mardi 31 mai 2011

Les mystères de Harper Connelly T2 - Pièges d'outre-tombe, Charlaine Harris


Résumé :

Depuis que j'ai été frappée par la foudre, je suis dotée de capacités hors du commun, c'est le cas de le dire. Je retrouve les morts et peux dire ce qui les a tués. Mais depuis que j'en ai fait mon job, je me suis fait des ennemis. Alors, quand en pleine démonstration de mes talents dans un ancien cimetière de Memphis, je tombe sur un corps fraîchement assassiné et plutôt compromettant... Suspectée, je n'ai d'autre choix que de découvrir la vérité.


Avis :

Harper et Tolliver sont appelés pour une démonstration du don de la jeune fille par un professeur qui compte bien démasquer l’imposture. Forcément, Harper passe le test haut la main, et va même tomber par hasard sur le corps d’une petite fille dont la famille l’avait engagée 18 mois auparavant pour le retrouver, sans succès évidemment puisqu’il n’était pas à l’endroit des recherches. Mais, cette découverte est-elle vraiment fortuite ?
Un meurtre va de surcroît être commis, et nos deux héros vont être impliqués dans l’enquête, voir suspectés… 

Deuxième tome des « Mystères de Harper Connelly », « Pièges d’outre-tombe » se révèle aussi agréable que le premier. Si la structure du roman est quasi-identique, les relations entre les personnages prennent davantage d’importance. Ceux qui avaient pu être gênés par l’ambiguïté de la relation entre Harper et Tolliver (je rappelle qu’ils ne sont frère et sœur que parce que leurs parents se sont mariés, mais qu’il n’y a aucun lien du sang entre eux) vont avoir un début de réponse qui devrait leur permettre d’envisager leurs rapports avec plus de sérénité, même si pour le moment rien n’est vraiment posé.
J’ai trouvé Harper plus solide aussi, moins dépendante de son frère, peut-être une conséquence de l’évolution de sa façon d’envisager les choses, et ce n’est pas pour me déplaire, loin de là.
De nouveaux personnages font également leur apparition, tels Manfred et Xylda, j’espère qu’ils seront récurrents car ils apportent une touche de fraîcheur dans l’univers somme toute assez sombre et tourmenté de Harper.
Si ce deuxième tome ne fait pas vraiment avancer l’intrigue, il est centré sur les personnages et leurs relations. Le lecteur se laisse emporter dans l’histoire comme les héros, sachant que là n’est pas le plus important pour cette fois, et suit les réflexions et les remises en question de Harper avec davantage d’intérêt.

« Les mystères d’Harper Connelly » s’inscrit définitivement dans mes séries préférées de par son ambiance, ses personnages, et sa simplicité : juste une pointe surnaturel due au don de l’héroïne, mais sinon le contexte est tout à fait classique.


Le troisième tome est d’ores et déjà dans ma bibliothèque, et je ne vais pas tarder à trouver quelques instants à lui consacrer …

lundi 30 mai 2011

Le cercle secret T3, Le pouvoir, L.J. Smith

Résumé :

Cassie est passée dans le camp de la diabolique Faye. Black John, le redoutable sorcier qui a créé le coven le plus puissant qui ait jamais existé, est revenu d'entre les morts. Il est prêt à tout pour devenir le maître du Cercle secret dans lequel évolue Cassie. Avant de mourir, la grand-mère de Cassie lui confie son Livre des Ombres et le secret de la Nouvelle-Salem. Cassie va devoir affronter ses doutes et se lancer à corps perdu dans une bataille entre le bien et le mal.



Avis :

Dernier tome de la série, c’est aussi le plus riche en révélations et rebondissements. Il s’y passe beaucoup de choses, peut-être trop par rapport au précédent qui était surtout centré sur la faiblesse de Cassie et son avilissement par Faye.
Point positif, toutes les questions que l’on pouvait se poser vont trouver une réponse. Point négatif, l’ensemble paraît un peu trop facile.

De nouveaux méchants, un Black John surpuissant, des révélations sur Cassie… l’auteure ne ménage pas ses efforts, mais cela rend la trilogie un peu déséquilibrée.
Pourtant la lecture est toujours aussi agréable et fluide, si bien qu’au final on passe l’éponge sur les petits défauts évoqués précédemment.

Seul gros bémol pour moi, un côté « Petite maison dans la prairie – Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » qui ne m’a pas du tout plu, mais qui ravira sûrement une majorité de lectrices.

jeudi 26 mai 2011

Le cercle secret T2, Captive, L.J. Smith


Résumé :

Cassie a rejoint le groupe de lycéens le plus branché qui soit. Déchirée par les affrontements entre Diana et Faye, les deux meneuses du Cercle Secret, Cassie devra choisir : sauver New Salem avec Diana ou céder au harcèlement de Faye et surtout à son amour pour l'envoûtant Adam, un amour interdit qui menace de briser le cercle...




Avis :

Si le premier tome était essentiellement un tome d’introduction, on rentre cette fois-ci directement dans le vif du sujet.

Cassie est sous la coupe de Faye, et va s’enfoncer dans le mensonge afin de ne pas faire de peine à son amie Diana (n’aurait-il pas été plus simple de tout lui avouer quand même, d’autant que ce qu’elle veut lui cacher n’est pas si grave que ça ?). Pour oublier Adam et honorer sa promesse, elle va se rapprocher de Nick, qui finalement n’est pas si dur qu’il y parait, au contraire. Ajoutez à cela la menace d’un sorcier puissant, et vous aurez une bonne idée de ce qui va se passer dans ce tome. 

Plus sombre, mais plus rythmé, cet opus se révèle très agréable à lire. Cassie est assez pathétique et faible devant Faye, qui elle, prend de l’ampleur et donne du mordant à l’histoire.
Et que dire de la fin ? L. J. Smith nous laisse suspendus à ce nouveau rebondissement, et le lecteur ne peut qu’attendre la suite avec impatience !

mardi 24 mai 2011

La spirale des abysses, Olivier Descosse

Résumé :

Ex-mercenaire et ancien policier d'élite, Serge Papadakis ignorait qu'il avait un fils, conçu trente ans plus tôt. Et voilà que son ancienne petite amie réapparaît pour lui annoncer son existence... et sa disparition. Il va se lancer sur ses traces. Une route inattendue, terrifiante, placée sous le signe de la violence et de la barbarie. Qui est vraiment Thomas, son fils ? Confronté à l'inimaginable, Papadakis verra ses certitudes vaciller, emportées dans le tourbillon de la spirale des abysses.


Avis :

Serge Papadakis, ancien mercenaire, ex-flic du SPHP, reconverti dans la sécurité des personnes en vue est contacté par son ex petite amie qui, non contente de lui apprendre qu’elle a eu un enfant de lui, Thomas, y rajoute le fait qu’il a disparu.
Serge va reprendre l’enquête pas à pas, et suivre les traces de son fils, du Vercors jusqu’en Afrique.

L’action commence dès les premières pages, et le récit à la première personne nous donne l’impression d’être aux côtés de Serge Papadakis, cet homme de 58 ans qui part à la recherche d’un fils trentenaire dont il ne soupçonnait même pas l’existence. Cet homme, fort et solide en apparence, cache en réalité failles et souffrance sous cette façade, carapace qui va se fendiller au cours de l’enquête. Ses certitudes vont être ébranlées, et ses repères chamboulés au fur et à mesure qu’il progresse dans ses investigations qui vont l’emmener aux confins de la folie et de la violence.
L’homme est méthodique, et nous fait partager la moindre de ses pensées et tous ses faits et gestes, alourdissant parfois l’intrigue de détails peu intéressants pour l’enquête en elle-même.
L’intrigue, justement j’y reviens. La première partie m’a beaucoup plu, thriller noir en forme de course contre la montre pour retrouver Thomas, est enlevée, haletante, peut-être un poil classique mais plaisante. La deuxième est plus originale, mais j’avoue que la théorie avancée par l’auteur me semble un peu tirée par les cheveux, l’explication paranormale semble tellement en décalage par rapport à la première moitié du roman que je n’ai pas été convaincue. L’ensemble reste cependant cohérent, le paranormal ne prenant pas trop le pas sur le reste de l’histoire.

Un roman qui reste agréable à lire pour les amateurs de thriller noirs, mais qui ne révolutionne pas le genre, ni ne se hisse sur mon podium personnel des meilleurs livres du genre.

lundi 23 mai 2011

Le chaperon rouge, Sarah Blakley-Cartwright

Résumé :

Le village de Daggerhorn semble sommeiller au creux de la vallée. Depuis des générations, le Loup qui menace sa tranquillité est tenu à l'écart grâce à un sacrifice mensuel. Mais aujourd'hui, plus personne n'est à l'abri. Et la peur rôde... A la mort de sa sœur, Valérie est inconsolable. Henry, le séduisant fils du forgeron, tente de gagner ses faveurs, mais le cœur indompté de la belle bat pour un autre garçon : Peter, le bûcheron exclu du groupe, qui lui offre des escapades palpitantes en dehors du cocon familial. Un beau jour, un chasseur de loups de passage dans la région fait une terrible révélation qui provoque la stupeur des villageois : la Bête qui les terrorise vit parmi eux. Chacun devient suspect. Bientôt, on comprend que seule Valérie peut entendre la voix du Loup. Et celui-ci exige qu'elle le rejoigne avant que le sang ne coule...


Avis :

À Daggerhorn, on vit au rythme du Loup. Les maisons sont sur pilotis, et chacun en relève l’échelle le soir venu. À chaque lune, on sacrifie une chèvre pour contenter la Bête, et on tremble en espérant que ça suffise. Valérie, alors petite fille de 7 ans, va être marquée par le sacrifice de sa chèvre quand le tour de sa famille sera venu. En marge des autres, plus hardie et révoltée, nous allons la retrouver une dizaine d’année plus tard, assistant à sa première moisson.
C’est à cette occasion que le Loup fera une nouvelle victime, humaine cette fois, la première depuis des années.
Dès lors la peur va se répandre dans le village, et les habitants vont faire venir le père Salomon, un tueur de loup-garou renommé, afin de se débarrasser de la Bête une fois pour toute. Quand le mercenaire leur apprend que le Loup ne peut être que l’un d’eux, la suspicion va entrer en jeu, et l’ambiance du village va être de plus en plus pesante, chacun voyant un Loup potentiel en son voisin.

Après un démarrage assez lent, qui a surtout vocation à installer les personnages et l’ambiance, la deuxième partie est plus rythmée et intéressante. L’arrivée du père Salomon marque le changement, et l’évolution de son personnage emporte avec lui l’évolution du mode de pensée de tout le village, les entrainant dans la soif du sang et la vengeance. À se demander qui est le plus sanguinaire, le Loup ou l’homme…
Par opposition, Valérie reste un personnage stable, en quête de vérité, qui va rester fidèle à elle-même quitte à se mettre en danger. Mais sa détermination, conjuguée à son lien particulier avec le Loup, vont l’amener à découvrir la vérité.

Le récit est bien mené, Daggerhorn semble tout droit sorti du film « le village » de Shyamalan, avec cette même ambiance oppressante. La chasse au Loup s’organise, tout le monde est potentiellement suspect, et face à la peur, les villageois sont prêts à tout pour en finir, même au pire…
Les personnages sont intéressants, surtout Salomon qui m’a beaucoup plu dans son rôle de sage traqueur qui bascule peu à peu en psychopathe.
La lecture est agréable, le conte revisité est plaisant. Le livre en lui-même est très joli, avec sa couverture toute douce et ses chapitres joliment illustrés.
La fin peut nous laisser sur notre faim, mais il existe un chapitre bonus disponible sur le site de l’éditeur, ici (ce n’est pas pratique si vous êtes dans le train, je vous l’accorde volontiers).

J’ai maintenant bien envie d’aller au cinéma en voir l’adaptation…



vendredi 20 mai 2011

Frisson, Maggie Stiefvater

Résumé :

Grace, 17 ans, vit dans une petite ville du Minnesota, aux abords d'une forêt. A 11 ans, elle s'est faite attaquée par une horde de loups mais a survécu malgré les morsures, sauvée par un des loups de la bande. Les années ont passé, et un lien étrange s'est créé entre la jeune fille et ce loup, souvent présent autour de la maison, comme pour veiller sur elle. Lorsque Jack, un élève de son lycée, est retrouvé mort suite à une attaque identique à celle de Grace, la ville lance des chasseurs à travers la forêt. La plupart des loups parviennent à échapper aux balles, mais pas celui de Grace. Grace trouve alors devant chez elle un jeune homme blessé au regard étrangement familier...


Avis :

Autant le dire tout de suite, je me suis ennuyée (pour être polie) comme un rat mort !! À force de lire du YA, je suis consciente qu’au final beaucoup se ressemblent, ou du moins ont la même construction et plus ou moins la même problématique. Mais au fond ça ne me gêne pas. Sauf si le récit est plat et sans surprise, alors la lectrice que je suis a une forte tendance à s’endormir sur son bouquin.

Résumons l’histoire, Grace a été attaquée par des loups quand elle était petite, mais a été sauvée par l’un d’entre eux. Depuis, elle le voit régulièrement rôder sous sa fenêtre. Au fur et à mesure qu’elle grandit, son intérêt pour les loups tourne un peu à l’obsession, au point que ses amies n’en peuvent plus. Bref, un jour, alors qu’une battue est organisée, elle trouve un jeune homme blessé dont le regard lui est familier… Et je vous le donne dans le mille, c’est qui ? Bon, je ne vais pas le dire afin de préserver l’énoooorme suspens pour les lecteurs potentiels qui voudraient s’y coller (et qui auraient la capacité de déduction d’un bulot).

L’histoire est cousue de fil blanc, et ni Grace ni Sam n’ont su me captiver. Leur histoire d’amour est laborieuse, ok ce sont des ados, mais même des gamins 10 ans sont plus dégourdis que ça… C’est long, il y a autant de rythme que dans un épisode de Derrick, et c’est poussivement que je suis venue à bout de ce livre.

La suite, « Fièvre », portera t’elle bien son nom et viendra t’elle pimenter un peu les relations du loupiot et de sa copine ?

jeudi 19 mai 2011

MillenniuM Visions





Parce qu'il n'y a pas que des livrovores (voir livropathes) qui parcourent ce blog, je voudrais aujourd'hui vous inviter à visiter l'excellent blog de Vance, MillenniuM Visions.

Vous y trouverez surtout de nombreuses critiques ciné / DVD (la dernière sur Blade Runner m' donné envie de le revoir d'ailleurs), mais aussi des avis sur des livres, comics, BD, toujours en rapport avec l'univers fantastique.

Un bon moyen de sortir la tête des bouquins et de découvrir, ou redécouvrir, de nombreux films, présentés avec talent par Vance et son équipe !

mercredi 18 mai 2011

Immortels, Cate Tiernan

Résumé :

Nastasya est une immortelle : elle semble avoir 18 ans mais en a 459. Ces dernières décennies, sa vie consiste à noyer son ennui dans les soirées arrosées. Un soir à Londres, son meilleur ami brise le dos d’un homme qu’il trouvait gênant. Bouleversée par cette cruauté et rongée par la culpabilité de n’avoir rien fait pour s'interposer, Nasty s’enfuit aux États-Unis. Elle y rejoint River, une autre immortelle qui l’avait invitée autrefois à vivre chez elle. Nasty se retrouve alors dans un centre de réhabilitation pour les immortels qui ont perdu le goût de vivre. La rebelle jeune fille finit par se plier aux règles de la maison et se lie avec les autres habitants, dont le sombre et mystérieux Reyn. Sa nouvelle vie lui permet de renouer avec ses origines, dont elle avait enfoui le souvenir. Elle se rappelle notamment l’assassinat de sa famille auquel Reyn pourrait ne pas être totalement étranger… « Je suis née en 1551, un joli chiffre bien symétrique. Quatre cent cinquante ans plus tard, on me demande encore ma pièce d’identité dans les bars. Avant que vous vous mettiez à crier, Waouh, génial ! Laissez-moi vous dire à quel point c’est pénible. Je suis une adulte. Depuis presque toujours. Pourtant, je ne peux sortir de cet état d’adolescence éternelle, et je ne peux pas modifier mon apparence. »


Avis :

On découvre dans les premières pages une jeune fille, Nasty, immortelle de son état, qui se perd dans les fêtes avec ses amis et noie son mal-être dans l’alcool. Jusqu’à ce qu’un soir Incy, son meilleur ami, brise la colonne vertébrale d’un chauffeur de taxi bougon, juste pour le « plaisir ». Alors qu’elle semblait insensible à la vie et la douleur des êtres humains, cette fois la jeune fille va prendre la dimension de cet acte cruel gratuit, et quitte ses amis pour retrouver River, une immortelle elle aussi, croisée plus de 80 ans auparavant.
Sans prévenir, elle va tout quitter pour se rendre aux Etats-Unis, plus précisément à River’s Edge, lieu d’accueil pour les immortels en quête de rédemption, ou qui cherchent tout simplement un sens à leur looooongue vie.
Passé le choc des cultures, Nasty va découvrir qui elle est vraiment.

J’ai été happée dès le départ dans cette histoire très sombre. On sent que l’héroïne a beaucoup souffert et vu beaucoup d’atrocités, et qu’elle a de fait pris le parti de se retrancher derrière un masque d’indifférence, plus passive que maitresse de son destin, avec des amis qui ont un ascendant certain sur elle. Une mauvaise influence qui va prendre fin quand elle va enfin réaliser que son meilleur ami est quelqu’un de dangereux pour autrui, utilisant sa magie pour détruire, uniquement pour son amusement personnel. Cette prise de conscience est comme un électrochoc, et elle prend peur. Elle opère alors un virage à 180 degrés en rejoignant River’s Edge et le livre devient plus « lumineux », comme ci l’aura d’Incy était un ciel orageux et menaçant qui pesait dur Nasty, et que loin de lui elle peut enfin s’épanouir et se réaliser en tant que personne à part entière.
Le récit est très bien construit, disséminant au fur et à mesure des flashbacks qui permettent de mieux comprendre l’héroïne et son histoire. Son évolution se fait lentement, par petites touches, de manière tout à fait naturelle à mesure que les jours s’égrènent à River’s Edge.
Il y a aussi une petite histoire d’amour, qui a son importance, je ne la minimise pas, mais ce n’est pas l’essentiel du récit.
Et puis malgré l’impression que les choses s’arrangent pour notre héroïne, le danger reste sournoisement présent, et on devine que la suite des aventures de Nasty ne sera pas un long fleuve tranquille.

« Immortels » est mon second coup de cœur de cette année, et j’attends la suite avec une grande impatience.

mardi 17 mai 2011

Le manoir aux sortilèges, Isa-Belle Granger


Résumé :

Pour Jean-Philippe, jamais un vendredi 13 n’aura risqué d’être aussi funeste. Après sa tentative de suicide ratée, il se laisse guider par une bande de chats jusqu’à un manoir ancestral. Espérant y trouver du secours, il fait la rencontre de Ticha, la fille de la propriétaire des lieux. Elle lui prêtera main-forte mais bientôt les deux héros seront menacés par une force maléfique dévastatrice. Pour sauver Jean-Philippe, la jeune fille devra se tourner vers ce qui l’horripile le plus : les « croyances » de sa mère.
Sans quoi, Jean-Philippe perdra son âme


Avis :

Pauvre Jean-Philippe. Ado passionné de mécanique, coincé entre un père autoritaire qui rêve mieux pour lui et le traite comme un bon à rien, et une mère pleine de compréhension à son égard mais qui n’ose s’élever contre son mari, il ne voit qu’une issue : mettre fin à ses jours et par la même occasion à ses tourments. C’est ainsi qu’un vendredi 13 (forcément !) au soir, il prend le volant de sa voiture de sport dans le but de finir encastré dans le moteur de son bolide qu’il aime tant. Las, il rate son coup (on peut se demander si son père n’avait pas raison finalement), et part chercher de l’aide dans le manoir le plus proche. Il va y faire la connaissance de ses habitants, rencontre qui va changer sa vision de sa propre vie.

Facile, banal, cliché. La seule touche d’originalité réside dans la localisation de l’histoire, c'est-à-dire au Québec. L’histoire est cousue de fil blanc, et servie par une narration mièvre. Le héros est pathétique, ses problèmes d’adolescent incompris sont traités par-dessus la jambe et évacués avec facilité. La brave petite qui va tenter de l’aider est bien gentille mais un peu godiche, le méchant confine au ridicule, bref, rien dans cette histoire pour retenir mon attention.

Le Manoir aux sortilèges est au final une histoire gentillette, pleine de bonne volonté, mais qui accumule les clichés du genre avec application.

lundi 16 mai 2011

Evernight, Claudia Gray

Résumé :

Depuis son arrivée à Evernight Academy, Bianca n'a qu'une envie: fuir. Dans cette école prestigieuse aux allures de manoir gothique, où les élèves sont tous parfaits et prétentieux, Bianca n'est pas à sa place. Pire, elle se sent en danger. Un jour, elle rencontre Lucas. Lui non plus ne correspond pas aux critères d'Evernight. Il est différent, indépendant, et malgré ses airs provocants sa présence la rassure. Rapidement un lien indéfectible se tisse entre eux. Mais la menace persiste. Ici tout n'est qu'apparence et, un à un, des secrets se dévoilent. Lucas serait-il un vampire ?


Avis :

Encore une fois, la couverture et le quatrième de couverture en disent trop. Pff, c’est pas possible de présenter un livre sans tuer le plaisir de la découverte ?? Bref, je vais prendre mes cachets pour calmer mes petits nerfs et poursuivre cette chronique…

On fait connaissance de Bianca, une jeune fille qui rentre dans un nouveau « lycée », l’Evernight Academy, où ses parents, enseignants, viennent d’obtenir un poste. Au milieu de ces élèves qui semblent la prendre de haut, la jeune fille est perdue, et n’a qu’une envie, fuir aussi loin que possible. Mais sur son chemin, elle va trouver Lucas, un élève aussi marginal qu’elle, que tout le monde évite comme la peste. Entre incompris, ils vont forcément se rapprocher. J’en reste là pour l’histoire, car, moi, je ne veux pas tout dévoiler.

Si, présentée de cette façon, l’histoire peut sembler convenue, c’est sans compter sur les surprises que Claudia Gray réserve au fil du livre. Et du coup, ce qui semblait une gentille histoire classique va se révéler être une agréable découverte. L’auteure a su introduire une vision des choses bien particulière et rendre le récit captivant et surprenant. J’espère qu’elle saura se renouveler et nous proposer une suite aussi bien ficelée.

vendredi 13 mai 2011

Vampire City T2, La nuit des zombies, Rachel Caine


Résumé :

Les vampires voient d'un mauvais œil le retour à Morganville de Frank Collins, le père de Shane. Ce dernier est déchiré entre sa loyauté envers son père et son amitié pour Claire, Eve et Michael. Car la soif de vengeance de Frank risque de compromettre la protection des colocataires face aux vampires, à grand peine contenus par leur alliée Amélie. Mais lorsque les vampires enlèvent Shane pour tendre un piège à son père, Claire et ses amis vont devoir mettre tout en œuvre pour le sauver...



Avis :

Ce tome 2 reprend exactement là où nous avions laissé nos héros à la fin du premier opus, c'est-à-dire face à Franck Collins (le père de Shane) qui vient de tuer Michael sans l’ombre d’un remord, ivre de vengeance et de haine contre les vampires.
On pouvait s’en douter, son arrivée va sérieusement compromettre les chances de Claire et ses amis de goûter au semblant de tranquillité qu’ils pensaient avoir acquis après leur accord avec la fondatrice.
Entre les vampires, Monica et ses groupies, et maintenant Franck Collins et ses amis bikers, on ne sait plus vraiment lesquels sont les plus dangereux.
Et quand Shane va être accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis et condamné à être brûlé vif sur la place publique, c’est une véritable course contre la montre qui s’engage.

L’action est toujours menée tambour battant, et si de nouvelles questions voient le jour, on en apprend davantage sur les héros, notamment Shane et son lourd et douloureux passé. Quant à Claire, elle a pris un bol de confiance, et se révèle surprenante et plus sûre d’elle, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les relations entre les personnages prennent davantage d’importance et de consistance, quelques sentiments pointent le bout de leur nez, sans prendre le pas sur l’histoire en elle-même.
Rachel Caine réussit brillamment ce deuxième tome, qui se conclut d’une façon on ne peut plus délicate, présageant une suite fort intéressante.

Vampire City T1, Bienvenue en enfer, Rachel Caine


Résumé :

Claire est le souffre-douleur de la reine de la fac de Morganville. Pour fuir le campus universitaire, elle s'installe dans une étrange maison déjà habitée par Eve la gothique, Shane le dur au cœur tendre, et Michael le musicien noctambule. Grâce à eux, elle découvre que les vampires règnent sur Morganville. Entre amitié et amour, les quatre colocataires vont devoir unir leurs forces pour lutter contre la menace grandissante...



Avis :

Encore du YA ? Encore une histoire avec des ados qui vont se balader dans un lycée et faire leur apprentissage du surnaturel ?? Oui oui, je vous entends déjà souffler devant votre PC, vous disant que décidément, en ce moment je multiplie les lectures du genre. Eh bien détrompez-vous, « Morganville vampires » (Vampire City en VF) renouvelle le genre et sort complètement de ce que nous avons l’habitude de croiser.

Claire Danvers, petit génie de 16 ans (presque 17, elle insiste sur ce point) part étudier à la fac de Morganville, en attendant de pouvoir intégrer Caltech ou M.I.T. Trop intelligente et trop vulnérable, elle est rapidement prise en grippe par Monica, une élève aussi stupide que méchante, mais hélas qui règne en tyran sur les lieux. Les humiliations et brimades se succèdent (la cruauté de Monica est sans limite, j’ai eu mal pour la pauvre Claire), au point que la jeune fille cherche à quitter le campus pour une location à l’extérieur. Elle va trouver une colocation dans la maison de Michael Glass, manoir où il réside en compagnie d’Eve, jeune fille au look gothique qui travaille au Starbucks, et de Shane, en éternelle recherche non-active d’emploi. En leur compagnie, elle va apprendre que Morganville n’est pas une ville comme les autres, qu’elle est en réalité sous le contrôle des vampires et qu’il vaut mieux ne pas sortir à la nuit tombée sans protection.

Exit les gentils vampires romantiques courtisant les jolies étudiantes en difficulté, on se trouve ici face à de redoutables prédateurs qui ont réduit les humains en quasi-esclavage, et pour qui un de plus ou de moins n’est qu’un détail. Pour survivre, il vaut mieux avoir un protecteur, s’acquitter consciencieusement de son don de sang mensuel, fermer les yeux et courber l’échine…
Et pour le lecteur, quel plaisir d’être immergé dans cette ambiance ! Rachel Caine nous dévoile petit à petit les secrets de la ville et de ses habitants, le danger y est omniprésent, et une fois la lecture commencée il est impossible de lâcher le livre. L’ambiance lourde et mystérieuse de cette étrange cité enveloppe littéralement le lecteur, l’immergeant dans cette singulière histoire, jusqu’au dénouement final qui me fait dire que nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

mercredi 11 mai 2011

Irrésistible alchimie, Simone Elkeles


Résumé :

Brittany est belle, intelligente et douce. Elle sort avec le capitaine de l'équipe de football. Alex, terriblement séduisant, est connu pour être un membre du dangereux gang des Latino Blood. Tout les oppose jusqu'à ce cours de chimie et ce travail imposé en binôme. Au-delà des apparences, Alex et Brittany se rapprochent et se séduisent. Leur attirance, plus forte que les préjugés et les interdits, pourrait bien changer leur avenir... mais à quel prix ?


Avis :

Un jour une copine m’a demandé de lui conseiller un livre qui me semblait bien et que je n’avais pas, afin qu’elle l’achète et me le prête ensuite (ouaip, j’ai des copines super gentilles moi !). À ce moment « Alchimie » de Beth Fantaskey me faisait de l’œil depuis un bon bout de temps, et dans mon enthousiasme, je me mélange les pinceaux et lui parle de « Irrésistible alchimie » de Beth Fantaskey. Ma copine n’a retenu que le titre, et quand elle me le prête, je me rends compte de ma bourde. Moyennement emballée, je prends quand même le bouquin vu l’énergie qu’elle met à me convaincre qu’il est excellent.
Voilà comment j’ai eu ce livre entre les mains, alors que franchement je n’aurais pas eu l’idée de le lire en d’autres circonstances. Comme quoi, le hasard fait parfois bien les choses !

Revenons d’abord sur l’histoire. Brittany est belle, blonde comme les blés, populaire, leader des pom-pom girls et petite amie attitrée du capitaine de l’équipe de foot. Elle vient des quartiers riches et incarne la perfection absolue. Alex est d’origine mexicaine, ténébreux, membre d’un gang et a une réputation des plus sulfureuses. Il vient des quartiers pauvres, et son avenir de malfrat est tout tracé.
Le hasard, ou plutôt la prof de chimie, va les rapprocher, et de fil en aiguille leurs sentiments vont évoluer et les masques tomber.

Ok, je vous l’accorde, présenté comme ça, ça fait cliché. Et il faut avouer que d’un bout à l’autre du livre, on assiste à une accumulation de clichés. Si on ne l’avait pas compris au départ, ou si on l’avait oublié en cours de route, l’auteur prend soin de nous énoncer leurs différences tout du long. Elle est blanche, il a la peau mate, elle est riche, il est pauvre, à force de nous le marteler toutes les trois pages, ça finit par rentrer, même pour le lecteur le plus bouché.
Ben oui, c’est cliché, c’est guimauve, c’est rempli de bons sentiments comme un épisode de « la petite maison dans la prairie », mais ça fonctionne !
Eh oui, malgré tout, j’ai dévoré ce livre du début à la fin, je me suis vautrée avec délectation dans cette romance sucrée, et j’ai aimé ça.
Simone Elkeles a réussi le tour de force de créer une histoire et des personnages si attachants que les défauts précités n’ont plus aucune importance, la seule urgence étant de tourner les pages pour découvrir ce qui va leur arriver.
J’ai passé un excellent moment, et j’en redemande !

lundi 9 mai 2011

La mémoire du sang T1 - Le portail, Sylvie Brisset

Résumé :

Permettez-moi de me présenter. Mystie Larousse, détective du Naturel et du Surnaturel, pour vous servir. Les femmes de ma famille ont une particularité. Nous disposons d une mémoire génétique, et pouvons voir, communiquer avec les esprits. Et cette capacité va m être bien utile dans ma nouvelle enquête. Un juge vient d être assassiné. Et on fait appel à moi pour retrouver son meurtrier, identifié sur la vidéo d une caméra de surveillance. Le seul problème, c est que deux semaines avant les faits, l assassin reposait à la morgue, tout ce qu’il y a de mort.


Avis :

Un juge est assassiné, et le principal suspect… se « repose » à la morgue. Voilà un alléchant début. Ajoutez à ça une héroïne qui verse dans le surnaturel, un flic dépassé par les évènements, un vampire un poil précieux et un fantôme facétieux, et l’ensemble est plus que prometteur.

Et effectivement l’action démarre dès les premières pages, l’auteure plante le décor rapidement et habilement, happant le lecteur dans son univers. Elle nous propose un point de vue original sur les êtres surnaturels et leur place dans et en dehors de notre monde. L’histoire est bien construite, cohérente, même si on peut regretter que la fin nous soit suggérée de manière trop explicite dès le milieu du roman, laissant espérer un ultime revirement de situation qui ne viendra pas. C’est une petite déception en ce qui me concerne.
En revanche, si la construction de l’histoire est fluide, les dialogues et les personnages sont de qualités inégales. Le tandem fantôme / vampire fonctionne à merveille, avec des dialogues enlevés et pleins d’humour les rendant attachants et indispensables à la dynamique du livre, je ne sais que penser du pauvre policier perdu dans cet océan de surnaturel, comme mis sur la touche alors qu’il aurait mérité une place plus importante et une bonne dose de charisme supplémentaire.
Ce n’est qu’un petit détail, mais la façon dont Sylvie Brisset a traité les protagonistes de son histoire met en lumière les personnages secondaires, et ça m’a paru un peu étrange.

Malgré tout, « La mémoire du sang » est un roman divertissant et fort agréable, qui mérite d’être davantage connu.

jeudi 5 mai 2011

Memories of Retrocity, le journal de William Drum – Bastien Lecouffe Deharme



Résumé :

A la veille de l'hiver 2004, William Drum, ex-inspecteur de la police criminelle de Chicago, est exilé par ses supérieurs à Retrocity.
Cité déchue, fermée sur elle-même, que l'on tente de faire disparaitre des consciences depuis plus d'un demi-siècle.
A l'aide d'une machine à écrire trouvée dans son appartement, William se lance dans la rédaction de son journal de bord, et s'enfonce dans la ville.
Une ville hors du temps, que les citoyens ont depuis longtemps désertée.
Une ville où la mécanique remplace les organes humains.
Une ville malade et rongée par un étrange virus.
Une ville de laquelle on ne revient pas.

Avis :

« Memories of Retrocity » est un petit bijou. Voilà, c’est dit, comme ça on sait tous à quoi s’en tenir.
Intriguée par ce roman graphique, j’ai hésité à l’acheter puis me suis lancée, n’ayant jamais été déçue par une œuvre publiée par les Editions du Riez.
Et je suis une nouvelle fois aux anges.
Pour commencer, esthétiquement parlant, c’est un très bel ouvrage. La couverture est à la fois mate et vernie, l’illustration est magnifique, et au dos on trouve le sigle de la Compagnie Hover en relief. Le papier est de qualité, mettant les illustrations en valeur. Et ce n’est rien à côté du contenu, j’y viens.

Comme je l’ai dit précédemment, il s’agit d’un roman graphique, c'est-à-dire d’un mélange de textes et d’illustrations, les unes n’allant pas sans les autres, se complétant, pour nous proposer une histoire dans laquelle les mots s’associent aux images pour mieux les servir et inversement.
Nous allons suivre l’histoire de William Drum, ex-flic borderline qui a franchi la ligne et se retrouve envoyé en pénitence à Retrocity. Le but officiel est d’enquêter sur ce qui se passe dans cette ville coupée de tous, l’officieux est tout simplement de le mettre sur la touche.
William va, au cours de ses recherches, déambuler dans cette étrange métropole coupée du monde, où l’humain et le mécanique fusionnent. Ce phénomène, appelé Retro-Processus, est apparu dans les années 50 et agit comme un virus, l’humain finissant par faire corps avec l’objet inanimé qu’il a le plus chéri au cours de sa vie. Seul moyen d’y échapper, se faire greffer des parties mécaniques à la place de certains organes ou membres, l’intégration d’un peu d’inanimé dans la chair agissant comme une sorte de vaccin, empêchant la fusion totale.
Sur cette ville règne la compagnie Hover, société omniprésente, y produisant et y commercialisant tout, des céréales aux vélos, en passant par l’électroménager. C’est elle qui aurait, semble t’il, trouvé comment stopper, ou du moins limiter, le Retro-Processus. Qui est aux manettes derrière, quelles sont ses véritables motivations, nous n’en savons rien, et c’est ce que va tenter de découvrir William, entre autres choses…

Bastien Lecouffe Deharme nous propose une plongée dans un univers original sombre, triste et résigné, où chaque habitant renie une part de son humanité pour tenter de prolonger sa vie. Mais à quel prix… C’est un univers qui m’a beaucoup fait penser à Dark City pour le côté un peu glauque et l’ambiance, mais juste pour ces aspects, le reste étant totalement inédit et atypique. Le texte, censé être le journal de bord du personnage principal, est tapé à la manière d’une vieille machine à écrire à ruban renforçant l’atmosphère 50’s du livre.
Quant aux illustrations, elles sont sublimes, mélange de photographies, de dessins traditionnels et d’art digital, et viennent donner vie à la cité qui prend corps sous nos yeux et sublimer le texte. La ville s’ouvre à nous, désincarnée, elle exhibe ses citoyens, nous expose leur humanité perdue et leur fuite en avant, leur déni de leur état.
Et puis, pour immerger davantage encore le lecteur dans son monde, l’auteur propose une bande son pour accompagner son œuvre, extraits de texte, musique grinçante, oppressante, et gémissements de cette cité hors de temps et de l’espace achèvent de parfaire l’atmosphère propre à Retrocity.

Roman graphique brillant et tourmenté, « Memories of Retrocity » pointe du doigt notre société consumériste où l’humain est évalué selon son degré de possessions matérielles, où le désir d’acquérir les derniers gadgets technologiques passe avant même la satisfaction de nos besoins primaires (Maslow si tu m’entends…). Bastien Lecouffe Deharme tutoie le steampunk et le réinvente à sa manière, en faisant une œuvre innovante, cohérente et totalement réussie.


mercredi 4 mai 2011

Editions Point2, un nouveau format de livre - Part I




Curieuse comme c'est pas permis, il fallait bien que je me procure un titre des Éditions Point2 (Groupe la Martinière) pour me faire une idée de ce nouveau format "ultra-poche" avec sens de lecture verticale. Il faut dire que j'avais trouvé la petite vidéo de présentation bien sympa, donc j'avais hâte de voir toutes les "applications" de cet objet.


Je le commande donc chez Amaz** (oui, je suis fâchée avec la Fnouc, ça fait plusieurs fois qu'ils m'envoient des bouquins abîmés, ça m'agace), et ce midi il était dans ma boite. Pour l'instant le catalogue ne comporte que 9 titres, mon choix s'est donc porté sur Dexter.

Au premier regard, c'est un joli petit objet, tout mimi. Effectivement, il tient dans la main, c'est presque un format demi poche. Même ouvert, il est à peine plus grand que mon reader.
J'avais peur que le texte soit trop petit et illisible, pas du tout, la police utilisée est standard, l'éditeur a gagné de la place non pas sur le texte, mais grâce au papier.  On a ce que j'appelle du "papier Bible", très fin, très doux, et très fragile ! Autre inconvénient, et pas des moindres, de ce papier, c'est qu'on voit les caractères du verso par transparence. Pas sûre que ça ne fatigue pas les yeux pendant la lecture.
En le feuilletant, j'ai pu m'apercevoir qu'au début du livre il faut vraiment l'écraser pour voir les lignes à la jointure des pages, alors heureusement que la méthode utilisée pour relier a séparé le corps du livre de la couverture, on peut appuyer tant qu'on veut, la tranche ne souffre pas, et c'est pour moi un détail qui a toute son importance (je déteste les plis de lecture sur la tranche, la dingue en face de vous dans le métro qui ouvre son livre au minimum pour le lire, c'est moi !).

Après ce premier contact, je peux dire que je suis très emballée par le côté gadget, objet insolite, de ce livre. En revanche, sur le côté pratique, je reste sceptique, je pense rester fidèle aux livres classiques, ou à mon précieux reader.

Je ferai un retour d'expérience après la lecture pour vous raconter ce que ça donne quand on l'utilise "pour de vrai".






mardi 3 mai 2011

Pouvoirs obscurs T1 - L'invocation, Kelley Armstrong

Résumé :

Chloé Saunders n'est pas comme les autres. Elle voit des fantômes... et ils ont des choses à lui dire.
Chloé rêve d'avoir une vie normale. Mais avec les fantômes qui la traquent sans cesse, c'est impossible. Si elle était un personnage de film, on la croirait quand elle avoue qu'elle voit des fantômes.
Dans la vraie vie, elle est envoyée à Lyle House, un institut psychiatrique spécialisé pour ados.
Les pensionnaires ont l'air de cacher eux aussi quelques secrets et Chloé ne serait pas étonnée de trouver des squelettes cachés dans les placards.


Avis :

Toute petite, Chloé n’avait pas d’amis imaginaires, mais plutôt des monstres. Du moins c’est ce qu’elle croyait, jusqu’à ce que la puberté la rattrape et qu’elle s’imagine voir des fantômes. Après une vision qui l’effraie particulièrement, elle perd les pédales et se retrouve catapultée dans une institution pour jeunes gens « instables ». Le diagnostic tombe, Chloé est schizophrène. En bon petit soldat, elle accuse le coup et accepte le constat des médecins, et s’en remet au personnel soignant pour trouver le remède le plus adapté à son cas.
Pas de réconfort à trouver auprès de sa famille, sa mère est morte depuis des années, et son père aussi présent qu’un courant d’air. Seule sa tante Lauren prend de ses nouvelles, dans la limite des visites autorisées par l’établissement.
Chloé va essayer de se rapprocher des autres patients, notamment de Liz dont elle partage la chambre. Hélas, Liz sera rapidement transférée…

Le point de départ est intéressant, et on s’interroge vraiment sur le cas de Chloé. Voit-elle des fantômes ou bien est-elle malade ?
L’ambiance de Lyle House est pesante, et sous les sourires et la douceur des membres du personnel, on sent qu’il y a quelque chose de moins avouable. Idem pour les autres patients, tous plus étranges les uns que les autres. Mais entre Rae la pyromane, Tori la peste (c’est une maladie d’être une garce ? Nan parce que j’en connais pas mal qui sont toujours en liberté… Mais je m’égare, désolée), Derek la brute, on a quand même des personnages très stéréotypés.
L’action est assez lente, trop lente, j’avoue que parfois j’aurais aimé que ça bouge davantage, que Chloé soit plus mature et prenne les choses en main. Mes passages préférés étant ceux où l’on oscille entre le supposé don de l’héroïne et l’explication rationnelle de sa maladie, j’aurai aimé que l’auteure joue davantage dessus. Et puis la fin était un poil prévisible, je n’ai pas eu ma dose de surprise, et je l’ai regretté.

Un bilan en demi-teinte pour « L’invocation », j’espère que la suite sera plus consistante et moins convenue.

lundi 2 mai 2011

Citoyen de la Galaxie, Robert Heinlein

Résumé :

Dans la Galaxie l’esclavage est pratique courante. Le jeune Thorby, orphelin, se trouve vendu aux enchères sur le marché de la planète capitale.
Mais son nouveau propriétaire, Baslim, se révèle différent de ce que son aspect de vagabond unijambiste laisse croire : abolitionniste, il espionne pour le compte de la Ligue des Libres Marchands.
Quand les autorités impériales confondront Baslim, qui a adopté Thorby, ce dernier devra fuir à travers les mondes innombrables de cette Galaxie hostile.
Lui reste à découvrir la vérité sur ses origines…


Avis :

Un jeune garçon, Thorby, se retrouve une nouvelle fois mis en vente aux enchères. Parce que Thorby est un esclave, dans un monde où cette pratique est légale et courante. Son nouveau maître va s’avérer surprenant puisqu’il s’agit de Baslim l’infirme, un simple mendiant qui l’achète pour une bouchée de pain, personne ne voulant de cet enfant chétif à l’air revêche.
Cette rencontre va changer sa vie, Baslim étant un abolitionniste convaincu qui va prendre l’enfant sous son aile et endosser peu à peu le rôle du père adoptif, du précepteur.
Lorsqu’il sera arrêté par les autorités, Thorby sera recueilli par des marchands acquittant ainsi une vieille dette à l’égard du mendiant disparu. Pour Thorby c’est le début d’une nouvelle vie, et sans le savoir de la quête de ses origines.

Ecrit en 1957, « Citoyen de la Galaxie » n’a pas pris une ride et reprend des thématiques toujours d’actualité comme la liberté, dont il est question du début à la fin du livre, la quête de l’identité, et la place de l’individu au sein de la société.
Robert Heinlein situe son histoire dans un univers classique pour la SF : l’espace a été exploré et colonisé, on retrouve des marchands très puissants, des classes sociales bien marquées, l’esclavage est de nouveau rétabli, et l’enfant a perdu son côté intouchable.
Le héros va évoluer dans cet univers dont il ne connaît pas les codes, et son apprentissage fera celui du lecteur par la même occasion, étant amené à se poser les mêmes questions, à se trouver face aux mêmes dilemmes que Thorby, rendant ce dernier particulièrement attachant.
Le récit est un peu chaotique, découpé en quatre parties, le passage de l’une à l’autre est assez abrupte, Robert Heinlein ne s’embête pas avec des transitions qui ne seraient là que pour la décoration et le confort du lecteur sans faire avancer l’histoire ! Le seul fil conducteur reste bien évidement Thorby, et malgré les embranchements chaotiques, on le suit avec plaisir. On peut regretter une dernière partie trop dans le discours et manquant de rythme, qui casse un peu la dynamique de l’ensemble, avec pour ma part un énorme cliché dont l’auteur aurait pu se passer…

« Citoyen de la Galaxie » est une œuvre très intéressante malgré ses défauts. Roman destiné à la base à un public adolescent, les thèmes abordés sont adultes et un lectorat plus âgé y trouvera son compte aussi.