux jeunes filles si différentes en apparence dont les chemins jusque là parallèles vont se rencontrer.

Marie Brenan nous propose un univers riche et original, mais quelque peu difficile d’accès. Beaucoup de notions nouvelles à appréhender, au début il faut fréquemment se référer au lexique en fin de livre. Le déroulé de l’histoire est présenté alternativement du point de vue de chaque jeune fille, permettant de les découvrir séparément et de mener le lecteur à leur rencontre. Si l’histoire est agréable à lire, il y a quand même quelques longueurs. Je n’ai pas vraiment accroché au personnage de Miryo, du coup les chapitres la mettant en scène m’ont un peu ennuyée jusqu’à ce qu’elle rencontre Mirage, qui est clairement celle que je préfère, tout comme son univers. Idem pour les passages contant les scènes de danse ou de chant, je suis restée de marbre…

Malgré tout, l’ensemble est plaisant et l’on s’attache aux héroïnes, souhaitant qu’aucune des deux ne disparaisse.
La fin est inattendue, j’avais envisagé pas mal de possibilités, mais pas celle là, mais du coup je suis encore plus curieuse de connaître la suite !


mercredi 12 janvier 2011

Delivre-nous du Mal, Virginia Schilli


Résumé :

Reclus dans un château à l'abandon, Anders Sorsele, buveur de sang malgré lui, cherche à oublier les trahisons qui ont fait de lui un damné parmi les damnés.
Alors qu'il pense avoir échappé au monde et à sa violence, Anders est bientôt sorti de son sommeil par un des fantômes de son passé. Les voies de la rédemption semblent lui ouvrir les bras. Mais la promesse d'un amour retrouvé n'est-elle pas un nouveau moyen pour ses ennemis sans visage de raviver les douleurs endormies ?
Après plus d'un siècle de torpeur, l'ancien seigneur Sorsele va apprendre, au fil de rencontres dangereuses et d'étreintes douces-amères, que le terrain escarpé menant au Purgatoire peut encore se dérober sous ses pieds.
Oscillant sans relâche entre ivresse de sensualité, appétit démoniaque et désirs ambitieux, le flamboyant héros torturé de Par le sang du démon nous entraîne dans une suite haletante en noir et bleu. Un deuxième roman aux multiples rebondissements qui écorche une nouvelle fois le mythe vampirique de façon délirante et audacieuse.


Avis :

Nous avions laissé Anders Sorcele reclus dans un château en ruine, ruminant sur sa condition damnée et souhaitant un repos éternel qui lui est refusé de par sa nature vampirique.
Plus de cent ans se sont écoulés, et Anders n’est plus qu’une enveloppe desséchée faute d’avoir pu se sustenter de sang, et son esprit est engourdi, aux limites de l’inconscience, quand une intrusion en son domaine va briser sa solitude.
Kethel, le frère adoptif et surtout le premier amour de la jeune fille qui habite depuis un siècle de corps d’Anders, vient le sortir de sa torpeur et le ramener à la « vie ». Ce personnage que nous croyions mort depuis bien longtemps, a lui aussi conclu un étrange pacte, par l’intermédiaire du nécromancien avec lequel sa sœur faisait commerce, faisant de lui un Nephilim, un immortel se nourrissant non du sang des humains, mais de leur douleur.
Toujours amoureux d’Enimia (c’est ainsi que s’appelait la belle), il n’a cessé de s’en vouloir de l’avoir menée à sa perte en la laissant seule dans les bois après leur rencontre charnelle. Le nécromancien, ayant récupéré et conservé la dépouille de sa bien-aimée, lui a laissé entendre que son esprit pourrait la réintégrer, et Kethel s’imagine déjà la retrouver, et vivre enfin leur amour pour l’éternité.
Hélas, Anders ne partage pas complètement cette vision des choses, et ne rêve que de reconquérir son domaine. Quant à reprendre son corps initial, s’il le regrette parfois, il n’est pas prêt à abandonner son aspect masculin.

Le roman commence lentement avec le récit de Kethel, dans lequel la douleur et l’amour sont indissociables, et nous sommes bercés par la prose de Virginia Schilli, même si on ne voit pas clairement où elle veut en venir. Une « happy end » ? On est en droit d’en douter… Et puis ensuite le rythme s’accélère, les évènements se mettent en place, mais le mystère s’épaissit aussi, qui tire les ficelles des destins de nos héros au final, et quelle est la motivation qui l’anime ?
Même si l’univers est toujours le même, bien que plus violent et ténébreux à mon sens, on s’éloigne du pur récit vampirique pour aller tutoyer la fantasy. Si le premier tome relatait la déchéance du personnage principal, on assiste là à sa tentative de rédemption, et Anders en héros tourmenté et malheureux se rapproche d’Elric (j’avais déjà dit que je sentais l’influence de Moorcock dans la chronique de « Par le sang du Démon »), armé d’une Stormbringer d’un nouveau genre.

« Délivre-nous du Mal » peu paraître déstabilisant de prime abord vu les chemins empruntés par Virginia Schilli pour faire évoluer ses personnages, mais sa plume vive et envoutante nous transporte dans un univers sombre et rempli de faux-semblants, pour notre plus grand plaisir.


mardi 11 janvier 2011

Si je reste, Gayle Forman

Résumé :

Mia a 17 ans. Un petit ami, rock star en herbe. Des parents excentriques. Des copains précieux. Un petit frère craquant. Beaucoup de talent et la vie devant elle. Quand, un jour, tout s'arrête. Tous ses rêves, ses projets, ses amours. Là, dans un fossé, au bord de la route. Un banal accident de voiture. Comme détaché, son esprit contemple son propre corps, brisé. Mia voit tout, entend tout. Transportée à l'hôpital, elle assiste à la ronde de ses proches, aux diagnostics des médecins. Entre rires et larmes, elle revoit sa vie d'avant, imagine sa vie d'après. Sortir du coma, d'accord, mais à quoi bon ? Partir, revenir ? Si je reste.


Avis :

Depuis le temps que j’en entendais parler, il fallait bien que je finisse par m’intéresser à « Si je reste » de Gayle Forman.

C’est un jour comme tant d’autres, sauf qu’en raison de la neige les écoles sont fermées. Le papa de Mia, enseignant, et les enfants restant à la maison, la maman décide de prendre sa journée aussi. Et puis finalement les intempéries ne sont pas aussi terribles qu’annoncé. Alors la famille de Mia prend la voiture pour se rendre chez des amis. Comme quoi parfois le destin prend des chemins détournés… Entre discussions futiles et rires, l’impensable se produit et leur voiture est percutée par une camionnette. Suite au choc, l’esprit de Mia semble détaché de son corps. Il contemple la scène de l’accident et voit son père, tué sur le coup, qui a toujours sa pipe dans la poche de sa chemise, sa mère qui n’a pas survécu. Et puis son propre corps, brisé, plié selon un angle improbable… Pas le temps de savoir ce qui est arrivé à son frère, les secours l’emportent, elle se retrouve dans l’ambulance, puis l’hélicoptère, puis à l’hôpital. De ce qu’elle entend, elle comprend qu’elle est très gravement blessée, mais il semble que son frère soit toujours en vie.
C’est dans ce même hôpital, tandis qu’elle est plongée dans le coma, que l’esprit de Mia va devoir décider de son avenir. Partir, rejoindre ses parents, ou rester, choisir de se battre.

Entre souvenirs et paroles de proches qui se relayent à son chevet, on apprend à connaître Mia et sa famille, leur vie, simple mais remplie d’amour, où la musique tient une place essentielle. Le drame qui les touche n’en paraît que plus injuste. Au fil de sa réflexion, les pièces du puzzle vont prendre place pour amener la jeune fille à prendre sa décision, car au final, comme le dit une infirmière, ce ne sont ni les médecins, ni le matériel médical qui la ramènera à la vie, mais bien Mia, seule à décider de son sort.

Un joli roman jamais mièvre, tout en émotion et pudeur. Je pense pourtant qu’il manque un peu de profondeur dans l’émotion, un petit je-ne-sais-quoi qui l’aurait rendu bouleversant, comme l’est ce passage page 120 et suivantes qui a formé une boule dans ma gorge. Dommage qu’il n’y ait pas la même intensité tout du long.

lundi 10 janvier 2011

Indignez-vous ! , Stéphane Hessel

Résumé :

« 93 ans. La fin n est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique : le programme élaboré il y a soixante six ans par le Conseil National de la Résistance ! » Quelle chance de pouvoir nous nourrir de l’expérience de ce grand résistant, réchappé des camps de Buchenwald et de Dora, corédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l homme de 1948, élevé à la dignité d Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d’honneur !
Pour Stéphane Hessel, le « motif de base de la Résistance, c était l’indignation. » Certes, les raisons de s’indigner dans le monde complexe d’aujourd’hui peuvent paraître moins nettes qu’au temps du nazisme. Mais « cherchez et vous trouverez » : l’écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, l’état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au toujours plus, à la compétition, la dictature des marchés financiers et jusqu’aux acquis bradés de la Résistance : retraites, Sécurité sociale... Pour être efficace, il faut, comme hier, agir en réseau : Attac, Amnesty, la Fédération internationale des Droits de l’homme... en sont la démonstration.
Alors, on peut croire Stéphane Hessel, et lui emboîter le pas, lorsqu’il appelle à une « insurrection pacifique ».
Sylvie Crossman


Avis :

C’est en regardant « le Grand Journal » de Canal+ dont il était l’invité que j’ai découvert Stéphane Hessel, auteur de ce petit livre dont les exemplaires se vendent, à priori, comme des petits pains. Séduite par la bonhommie et le discours de l’homme, j’ai à mon tour commandé son manifeste sur la nécessité de s’indigner.
Vite reçu, et vite lu (à peine plus d’une vingtaine de pages), j’en retiens plusieurs choses. D’abord qu’il est bien plus intéressant et passionnant d’écouter Stéphane Hessel que de le lire. Ensuite, tout ça pour ça… Oui, c’est intéressant, mais de là à crier au génie, il y a un pas que je ne franchirai pas. D’une part parce que j’ai trouvé l’ensemble quand même assez démago, et d’autre part parce que je manque de culture politique et économique pour pouvoir reprendre certains points qui me semblent discutables, et argumenter mon point de vue de données factuelles et non d’un simple ressenti.
Cela dit cet ouvrage a tout de même le mérite de faire passer au moins un message qui me parait important, à savoir que nous devons conserver notre esprit critique et ne pas succomber à la pensée unique. C’est un peu ce que je fais en ne me ralliant pas pleinement et bêtement aux critiques dithyrambiques des médias qui louent cet ouvrage, non ?!

vendredi 7 janvier 2011

Guide de survie en territoire zombie, Max Brooks

Résumé :

Les règles essentielles pour survivre à une attaque de zombies... Un détournement pince-sans-rire des divers guides de survie disponibles sur le marché.
1, Organisez-vous avant leur arrivée.
2, Ils ignorent la peur, faites de même
3, Coupez leur la tête mais utilisez la vôtre
4, Avec des machettes (pas besoin de munitions)... etc etc


Avis :

Les zombies existent. Si si. Toutefois si vous n’êtes pas convaincus (pauvres âmes ignorantes, rendez-vous vite à l’évidence !), vous trouverez à la fin du guide de nombreuses preuves de leur existence, ainsi que quelques témoignages sur les diverses épidémies à travers les siècles.
Maintenant que nous sommes tous conscients de la menace latente, combien sont prêts à y faire face ? … … Personne ? C’est bien ce que je craignais. Heureusement, Max Brooks a recensé dans ce « guide se survie en territoire zombie » tout ce que de simples civils comme vous et moi doivent absolument savoir afin de se protéger des goules, mais aussi de les éradiquer.
Au fil de cet ouvrage très détaillé et documenté, vous apprendrez à connaître leurs points faibles, les meilleures armes contre eux, comment tenir un siège et éviter les mouvements de panique de nos concitoyens non-informés (ou qui ont fait l’impasse sur leur préparation), ou reconstruire une société nouvelle à partir de rien ou presque. Ne négligez aucun chapitre, ils sont tous essentiels pour sauver ce que vous avez de plus précieux : votre vie.

Ce livre est une véritable immersion dans un monde en proie au danger que représentent les morts-vivants. Au fil des pages le lecteur se prend au jeu et mémorise mine de rien les armes les plus performantes, les moyens de renforcer sa maison, de quoi se constitue un kit de survie.
Cynique et drôle, mais toujours avec un ton sérieux et didactique, Max Brooks nous propose une petite pépite, à prendre au second degré, bien sûr.
Cela dit, gardez ce guide à portée de main, on ne sait jamais…

mercredi 5 janvier 2011

Je suis une légende, Richard Matheson


Résumé :

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l'abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil... Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu'aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.
Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l'ultime survivant d'une espèce désormais légendaire.


Avis :

Souvent, quand on a aimé un livre, rédiger une critique est assez facile, les idées viennent toutes seules poussées par l’envie de faire découvrir l’ouvrage et de donner envie de le lire.
Pour « Je suis une Légende », c’est exactement le contraire. J’ai tellement aimé ce livre, il m’a fait passer par toute une palette d’émotions, que les retranscrire sur le papier (le clavier ?) a été très compliqué.

Une épidémie s’est propagée sur Terre et a infecté les humains qui se transforment en vampires. Reste Robert Neville, à priori le dernier humain. Neville est loin d’être super-héros, il est plus une épave, un homme brisé qui noie sa tristesse dans l’alcool.
Il passe ses journées à faire ses courses dans les magasins abandonnés pour y chercher vivres et matériel pour sa survie, tuer quelques morts-vivants s’il en croise sur son chemin, renforcer les défenses de sa maison ou faire des recherches pour en connaître davantage sur ses ennemis, comprendre comment c’est arrivé. La nuit il subit les attaques des vampires, leurs râles et gémissements, et il essaye de ne pas les entendre l’appeler.
Le livre joue beaucoup sur la répétition, cependant ce n’est pas lassant pour autant

Quant aux vampires, au début Robert pense être face à des créatures dénuées d’intelligence, uniquement guidées par leur soif de sang. Et puis au fil du temps, de ses recherches et de ses observations, il va se rendre compte qu’il n’en est rien, au contraire. L’évolution de son point de vue se fait lentement, et le lecteur est amené à réviser son jugement et à envisager les implications qui en découlent, tout comme le fait le héros.

La fin s’impose d’elle-même, logique et poignante, au point que mes petits yeux étaient bien humides en refermant le livre.

« Je suis une légende » est tout bonnement un chef d’œuvre. Un incontournable. Alors, si je n’ai pas su trouver les mots pour vous donner l’envie de vous jeter sur cette histoire qui vous prend aux tripes, dites vous que c’est quand même un classique, et tentez une plongée dans la vie de Neville.