vendredi 30 mars 2012

Vivants, Isaac Marion

Résumé :

R est un zombie. Il n’a pas de nom, aucun souvenir, pas de pouls, mais il rêve. Il est un peu différent des autres morts. Dans les ruines d’une ville abandonnée, il rencontre Julie, une jeune fille à l’opposé de tout ce qu’il connaît : chaleureuse, intelligente et pleine de vie. Pour des raisons qu’il ne comprend pas, R décide de sauver Julie au lieu de la dévorer. Il n’est plus satisfait de vivre dans une tombe. Il veut respirer et vivre. Julie est prête à l’aider. Mais pour réussir, ils vont devoir combattre la dure réalité d’un monde en décomposition…


Avis :

Une romance entre un zombie et une vivante ?! C’est assez dubitative que j’ai commencé la lecture de Vivants. Comprenez-moi, les zombies je connais un peu quand même, dans la littérature ou au cinéma, et jamais, je dis bien jamais, je n’ai imaginé qu’ils aient le moindre pouvoir d’attraction sur un être encore vivant. Des romances entre zombies, soyons fous, je n’ai rien contre. Mais entre zombie et humain, j’ai plus de mal. Pourquoi ? Parce que, au cas où vous l’auriez oublié, un zombie n’est qu’un corps mort ranimé. Les vampires aussi ? Pas faux, sauf que le zombie, au moment de son réveil, n’a qu’une envie : vous manger. Et, autre détail non négligeable, à la différence du vampire le zombie se décompose. Chairs en putréfaction, fluides corporels noirâtres, vous trouvez ça glamour ? Oh, et au cas où vous seriez encore dans le doute, rappelez-vous que le degré d’intelligence du zombie est à peu près comparable à celui du bigorneau, alors pour les déclarations enflammées, ça va être un peu compliqué, ne comptez pas trop dessus.
Maintenant, sommes-nous d’accord sur le fait qu’une romance de ce type avait de quoi me laisser perplexe ? Oui ? Parfait, revenons à notre livre.

Nous faisons donc la connaissance de R (oui, seulement R, il ne se souvient plus de son prénom, rappelez-vous, plus haut je parlais de QI de bigorneau), jeune zombie encore pas trop mal, comprenez par là qu’il sent un peu le cimetière, mais que ça ne se voit pas encore trop. Et il est intact, tous ses membres répondent à l’appel, elle est pas belle la vie ? Enfin la mort ?! Comme tout bon zombie qui se respecte, R descend parfois en ville pour manger quelques humains, il grogne au lieu de parler, et le reste du temps, il ne fait pas grand-chose, à part monter et descendre l’escalator de l’aéroport où son groupe a élu domicile. Et justement, il va trouver une petite zombie qui a le même loisir que lui, faire des tours de manège dans l’escalator. Ni une ni deux, les osseux (zombies complètement décomposés dont il ne reste que les os et qui semblent diriger cette pseudo-société de morts vivants) les marient, leur donnent deux mouflets zombies, et hop, une jolie famille digne de La petite maison dans la prairie, ou pas loin…
Mais attention, même si vous avez l’impression que je traite ce livre par-dessus la jambe (moi j’aurais dit avec une pointe d’humour décalé, mais bon…), il n’en est rien. Car ce roman est plus complexe qu’il n’y parait de prime abord. Le narrateur du récit n’est autre que R. Notre zombie, incapable de s’exprimer autrement que par quelques grognements, mais qui peut en revanche raisonner par moments tout à fait clairement, et est prisonnier des limites de son nouvel état. Autre facteur important à ce stade du récit, la présence des osseux, et l’introduction de notion de la société, et non plus de groupe inorganisé. De la même manière, R a ce qui se rapproche le plus d’un ami, un zombie du nom de M, avec des facultés intellectuelles moins développées que R, mais une étincelle de conscience malgré tout.

Lors d’un raid « nourriture », R va manger un jeune homme, Perry, et en ingérant son cerveau, il va s’approprier des fragments de sa vie, et notamment prendre conscience de son amour pour Julie. Car les zombies, qui n’ont plus de souvenirs, se nourrissent autant de la chair des vivants que de leur mémoire, qui leur donne l’impression d’avoir de nouveau une vie, ne serait-ce que par procuration. Cette facette m’a d’ailleurs rappelé Les âmes vagabondes de Stephenie Meyer, où deux esprits cohabitent dans le même corps. Sans trop savoir pourquoi, R va sauver la jeune fille, la ramener dans l’aéroport et la protéger des autres. À partir de là ils vont faire connaissance, et… Je vous laisse découvrir la suite.

Improbable, mais tellement réussi, Vivants est un roman à part. Horreur, romance, dystopie, il est tout cela à la fois. C’est aussi une réflexion sur la tolérance, la force de la volonté, l’évolution de la race humaine. Plus que l’histoire d’un amour impossible, ce roman est un hymne à l’espoir, qui nous rappelle que tout est possible à condition d’y croire et de tout mettre en œuvre pour y arriver. Ne passez pas à côté.


(Auteurs NA vivants)

mercredi 28 mars 2012

La chronique littéraire pour les nuls

Dans un souci constant de m'améliorer (ça fait sérieux n'est-ce-pas ?), j'ai passé une partie de mon week-end à surfer sur des sites ou des forums donnant des conseils sur l’écriture des chroniques littéraires.

J'en suis ressortie un peu démoralisée dans un premier temps, ayant l'impression d'être loin du compte avec mes ersatz de critiques.
Je vais tenter de vous faire une synthèse de "comment écrire une critique parfaite" en fonction de ce que j'ai pu trouver. 

En préambule, j'ai appris à quoi sert une chronique, et je suis déjà en décalage :

"Pourquoi faire une critique ?
La toute première question peut sembler étrange, et pourtant, pourquoi donc fait-on des critiques? Certains diraient "par altruisme, pour montrer qu'on a lu, etc... Dans ce cas, ce guide n'est pas pour vous, car il suffit alors de dire si l'on a aimé ou pas, et de s'arrêter là. Non. je pense qu'une véritable critique est faite avant tout pour permettre à celui qui la fait de découvrir les techniques utilisées par l'auteur qu'il a lu, et d'apprendre par là des méthodes qu'il pourra réutiliser. Sinon, c'est aussi un outil nécessaire pour comprendre les fautes d'un auteur et lui permettre de les corriger, et bien plus encore lorsque cet auteur s'avère être soi-même. Ainsi, critiquer et apprendre à critiquer permet d'apprendre avant tout à s'auto-critiquer, ce qui ne peut que rendre nos textes meilleurs. À partir de là, il y a une autre foule de raisons possibles, mais d'ordre bien plus individuel."(1)

Mais rentrons dans le vif du sujet...
Pour commencer, tous les sites sont d'accord sur le fait qu'il faut avoir lu le livre. Ça paraît stupide de le mentionner, mais faites-moi confiance, ce rappel n'est pas vain...
Il est ensuite recommandé de se renseigner sur l'auteur, son parcours, et de lire 2-3 biographies. Aïe, là ça se complique, quand on parle de Balzac ou Fitzgerald, oui, mais Eli Esseriam ou Madeleine Roux, c'est moins facile...
Bien, à ce stade vous vous êtes familiarisés avec l'auteur, vous allez pouvoir resituer son œuvre dans son contexte. Notez au passage que vous avez aussi enrichi votre culture personnelle, elle est pas belle la vie ?

Tout le monde semble s'accorder sur le fait qu'une bonne chronique comporte à minima un titre, un rapide résumé du livre, et un jugement argumenté. Ce dernier doit être distancié, c'est à dire suffisamment impersonnel pour qu'il parle à chacun et ne soit pas trop marqué de votre empreinte. On en revient au fameux "je" qu'il faut bannir, dans la mesure du possible. Pour votre argumentation, utilisez les techniques d'éloge et de blâme (pour ceux qui, comme moi, ne savent pas ce que c'est, il s'agit tout simplement du vocabulaire positif ou péjoratif. Mais il faut reconnaître que le terme en jette...). Les exemples, citations sont conseillées pour étayer le propos.

Bien, jusque là, ça semblait plus ou moins à ma portée. Jusqu'à ce qu'on passe au deuxième effet Kiss Cool, l'analyse. Il ne faut pas se contenter de donner un avis, mais il convient d'aller plus loin, de voir ce qui se cache sous les mots, le message que l'auteur a voulu faire passer à ses lecteurs les plus attentifs.
Concrètement, voyons ce que ça donne si je reprends ma chronique de Ailes de feu.
En schématisant, on a un ange déchu, et une reine assoiffée de pouvoir. En passant en "mode analyse", ne peut-on pas imaginer que l'ange qui, malgré son implication et sa rigueur, finit par déchoir au contact des humains n'est que la symbolique de l'influence négative de l'homme sur toute chose qu'il pervertit, même la pureté que représente l'ange ? La reine, dans ce cas, nous conforte dans cette idée, car malgré son éducation par un ange, sa nature profonde la rattrape et lui fait commettre les pires actions. Laura Gallego Garcia n'essaie-t-elle pas de nous mettre en garde sur le danger que l'humanité représente pour elle-même et pour les autres, qu'il n'y a pas d'issue, pas de rédemption possible ? En outre, la symbolique religieuse est aussi intéressante puisque Dieu lui-même n'intervient pas pour aider son envoyé ailé, preuve du désintérêt qu'il porte à ses créatures, ou bien peut-être peut-on en déduire qu'il n'existe pas...
Si vous avez été au bout, félicitations, je me suis auto-saoulée à écrire ceci, sans doute ce qui me distingue des vrais chroniqueurs...

Pour terminer, bien entendu une petite conclusion, bizarrement je n'ai pas vraiment trouvé de conseils pour conclure une chronique...

Alors, je résume, pour une bonne chronique, il faut :
- Lire le livre
- Partir dans l'idée que la chronique a pour but l'enrichissement culturel du lecteur comme de l'auteur
- Se documenter sur l'auteur pour mieux appréhender l’œuvre
- Ne pas se contenter de ce qu'on lit, il faut chercher ce qui se cache derrière
- Argumenter et illustrer son avis
- Éviter la personnalisation.

Vous aurez noté que je ne réponds pas forcément au cahier des charges, puisque j'écris pour le plaisir de partager mes lectures, je ne m'intéresse que de loin à l'auteur, je me concentre sur l'histoire et non sur le message subliminal au deuxième ou troisième degré, et que, et j'étais au moins consciente de ce défaut, j'ai tendance à user et abuser du "je".

J'en étais là, prête à rendre mon tablier et brûler mes bibliothèques quand je suis tombée sur ceci :
"La règle principale, c’est vraiment d’être soi-même, d’essayer réellement de voir ce que soi-même on a ressenti, ce que soi-même on a analysé, ce que soi-même on a pensé. Il ne faut pas essayer d’écrire ce qu’il faut écrire. Une bonne critique, c’est un regard singulier. De toutes façons, ce n’est pas des mathématiques, ce n’est pas de la physique, c’est de la littérature. Comme le cinéma et la musique, c’est extrêmement subjectif. Il n’y a pas un avis." (2)

Voilà, alors pour moi aussi, une critique c'est avant tout rester soi-même. C'est pour ça que je continuerai à chroniquer comme je le fais (en essayant malgré tout de faire mieux au fil du temps), avec peut-être trop de personnalisation et pas assez d'analyse, mais en restant fidèle à ce que je suis, c'est à dire une lectrice passionnée, et non une pseudo-intellectuelle détenant la vérité universelle sur la littérature.

(1) http://www.warhammer-forum.com/index.php?showtopic=52825
(2) http://www.actusf.com/spip/article-11215.html

mardi 27 mars 2012

Real TV, Hieronymus Donnovan

Résumé :

1993. C'est l'époque où l'Amérique fascine, où un certain Tarantino commence à faire parler de lui, où les ados matent les Vendredi 13 et où le marché des consoles de jeux explose. C'est aussi le moment où, à l'image de son icône Nirvanesque, toute une génération désenchantée s'engouffre dans le grunge, les cheveux gras, les chemises à carreaux...
Dans une citée minière du nord de la France, Rémy et Arnaud, 13 ans, sont bien de leur temps : Remy passe des heures à jouer à Mario Kart et Zelda , Arnaud à écouter Faith no more et Fugazi. Alors vous pensez : un week-end sans les parents, c'est l'éclate assurée !
Mais rien ne se passe comme prévu. Des télés qui implosent, d’autres qui diffusent des images dérangeantes, voire carrément flippantes… Et voilà un week-end de folie qui se transforme peu à peu en série noire.


Avis :

Des parents partis en week-end, et deux ados geeks qui se préparent à passer les 48 prochaines heures à regarder des VHS et à jouer sur leur Super Nintendo, le tout sur fond de musique grunge, voilà le postulat de base de Real Tv. Sauf que la télévision va imploser, et que les choses iront de mal en pis…

Véritable concentré de culture nineties, Real Tv vous ramène vingt ans en arrière, quand Kurt Cobain était sur toutes les ondes, que Zelda et Mario étaient les jeux vidéo incontournables, et que pour regarder un film on utilisait encore des VHS. Si vous êtes nostalgiques de cette époque, vous allez être ravis par cet aspect du livre. Hieronymus Donnovan émaille son récit de références musicales, cinématographiques, ou de certains faits d’actualité comme la prise d’otage dans la maternelle de Neuilly. De la même manière, vous trouverez de nombreux clins d’œil disséminés dans le texte, comme par exemple le nom du voisin, monsieur Maillerse (cf. Mike Meyers de Wayne’s world), de Rémy (cf. C’est arrivé près de chez vous) ou encore Sarah (cf. Terminator et Sarah Connor). Bref, de ce côté-là c’est très réussi, nostalgie quand tu nous tiens !

Outre l’immersion dans les années 90, Real Tv c’est aussi, et surtout, un thriller plutôt bien ficelé, mêlant SF, gore et humour. Une fois l’intrigue en place, le lecteur se prend au jeu et veut absolument connaître le dénouement Le récit est dynamique, le style simple et fluide, et l’ensemble très visuel, le but recherché est donc atteint.
Alors bien sûr, il y a quelques défauts, avec des passages qui n’ont d’intérêt que pour l’aspect « ambiance des années 90 » mais qui n’apportent rien à l’histoire. Le chapitre complet dédié à la partie de Super Mario Kart est à mon sens superflu par exemple. Idem, l’intrigue en elle-même commence un peu tard, et on se demande au départ où l’auteur veut en venir, à part dépeindre une période révolue.

Real Tv est un roman à part, concentré de culture de la fin du siècle dernier qui ravira les nostalgiques comme les amateurs de thrillers délirants.

lundi 26 mars 2012

Hex Hall T2 - Le maléfice, Rachel Hawkins

Résumé :

Bien plus puissante qu’une simple sorcière, Sophie a appris qu’elle est en réalité un démon, comme son père et sa grand-mère. Pour supprimer ce maléfice, elle décide de subir le Rituel. Son père essaie de l’en dissuader et la persuade de passer l’été à Londres, à Thorne Abbey, magnifique résidence d’où il dirige le Conseil. Sophie y rencontre d’autres adolescents mi-humains mi-démons, comme elle. La présence d’Archer, détenu au Conseil, complique la situation : même s’il l’a trahie, elle l’aime toujours. Lorsqu’il la sauve de la menace de L’Occhio di Dio, la secte qui poursuit les siens depuis des siècles, Sophie est déchirée entre la loyauté envers son père et le Conseil et son amour pour Archer, leur ennemi absolu…


Avis :

Changement de décor pour ce deuxième tome. Exit l’école, Jenna et Sophie partent à Londres passer leurs vacances dans le manoir appartenant au père de cette dernière, chef du Conseil et démon de nature.
Après les événements qu’elles ont vécus, la trahison d’Archer, la folie d’Alice… les jeunes filles ont besoin de se ressourcer.
Mais loin d’être reposantes, ces vacances vont apporter leur lot de danger, d’action et de révélations…

Le premier tome, avec la fraîcheur de l’héroïne et de l’histoire, m’avait séduite. Et c’est avec délice que j’ai parcouru cet opus. Le changement de cadre permet de renouveler l’histoire, d’introduire de nouveaux personnages et d’avoir une vision plus large de l’univers peuplé de Surnaturels dans lequel Sophie évolue. Cette dernière est toujours aussi attachante, et les pages s’enchaînent sans temps mort. Si parfois certaines choses sont cousues de fil blanc, le livre réserve sa part de surprises et garde intact l’intérêt du lecteur jusqu’à la fin où ce dernier en redemande, et a hâte de connaitre la suite.

Alors, si Le maléfice n’est pas forcément le livre le plus original de l’année, il n’en reste pas moins qu’on passe un agréable moment et que cette série figure parmi les plus sympathiques du genre.

vendredi 23 mars 2012

Le dernier jardin T1 - Ephémère, Lauren Destefano


Résumé :

L'humanité croyait son avenir assuré. La science avait créé des enfants parfaits, immunisés contre toutes les maladies. Mais qui pouvait imaginer le prix à payer ? Car désormais, personne ne survit au-delà de vingt-cinq ans. Le monde a changé. Pour les jeunes femmes, la liberté n'est plus qu'un souvenir. Au nom de la survie de l'espèce, elles sont kidnappées et contraintes à des mariages polygames. Rhine a seize ans. Quand elle se réveille dans une prison dorée, elle n'a qu'une idée en tête : fuir. Qu'importe l'amour que lui portent son mari et ses sœurs épouses. Quand on n'a que quelques années à vivre, la liberté n'a pas de prix.


Avis :

Les hommes ont joué avec la nature, ont voulu devenir quasi-immortels. Si, pour la première génération, le résultat a été probant, leur progéniture est maintenant condamnée à ne vivre que vingt ans pour les femmes, vingt-cinq ans pour les hommes. Pour sauver l’humanité, les riches hommes prennent plusieurs épouses afin d’être sûrs d’avoir une descendance. Rhine a seize ans et a été capturée pour devenir l’une des femmes de Linden, dont l’épouse actuelle se meurt. Avec deux autres compagnes d’infortune elle sera menée à la résidence du jeune homme, et mariée de force. Mais Linden n’est pas un monstre, au contraire, c’est un personnage plutôt doux et fade qui tente de rendre les jeunes filles heureuses à sa manière et les traite bien (si l’on peut considérer qu’être mariée de force à un polygame est un bon traitement). En revanche, son père est bien plus inquiétant, et Rhine va découvrir qu’il est même dangereux si l’on s’oppose à lui…

Le dernier jardin est un de ces romans dont je raffole, une vraie dystopie qui vaut plus par l’ambiance que par l’action. Le lecteur apprend à connaître cette prison dorée où Rhine est enfermée, les personnages sont développés, et on voit au fur et à mesure émerger l’horreur de cette société dans sa globalité, société où l’individu est nié au profit de la collectivité. Peu importe ce que désire Rhine, elle n’est là que pour donner la vie afin de perpétuer l’espèce. Mais comment accepter d’être dépossédée de sa vie quand on sait qu’elle prendra fin de toute façon peu après votre vingtième anniversaire ?
Rhine refuse évidemment de se résigner, et porte en elle l’espoir de milliers d’autres.

Poétique et effrayant, Le dernier jardin m’a vraiment séduite et il me tarde de connaître la suite.




 (Auteurs NA vivants)

jeudi 22 mars 2012

Beautiful dead T1 - Jonas, Eden Maguire


Résumé :

" J'étais paumée. Je cherchais des réponses aux grandes questions existentielles : amour, deuil et sens de la vie. Comment expliquer que Jonas, Arizona, Summer et Phoenix aient été tués en l'espace d'un an ? La mort de Phoenix avait brisé mon cœur d'adolescente. Je l'aimais si fort. Quand je l'ai vu, torse nu, magnifique, je n'en ai d'abord pas cru mes yeux. Sauf qu'il s'agissait bien de lui, aussi réel que moi. Aussi vivant, alors qu'il était mort. " Ni vivants, ni morts, ces êtres merveilleux, les Beautiful Dead, ne vous laisseront pas en paix.



Avis :

Il ne fait pas bon étudier au Lycée d’Ellerton. Quatre élèves ont trouvé la mort, dont Phoenix, le petit ami de Darina. Effondrée depuis son décès, elle n’arrive pas à surmonter son chagrin, et retrouve l’espoir quand elle croit le voir dans la forêt. Est-il un ange, ou revenu d’entre les morts ? Au mépris des avertissements, Darina va se rapprocher de lui et découvrir que les lycéens décédés sont tous de retour comme Phoenix. Pourquoi, dans quelles conditions, c’est tout l’objet de ce tome de Beautiful Dead, centré autour de Jonas, mort le premier, dont Darina va devoir élucider les circonstances de l’accident qui lui ont coûté la vie.

La mort, des morts, des accidents, coma, dépression, amis déprimés n’ouvrez pas ce livre, votre moral n’y résisterait pas.
Je ne vais pas tergiverser, je me suis, au mieux, ennuyée, quand je ne soufflais pas de dépit face au côté puérilo-gnangnan de l’ensemble. Darina est pénible et cruche, son histoire d’amour avec Phoenix m’a laissée de marbre, Hunter est trop fade, aucun personnage n’est vraiment développé, tout est survolé et manque d’âme. La narration est quant à elle un peu raide, le récit assez brouillon, et de fait l’ensemble est terne.

Pour moi l’aventure des Beautiful Dead prendra fin ici.

mercredi 21 mars 2012

Harry Potter et l'Ordre du Phénix

Le cinquième tome de la série est souvent jugé comme le moins bon de la saga de J.K. Rowling, et pourtant personnellement je l'aime beaucoup. L'histoire est encore plus sombre, Voldemort et ses partisans gagnent en pouvoir, le ministère de la magie fait l'autruche, et Poudlard, le sanctuaire de Harry jusqu'ici, tombe aux mains de Dolorès Ombrage, sorte de Barbara Cartland (tout de rose vêtue) diabolique.

David Yates, aux manettes de ce film, relève le défi assez brillamment. L'atmosphère de peur grandissante est bien rendue, le film s'enchaîne harmonieusement, et même s'il ne suit pas scrupuleusement le livre, il apporte les informations les plus importantes pour une bonne compréhension de l'histoire. Condenser un roman aussi dense et riche que l'est Harry Potter et l'Ordre du Phénix était un exercice extrêmement périlleux, et David Yates s'en sort plutôt bien.
Le jeu des acteurs s'améliore, Daniel Radcliffe évolue comme son personnage. Harry est plus autonome, confronté à ses propres choix, et l'acteur l'interprète parfaitement, faisant oublier le petit garçon un peu empoté du départ. C'est dans ce film que le jeune sorcier à lunettes prend toute son envergure, et Daniel Radcliffe est à la hauteur du challenge. Gary Oldman est toujours parfait, comme à son habitude.
Du côté des nouveaux personnages, on ne peut qu'applaudir des deux mains la performance d'Immelda Stanton qui interprète une Dolorès Ombrage plus haïssable encore que dans le livre. Mais ma mention spéciale, mon coup de cœur, va naturellement à Helena Bonham-Carter qui campe une Bellatrix Lestrange terrifiante dans sa folie. Le rôle lui va à la perfection, et elle sublime le personnage, en faisant l'un des plus charismatiques de la série.
Quoi qu'on en dise, et en dépit du changement de réalisateur à presque chaque opus, le casting a toujours été soigné et réussi.

Le rythme du film est soutenu, les scènes d'action et les passages plus sombres s'enchaînent de manière fluide, les effets spéciaux sont parfaits, ce film est une réussite et ouvre la voie pour la fin de la série où le ton sera encore plus dramatique.



Source Allociné
 
Date de sortie : 11 juillet 2007
Durée : 2h 18min
Réalisé par : David Yates
Avec : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson…
Genre : Fantastique, Aventure, Drame, Famille
Nationalité : Américain, britannique

Synopsis :
Alors qu'il entame sa cinquième année d'études à Poudlard, Harry Potter découvre que la communauté des sorciers ne semble pas croire au retour de Voldemort, convaincue par une campagne de désinformation orchestrée par le Ministre de la Magie Cornelius Fudge. Afin de le maintenir sous surveillance, Fudge impose à Poudlard un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, Dolorès Ombrage, chargée de maintenir l'ordre à l'école et de surveiller les faits et gestes de Dumbledore. Prodiguant aux élèves des cours sans grand intérêt, celle qui se fait appeler la Grande Inquisitrice de Poudlard semble également décidée à tout faire pour rabaisser Harry. Entouré de ses amis Ron et Hermione, ce dernier met sur pied un groupe secret, "L'Armée de Dumbledore", pour leur enseigner l'art de la défense contre les forces du Mal et se préparer à la guerre qui s'annonce...





mardi 20 mars 2012

Juste après dresseuse d'ours, Jaddo


Résumé :

Petite, je voulais faire dresseuse d'ours.
Et puis ça m'a passé et j'ai fait docteur. Généraliste remplaçante.
Mais quand même, depuis douze ans (entre la fac, l'hôpital et le cabinet), j'ai eu le temps de voir un paquet de choses absurdes, terrifiantes, émouvantes, révoltantes, rigolotes. J'ai eu le temps de dire un paquet de conneries, et d'en faire quelques-unes. J'ai eu le temps de mettre de côté un paquet d'histoires à raconter.
J'ai eu envie de les écrire, d'abord pour ne pas oublier ce qui me scandalisait à l'époque de l'hôpital, pour ne pas me laisser aller à m'habituer. Et aussi pour vomir ma frousse de me voir parfois si impuissante. Puis pour partager les rencontres, les fragments de victoires, les bouts de vie savourés.
Ces histoires, je les livre brutes, dans le désordre, comme je les ai vécues et comme elles me reviennent.


Avis :

Jaddo, c’est d’abord un blog dans lequel on trouve ses billets d’humeur et ses petites histoires reflétant son quotidien de jeune médecin. Généraliste remplaçante, comme elle le dit.
Jaddo c’est un médecin qui a la vocation, qui aime les gens, se bat contre la bêtise de ses confrères, de ses patients, du système. Parfois elle baisse les bras, pour mieux rebondir après. Ses études, ses stages, son activité, c’est un peu de tout ça que l’on retrouve dans ce livre, et moi j’ai beaucoup aimé. Comme elle j’ai été touchée par la détresse des patients, éberluée par leur connerie aussi. Comme elle la bêtise de notre administration obtuse m’a révoltée, et l’égo démesuré de certains « grands pontes » de la médecine m’a écœurée. Et comme elle, je garde espoir, et je me dis que chacun peut faire sa part pour que les choses changent.

Avec sa vision très humaine et juste de la médecine, Jaddo fait parfois rire, émeut, ou fait parfois peur. Parce que si jusqu’ici vous pensiez n’être qu’un sujet d’études pour certains médecins, après lecture de ce livre vous en serez sûrs ! Mais de savoir que d’autres considèrent la médecine de manière plus humaine vous rassurera aussi.
Juste après dresseuse d’ours vous fera sourire et réfléchir, et vous verrez votre médecin d’un autre œil ensuite…