jeudi 28 février 2013

Version BETA T1, Rachel Cohn


Résumé :

Née à seize ans, Elysia a été créée en laboratoire. Elle est une version BETA, un sublime modèle expérimental de clone adolescent, une parfaite coquille vide sans âme.
La mission d Elysia : servir les habitants de Demesne, une île paradisiaque réservée aux plus grandes fortunes de la planète. Les paysages enchanteurs y ont été entièrement façonnés pour atteindre la perfection tropicale. L'air même y agit tel un euphorisant, contre lequel seuls les serviteurs de l'île sont immunisés. Mais lorsqu’elle est achetée par un couple, Elysia découvre bientôt que ce petit monde sans contraintes a corrompu les milliardaires. Et quand elle devient objet de désir, elle soupçonne que les versions BETA ne sont pas si parfaites : conçue pour être insensible, Elysia commence en effet à éprouver des émotions violentes. Colère, solitude, terreur... amour.
Si quelqu'un s'aperçoit de son défaut, elle risque pire que la mort : l'oubli de sa passion naissante pour un jeune officier...


Avis :

Elysia est une version BETA, une adolescente parfaite (oui, les deux mots accolés ça fait bizarre hein ?!), un clone élevé en laboratoire dont le comportement a été bridé pour gommer le côté imprévisible inhérent à cette période de la vie. Achetée par une riche famille habitant sur l’île paradisiaque de Demesne, Elysia va rapidement se rendre compte que les apparences sont trompeuses, mais aussi qu’elle-même dysfonctionne !

Une élite sans moralité où l’argent règne en maître, des scientifiques qui se prennent pour Dieu, une jeunesse dorée qui trouve quand même à redire sur sa condition, et une poignée de personnes qui n’adhèrent pas au système, tel est le programme dans Version BETA. Et voilà, encore une dystopie qui m’a laissée de marbre. Suis-je blasée à force d’en lire, ou bien suis-je en train de grandir (il serait temps !) et les problématiques chères au YA ne me séduisent-elles plus ? Ou bien les éditeurs et les auteurs tiennent-ils à exploiter le filon jusqu’au bout, quitte à produire des romans qui se ressemblent tous ? Version BETA a un goût de Glitch avec un soupçon de Black Eden, qui eux-mêmes ne m’avaient pas vraiment convaincue.
Le roman de Rachel Cohn manque d’originalité et d’intensité, la plume de l’auteur est somme toute assez banale et ne sauve pas l’ensemble. Les thématiques abordées ont été maintes fois utilisées, et il manque le changement d’angle, le « truc en plus » qui fait des sujets les plus galvaudés des romans passionnants. Là, ça répond au cahier des charges de la parfaite petite dystopie qui fera de bon chiffres de vente. Et moi, les romans formatés et gnan-gnan, j’en peux plus !



mercredi 27 février 2013

Buffy, les secrets révélés, Nancy Holder


Résumé :

Il y a 20 ans, Joss Whedon (Avengers) décidait de tordre le cou aux préjugés en réalisant un film d'horreur où la blonde et belle héroïne ne serait ni naïve ni victime. Ce fil a donné naissance à une série. Cette série est devenue culte. Ce culte a révélé un genre, la bitlit.
C'est cette histoire et ses secrets que cet ouvrage dévoile pour la première fois.
Avec ce guide officiel, replongez comme jamais dans l'univers de la plus grande Tueuse.
- Suivez, saison après saison, Joss Whedon et des principaux acteurs de la série, grâce à des interviews exclusives.
- Revivez tous les rebondissements du triangle amoureux Buffy-Angel- Spike.
- Retrouvez les « 4 mousquetaires », mais aussi Giles l'Observateur, la mystérieuse Dawn, la Tueuse Faith et tous leurs ennemis.
Avec des documents rares ou inédits, provenant directement des archives de la FOX : photos de tournage, dessins de costumes, essais de maquillage, story-board et même un plan de Sunnydale.
Inclus : une enveloppe collector renfermant 13 facsimilés de textes magiques et d'anciennes prophéties utilisés par nos héros dans leurs luttes contre le Mal.


Avis :

Je le dis haut et fort, c’est la faute de Lilie la Blonde si j’ai dû vendre l’un de mes reins afin de m’acheter ce merveilleux ouvrage dont je n’avais objectivement pas besoin, mais qu’elle a su me convaincre de me procurer.
Alors oui, je suis fan de Buffy, mais le genre de fan raisonnable qui, certes, a le coffret DVD collector et connait par cœur les paroles des chansons de Once more with feeling, mais qui a su résister aux sirènes commerciales des guides officiels, comics et produits dérivés. Jusqu’à ce que Lilie finisse par me pervertir !

Telle un Gollum des temps modernes, une fois reçu mon Précieux, je n’ai pu m’empêcher de toucher l’objet-livre, appréciant la qualité de la couverture, m’extasiant sur les fac-similés, m’émerveillant sur les photos, reniflant de nostalgie à la vue de certaines d’entre elles me rappelant nombre d’épisodes m’ayant marquée…
Concrètement, je n’ai pas appris grand-chose au final. Le découpage de l’ouvrage est bien fait, les anecdotes plaisantes et les photos vraiment superbes, mais j’ai déjà tant lu sur cette série que j’ai eu une vague impression de redite. Mais ce n’est pas bien grave, chaque page est l’occasion de se replonger dans la série culte, tant et si bien qu’à la fin je n’avais qu’une envie : me refaire l’intégrale. Encore. En revanche, si le propos n’est pas novateur, mon côté collectionneuse fétichiste a adoré l’enveloppe noire fixée à la couverture arrière recelant pas moins de treize reproductions de formules magiques, extraits de grimoire, pages de cahier... Certains trouveront sûrement cela kitsch, mais moi j’assume complètement.

Totalement inutile et donc rigoureusement indispensable, Buffy, les secrets révélés est un très bel ouvrage qui fera le bonheur des fans.

mardi 26 février 2013

Black Eden, Ana Alonso


Résumé :

"Vous ne comprenez donc pas? Ces images, ces voix, ce ne sont pas des visions, mais des souvenirs ! Comment ça, des souvenirs? Ce sont des souvenirs du futur. C'est impossible. On ne peut pas se rappeler l'avenir." Martin, 15 ans, est un adolescent hors du commun. Son système immunitaire résiste à n'importe quelle maladie, Dédale, une puissante corporation qui fabrique des médicaments, le recrute. Le contrat : vivre sur une île paradisiaque avec pour seule obligation de se prêter à quelques petites expériences. Que du bonheur donc ? Pas si sûr...


Avis :

Martin, 15 ans, est un peu à part. Dans un monde bien organisé et aseptisé, il n’a pas de roue neurale lui permettant de se connecter au reste de la société. Ce qui n’est rien comparé au fait qu’il est le fils de deux activistes et que son père est toujours détenu dans une prison en orbite autour de la Terre. Le jour où un examen sanguin est pratiqué au lycée, Martin va se rendre compte qu’il est encore plus différent des autres…

Black Eden est une dystopie qui commence bien, puis le côté jeunesse la rattrape. L’idée de départ est sympa, mais le déroulement est un peu trop facile, j’avoue ne pas avoir accroché avec les personnages qui m’ont fait penser à un genre de Club des cinq sauce anticipation. La facilité avec laquelle Martin accepte son sort, puis se rebelle et perce à jour le grand méchant de l’histoire m’a laissée perplexe, tout comme certains raccourcis un poil trop arrangeants à mon goût. L’écriture est heureusement agréable, permettant d’améliorer l’ensemble.
Si le concept de Black Eden est intéressant, le traitement de l’intrigue est plutôt orienté jeunesse, détail important à connaître avant de se lancer dans la lecture. Pour moi l’ensemble est assez réussi si l’on considère le public visé. En ce qui me concerne c’est un peu léger.




lundi 25 février 2013

Le Salon du livre, ou comment transformer une arnaque en rdv incontournable...





À moins d’un mois de l’inauguration, j’ai envie de vous parler de l’arnaque (récurrente) du premier trimestre : le Salon du livre de Paris.


La blogosphère littéraire est en ébullition depuis début janvier, elle vit au rythme des annonces de dédicaces et des acceptations ou refus d’accréditation de ses membres (là, avec ce billet, je sais que pour moi c’est grillé, pas d’attente insoutenable). C’est l’évènement à ne pas louper, THE place to be en mars, bref, un incontournable auquel tout blogueur a envie d’aller. 


Pourquoi cet engouement me direz-vous ? Ben oui, en y réfléchissant bien, je me pose la même question, parce que le SdL, c’est avant tout :

- Un prix d’entrée exorbitant : 10€. Par jour. Sans possibilité de sortir pour déjeuner. Faites le calcul en fonction du nombre de jours où vous voulez vous y rendre selon le planning des dédicaces…

- La possibilité d’acheter des livres, plein pot (ouais, vous aussi vous avez votre carte adhérent Fnac pour bénéficier de la remise de 5% et ça vous fait mal du coup ?), sans pour autant avoir la satisfaction d’aider votre libraire de quartier.

- Le privilège de se faire piétiner, bousculer, écraser, de rester debout des heures pour une dédicace, de tester la promiscuité avec les aisselles de votre voisin de file d’attente, le tout dans la chaleur et la moiteur typiques des endroits à forte concentration humaine. Ça vous rappelle les galères d’un jour de grève à la SNCF ? Eh oui… Mais là, les gens sont consentants et heureux d’y être !

- La joie de rencontrer votre auteur préféré. En deux minutes chrono, avec le sourire crispé du type à bout de forces si vous êtes dans les derniers à passer.

- Le plaisir de revoir les copains et les copines de la blogo, surtout ceux qui habitent loin et qu’on voit trop peu souvent. En fait c’est sûrement, de mon point de vue, le seul véritable attrait du SdL, avec son pendant négatif, vous croiserez aussi les personnes que vous ne pouvez pas blairer, et vous aurez le choix entre le petit sourire faux-cul qui va bien pour ne pas écorner votre réputation, ou envoyer paître ceux qui viendront vous servir ledit sourire faux-cul. Ah oui, pour les novices, n’oubliez pas que la blogo ce n’est pas le pays des Bisounours hein…

- Le moment privilégié du déjeuner entre amis, pour lequel, si vous n’avez pas pris votre sandwich fait maison, vous devrez vendre un rein sur place pour manger une collation tout juste comestible, par terre dans un couloir, car vous ne trouverez jamais de table de libre.

- La perspective d’un appel de votre banquier unique et préféré, dès le mardi suivant, qui s’inquiètera de savoir si votre fièvre acheteuse va être comblée par une rapide rentrée d’argent…

- Le décès prématuré d’un orteil (ou plus) qui n’aura pas résisté à 15h debout et aux multiples écrasements de pieds plus grands et plus forts que lui… Ça vaut aussi pour votre dos qui aura fini par déclarer forfait à cause de vos multiples achats au fil de la journée dont vous l’aurez lourdement chargé…

Et je passe sur le prix du parking, du vestiaire, le bruit, le parcours du combattant si vous venez en transports, et puis j’oublie sûrement plein de petites choses.

Mais il y a aussi et surtout la joie de revoir les copines comme dit précédemment, de jolies rencontres à venir et le plaisir de voir des livres partout qui fait tourner la tête de tout livropathe qui se respecte. Et ça fait oublier le reste. Ou presque !


vendredi 22 février 2013

Glitch, Heather Anastasiu


Résumé :

Il y a deux siècles de cela, l’humanité a payé au prix fort ses appétits démesurés lorsque le feu de mille armes nucléaires a littéralement rasé la surface de la planète. Sous terre, au sein de la Communauté, la souffrance et la guerre ne sont plus que de lointains souvenirs : des puces implantées dans le cerveau de ses membres ont permis d’éradiquer enfin toutes ces émotions qui ont bien failli mener les hommes à leur perte. Lorsque la puce de Zoe, une adolescente technologiquement modifiée, commence à glitcher (bugger), des vagues de sentiments, de pensées personnelles et même une étrange sensation d’identité menacent de la submerger. Zoe le sait, toute anomalie doit être immédiatement signalée à ses Supérieurs et réparée, mais la jeune fille possède un noir secret qui la mènerait à une désactivation définitive si jamais elle se faisait attraper : ses glitches ont éveillé en elle d’incontrôlables pouvoirs télékinésiques… Sa liberté nouvellement acquise va toutefois lui donner des ailes et, tandis que Zoe lutte pour apprivoiser ce talent dévastateur tout en restant cachée, elle va rencontrer d’autres jeunes Glitchers : Max le métamorphe et Adrien, qui a des visions du futur. Ensemble, ils vont devoir trouver un moyen de se libérer de l’omniprésente Communauté et de rejoindre la Résistance à la surface, sous peine d’être désactivés, voire pire…


Avis :

Voilà une nouvelle dystopie qui commence bien, et qui finit un poil moins bien. Après une apocalypse nucléaire, les survivants se sont repliés sous terre et ont formé un nouveau type de société basé sur l’annihilation de toute émotion grâce à l’implantation d’une puce. Certains voient le dispositif bugger, et se mettent à « glitcher », c’est-à-dire à éprouver des sentiments et à vivre leur vie sans filtre lénifiant. Ce type de comportement déviant est traqué et réprimé, au mieux par un reformatage, au pire par une désactivation définitive. Pour Zoel, c’est le frisson de l’interdit, la découverte de nouvelles sensations, de l’amour, et une remise en cause de la société qui se profile au fur et à mesure de ses glitches.

Alors au début ça m’a beaucoup plu, le background est très sympa même s’il n’est pas novateur, et l’écriture d’Heather Anastasiu est plutôt agréable. Et puis au fil de la lecture ça se complique. Si, globalement l’histoire m’a bien plu, j’ai eu l’impression que l’auteur délayait pour obtenir le nombre de pages requis pour son roman. Du coup l’ensemble manque de rythme. Ce qui devrait être haletant est mou du genou, et ceci dessert forcément le propos. On peut aussi reprocher la présence du traditionnel triangle amoureux qui ne vaut pas tripette car il n’est pas crédible, mais c’est à la mode, il faut le caser, donc c’est fait. Ces défauts ne sont pas rédhibitoires, mais je remarque qu’en ce moment l’offre en termes de dystopies est plus large que jamais, mais j’ai du mal à trouver des romans de la qualité des premiers que j’ai lu comme Hunger Games ou Delirium.
Néamoins Glitch se laisse lire avec plaisir malgré son manque de maturité. Dans cette masse de livres post-apo pour young adult il s’en sort même plutôt bien, alors si vous aimez le genre vous passerez un bon moment.



jeudi 21 février 2013

La citadelle des ombres T2, Robin Hobb


Résumé :

Aujourd’hui, en France et à l’étranger, L’Assassin royal est unanimement salué comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature fantastique du XXe siècle, à tel point que certain le comparent au Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien.
Au début de ce second tome, le mal a triomphé au royaume des Six-Duchés ; le prince Royal s’est emparé du pouvoir et a installé sa cour à l’intérieur des terres. Qu’est devenu l’héritier légitime, le prince Vérité ? Est-il mort ? Fitz, le jeune Bâtard ressuscité d’entre les morts, n’en croit rien. Pour lui, son prince se cache dans une forêt lointaine. Avec son ami, le loup Œil-de-nuit, il décide de le retrouver, de lui rendre son trône et de tuer l’usurpateur. Mais la mission qu’il s’impose est rude. Ses ennemis ne le lâchent pas et les épreuves qu’il traverse sont innombrables. L’affection que lui porte la reine Kettricken, la naissance d’un fils, qu’il n’a jamais vu et dont le destin l’écarte, suffiront-ils à lui faire mener à bien cette redoutable tâche ?


Avis :

Toujours réédité chez Pygmalion, ce second tome reprend le format d’origine en regroupant Le Poison de la vengeance, La Voie magique et La Reine solitaire, les trois romans issus du premier découpage de l’œuvre de Hobb pour la commercialisation dans notre pays. Il marque aussi la fin du cycle de L’assassin royal.

Je sors de cette lecture un peu triste, comme si je venais de quitter un ami cher, le personnage de Fitz s’étant révélé dans ce tome. Je n’aime pas trop le thème de la quête initiatique en fantasy dont il était en partie question dans l’opus précédent, et celui-ci se retrouve de fait débarrassé de cet aspect, à mon grand soulagement. On se concentre donc sur Fitz, l’homme qu’il est, pétri de contrastes qui sont pourtant très cohérents quand on y repense. À chaud j’ai même l’impression que le personnage a « mangé » l’intrigue tant c’est lui qui reste présent dans mon esprit une fois le livre refermé (alors que pendant la lecture je n’avais pas ce ressenti). Son personnage est vraiment l’élément clé du début et de la fin, sans doute pour cela qu’il m’a autant marqué. L’histoire en elle-même n’est bien sûr pas en reste, le Royaume des Six Duchés recèle encore son lot de trahisons, révélations et rebondissements. Après un début certes un peu lent (mais, sans spoiler, ceci explique cela) le rythme ne faiblit plus et les pages s’enchaînent sans temps mort. Le style de Robin Hobb est fluide, avec néanmoins quelques longueurs qui ne m’ont pourtant pas gênée, et c’est un plaisir de parcourir l’univers qu’elle nous décrit et ses intrigues.
Ce second tome de La Citadelle des ombres m’a davantage plu que le précédent et c’est le cœur un peu lourd que je l’ai refermé.

mercredi 20 février 2013

Fleur de fantôme, Michele Jaffe


Résumé :

Eve mène une vie tranquille jusqu'au jour où deux jeunes gens viennent lui proposer un étrange marché. Elle doit se faire passer pour leur cousine Aurora dont elle est le sosie. En contrepartie, elle recevra la moitié de son énorme héritage. Mais avant de travailler dans son café, Eve a déménagé de foyer en foyer. Elle a connu la vie dans la rue. Elle a connu la faim. Hors de question qu'elle y retourne ! La proposition des deux ados est inespérée et elle se glisse facilement dans la peau de cette cousine disparue. Mais elle a en fait signé un pacte avec le Diable. Il y a trois ans, lorsqu'Aurora a disparu, sa meilleure amie Lizzie est décédée mystérieusement. Hantée par son fantôme, Eve comprend que sa propre vie est en danger. Et pour s'en sortir, elle devra découvrir la vérité sur cette nuit où tout a basculé.


Avis :

Collectionnant les petits boulots sans réussir à les garder, Eve ne peut refuser la proposition faite par deux riches clients du café dans lequel elle est serveuse : se faire passer pour une jeune fille disparue, Aurora, empocher une partie de son héritage et reprendre le cours de sa vie avec quelques atouts en poche. Mais Eve va rapidement sentir que quelque chose cloche, et pas qu’un peu.

Imaginez, de l’extérieur, une grande famille, riche, où tout le monde s’entend bien, un petit côté soap-opera où tout brille. Et puis, sous ce vernis, les mensonges, les secrets, les jalousies. Eve va être catapultée dans cet univers et elle devra essayer de s’adapter si elle veut empocher la récompense promise. Bien sûr, les choses ne vont pas se dérouler comme prévu. Passés les premiers chapitres un poil longuets, impossible de décrocher de Fleur de fantôme. Michele Jaffe a concocté un scénario machiavélique pour perdre le lecteur, le faire douter de tout le monde et faire de chaque personnage un coupable potentiel (et il y en a des personnages !). Difficile de démêler le vrai du faux tant l’auteur brouille les pistes dans ce thriller tellement prenant que vous ne pourrez lâcher votre livre. Le personnage d’Eve, qui semble toujours sur le fil du rasoir, est très convaincant, et chaque second rôle a plusieurs facettes, les rendant tour à tour inquiétants, sympathiques, ou détestables. Si j’avais deviné certaines choses, il a fallu que j’attende la toute fin pour avoir la clé de l’intrigue, prouvant que Michele Jaffe a réussi à faire mieux que dans Hantise.
Si vous aimez les thrillers où l’auteur vous balade de bout en bout, je vous conseille sans hésiter Fleur de fantôme.

mardi 19 février 2013

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine De Vigan


Résumé :

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.


Avis :

Loué par la critique comme par le public, j’ai pour ma part détesté Rien ne s’oppose à la nuit. Non par esprit de contradiction ou pour me démarquer, mais parce que ce roman m’a laissée au bord de la nausée, de l’écœurement, engluée dans la toxicité d’une histoire qui n’est pas la mienne mais qui me colle encore au cerveau sans que j’arrive à m’en défaire, comme un chewing-gum sous une semelle. Je n’ai aimé ni l’histoire de cette famille toxique, ni le style de l’auteur, ni sa personnalité, du moins celle qui transparaît à travers ses écrits. J’ai eu envie de me débarrasser de ce livre en cours de lecture, de le brûler et de gifler l’auteur pour oser jeter son nombrilisme et sa famille tordue et néfaste au lecteur. Rien ne s’oppose à la nuit a au moins eu le mérite de susciter en moi de violentes émotions : rejet, dégoût, colère. Certains diront que c’est mieux que rien.

Je savais plus ou moins à quoi je m’attendais quand j’ai ouvert ce livre, à une autobiographie portant sur les rapports d’une fille avec sa mère bipolaire qui a fini par se suicider. Ce que je ne savais pas, c’est que Delphine de Vigan avait consigné dans son roman l’ensemble de la vie de sa famille, dans ses pires aspects. La mort, la manipulation, le viol, la maladie, l’inceste, la folie, le suicide, la maltraitance psychologique, rien des nombreuses déviances de cette famille toxique, qui, sous le vernis des apparences, cache des secrets honteux, des comportements déviants se répétant de génération en génération, n’est épargné au lecteur. Et c’est cela qui m’a dérangée, choquée.
En fait d’autobiographie, j’ai eu l’impression que Delphine de Vigan s’offrait une thérapie à peu de coût en déversant, au fil des pages, son histoire et ses problèmes sur le lecteur qui se retrouve malgré lui dépositaire de lourds secrets dont il n’a jamais voulu la charge et dont il ne sait plus comment se dépêtrer. En fait de lecture, il s‘agit là d’une forme de voyeurisme morbide dans lequel on s’englue peu à peu avec l’espoir que ça ira mieux à un moment. Que nenni, on va de Charybde en Scylla, même le bout d’espoir de la troisième partie n’arrive pas à sortir le lecteur de la déprime engendrée par les deux précédentes.
Très honnêtement, avec le recul, je ne sais pas comment une famille peut totaliser autant de malheurs, de nocivité en si peu de temps, mais lorsqu’on pense avoir fait le tour il y a toujours une marche de plus dans cette escalade.
Cette totale impudeur m’a frappée autant que les actes décrits eux-mêmes. Les autres membres de cette famille ont souffert aussi, étaler les affaires de viol et d’inceste (entre autres) est-il vraiment une bonne chose ? Pour moi c’est plus un manque de respect par rapport à ces personnes qui voient leurs blessures de nouveau ouvertes. Loin de moi l’idée de dire qu’il faut garder le secret sur des faits aussi horribles, mais il y a les forces de l’ordre pour faire respecter la loi, et les psys pour guérir l’âme. Le lecteur ne devrait endosser le rôle ni de l’un, ni de l’autre.
Dernier point qui m’a déplu (et après je m’arrête là), c’est le nombrilisme de l’auteur qui revient sans cesse sur elle, son projet de roman et sa manière de l’aborder, son ressenti. Si elle en était resté aux rapports mère/fille je n’aurais rien trouvé à redire, mais en l’occurrence il y a tant d’acteurs/victimes dans son livre que tout ramener à soi, à son propre ressenti et à l’impact sur sa seule vie me semble juste déplacé.

Non, vraiment je ne retire rien de positif de cette lecture, juste l’envie de me laver le cerveau de ce récit malsain et glauque, et une rancœur envers l’auteur qui a déchargé son mal-être sur ses lecteurs. Il est évident qu’on ne me reprendra plus jamais à lire un ouvrage de Delphine de Vigan…

lundi 18 février 2013

The Walking Dead T2 - La route de Woodbury, Robert Kirkman


Résumé :

L’Ascension du Gouverneur, le premier roman de la série Walking Dead, le lecteur a découvert comment Philip Blake a vécu l’invasion zombie et comment il est arrivé dans la ville retranchée de Woodbury. Le deuxième roman, La Route de Woodbury, raconte comment il en devient le leader incontesté. Ce ne sera pas simple. Certains qui sont là depuis longtemps se méfient de Philippe. Ils n’aiment pas trop non plus les bruits étranges qui proviennent de son appartement. Mais Philip Blake est déterminé à faire de la ville un havre de paix à l’abri du cauchemar post-apocalyptique qui l’entoure. Il est prêt à tout pour y parvenir. Y compris renverser et tuer ceux qui dirigent aujourd’hui Woodbury.


Avis :

Pour cet « épisode » inédit tiré de l’univers de la série The Walking Dead, nous allons faire la connaissance de Lilly qui tente de survivre à l’apocalypse zombie au sein d’une petite communauté de survivants. Dans le groupe, il y a Josh, une montagne de muscles, particulièrement désireux de veiller à la sécurité de la jeune femme. Accompagnés d’un troisième comparse, ils vont finir par quitter leur groupe et atterrir à Woodbury, où le Gouverneur a pris les pleins pouvoirs. Les nouveaux arrivants vont rapidement comprendre que quelque chose ne tourne pas rond chez Philip Blake.

Ce qui frappe dans ce roman, ce n’est pas l’horreur générée par les zombies comme on pourrait l’imaginer, mais celle des hommes. Lisant en parallèle les comics, j’ai bien pris la mesure de la folie et de la cruauté du Gouverneur (alors que la série reste, elle, assez soft), et me retrouver en tête-à-tête avec lui m’a fait frissonner (mais pas de plaisir !). Le route de Woodbury permet d’en apprendre davantage sur lui et de comprendre pourquoi et comment il a réussi à asseoir son statut dans l’acceptation générale des habitants de la ville fortifiée.
Le ton est plus résigné et fataliste que dans le premier tome, l’auteur annonce les catastrophes avant qu’elles ne surviennent, ce qui fait sans doute monter l’intensité dramatique mais je n’ai pas trop aimé le procédé qui gâche la découverte au fil des pages. Le style est quant à lui toujours simple et direct, avec moins de maladresses que dans L’ascension du Gouverneur. Mais ces défauts sont facilement pardonnés car c’est toujours un pur moment bonheur que de replonger dans l’univers de The Walking Dead quand on est fan. D’ailleurs cet opus laisse pas mal de questions en suspens, j’espère avoir rapidement les réponses.

vendredi 15 février 2013

Les chroniques d'Oakwood - Dans l'ombre de la Demoiselle, Marianne Stern


Résumé :

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.
Lorsque la nuit tombe, les ombres s'étirent et drapent le hameau d'un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d'épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l'obscurité ; mieux vaut ne pas s'attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d'une bâtisse.
Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises... Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d'une lanterne au détour d'une tombe, d'autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s'accordent à dire qu'il ne se trame rien d'anormal.
Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L'un en quête de l'être aimé, l'autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l'ombre, la demoiselle d'Oakwood veille...


Avis :

Oakwood, petit village de l’Angleterre (enfin je suppose) puritaine du début du XVIIIè siècle. La chasse aux sorcières bat son plein, mieux vaut ne pas avoir un comportement suspect aux yeux du tout-puissant prêtre ou le bûcher vous tendra les bras, et le cimetière regorge d’âmes tourmentées cherchant le repos qui leur a été refusé en étant condamnées à tort.

Dans ce contexte très sombre, Marianne Stern nous conte plusieurs histoires mettant en scène de soi-disant sorcières et des âmes réellement corrompues. Bien que toutes différentes, elles sont toutes reliées par des éléments ou personnages communs permettant ainsi au lecteur d’avoir une suite à quelques textes, ou du moins davantage d’éléments sur certains faits. Cela dit toutes les explications ne seront pas données, nombre de mystères continueront à planer sur Oakwood… Seul petit bémol : l’absence de chronologie entre les nouvelles m’a un peu perturbée au départ : je pensais que ces chroniques avaient une certaine unité temporelle, or il n’en est rien. Passée la surprise du départ, on s’y accommode cependant bien vite.
Le style d’écriture de Marianne Stern quant à lui est très visuel et donc immersif : Oakwood a pris vie au fil des pages, et la simple évocation du cimetière me faisait frissonner. Mais il est aussi très poétique et j’ai pris un réel plaisir à tourner les pages et à me laisser entraîner par les mots de l’auteur.

Les chroniques d’Oakwood une très jolie découverte comme j’aimerais en faire plus souvent, n’hésitez pas à succomber à l’appel de la Demoiselle.



jeudi 14 février 2013

The Love Machine, Jacqueline Susann


Résumé :

The Love Machine est l'histoire de Robin Stone - un homme énigmatique, brillant, sensuel et dur - et de trois femmes amoureuses de lui.
Amanda - belle et condamnée par un mal incurable à une mort prochaine, dont la carrière de cover-girl à la mode ne saurait la consoler de son incapacité à conquérir et à garder le cœur de Robin Stone...
Maggie - une jeune comédienne pleine d'ambition qui sait ce qu'elle veut et qui ne veut rien moins que l'amour de Robin Stone...
Judith - femme de la haute société, riche, mariée, cherchant désespérément l'amour avant qu'il ne soit trop tard, une femme qui possède ce qu'elle désire, hormis Robin Stone...
Leur histoire se déroule dans l'univers cruel et survolté du spectacle et des grands réseaux de télévision - le monde que Robin Stone a résolu de conquérir. Cette soif de conquête le fera descendre dans l'arène de l'argent et du pouvoir. Mais, derrière la façade du succès, des restaurants à la mode, des bureaux luxueux, des avions personnels et de la grande vie se dissimule un monde dont le public ignore l'existence : un monde d'orgies effrénées à Londres, de soirées d'homosexuels à Hollywood, de tractations sordides au cours desquelles l'amour et le sexe sont froidement utilisés comme monnaie d'échange.
Tous ces personnages - et bien d'autres encore - sont liés à l'ascension vertigineuse de l'homme dont les éblouissants succès professionnels et les conquêtes sexuelles spectaculaires ne répondent pas aux questions que se pose ce Robin Stone, fatigué de n'être qu'un a Love Machine », un robot de l'amour.


Avis :

Avant Jericho Barrons ou Gideon Cross, il y avait Robin Stone, le mâle ultime, la machine d’amour, le salaud qu’on voudrait, qu’on devrait détester, mais qu’on ne peut empêcher de désirer, en se disant qu’avec nous il serait enfin apaisé et que notre relation serait harmonieuse. Mais l’animal reste indomptable, et trois femmes vont en faire l’expérience, leurs histoires étant racontées dans les trois différentes parties du livre.

La première, consacrée à Amanda, est la plus longue et clairement ma préférée. La fragilité, la douleur de la jeune femme, son espoir sans faille de conquérir le journaliste, puis son courage et sa force en font l’héroïne tragique par excellence. On peut la trouver trop attentiste, trop femme-objet, mais il ne faut pas oublier que l’action de ce roman débute en 1960 (et écrit dans les mêmes années) et qu’à cette époque la libération de la femme, bien qu’en marche, n’était pas encore à l’ordre du jour pour toutes.
Puis vient le tour de Judith, femme fatale ayant l’habitude d’obtenir tout ce qu’elle désire grâce à l’argent, incarne la garce parfaite, celle qui est prête à tout pour arriver à ses fins et se montre incontrôlable en cas d’échec. En somme un mélange de Glenn Close dans Liaison fatale et de Joan Collins dans Dynastie (ça fait peur hein ?).
Et enfin Maggie, celle qui incarne la modernité, libérée mais pleine de failles, qui souffre de ses choix mais les assume. En toute logique celle qui devrait retenir toute l’attention du lecteur, mais, personnellement, j’avoue aimer tellement Amanda que je ne peux m’attacher à Maggie.

Chaque portrait, chaque histoire est touchante à sa manière, et ses trois femmes sont en réalité les vraies héroïnes de ce livre, même si leur rôle est aussi de mettre en valeur la psychologie du personnage principal, Robin Stone. En parlant de psychologie, c’est sans doute l’aspect que j’ai le moins apprécié, que j’ai trouvé trop stéréotypé, trop facile, trop éloigné de ce que l’on imagine de Stone au fil des pages.

Emblématique d’une époque, The Love Machine est un de ces romans dont le charme désuet ne faiblit pas malgré les années. Certains thèmes ou comportements sont parfois démodés, mais la magie opère, tout comme le pouvoir de séduction de Robin Stone. Une drama romance comme on n’en fait plus à l’heure actuelle, à tenter absolument.

Les mémoires du dernier cycle T1 - Selena Rosa, la marche vers l'inconnu, Westley D. Northman


Résumé :

Tout a commencé par une mort… celle de ma mère.
À cet instant, par le plus grand des hasards, la vérité m'est apparue. Je suis le fruit défendu de l'amour d'une sorcière et d'un vampire. Je suis Selena Rosa. Avec l'aide de mes sœurs sorcières, j'ai appris l'art de la Magie. Grâce à l'appui de mes ancêtres, je suis prête à entrer dans le monde des vampires. Celui de mon père. Dans ma quête pour le retrouver, j'ai rencontré l'amitié, l'amour, le danger et les rouages mystérieux de la Couronne de l'Ombre, royauté vampire. Au cœur d'une révolte vieille de plusieurs siècles pour remettre sur le trône une Reine vampire exilée, ce n'est bientôt plus ma vie qui est en jeu… mais celle du monde.
C'est l'histoire de la dernière des Rosa, c'est l'histoire de ma vie.


Avis :

Selena Rosa est une jeune et brillante étudiante en psychologie. Alors que sa vie se déroulait dans la plus grande normalité, le brusque décès de sa mère va remettre en cause l’essence même de son existence. La jeune femme découvre que sa mère était en réalité une sorcière ayant tourné le dos à son coven, et qu’elle est de fait la dernière représentante de la puissante lignée des Rosa. Mais les surprises ne s’arrêtent pas là puisqu’elle apprend par la même occasion que son père biologique n’est pas l’homme qui l’a élevée, mais un vampire. À compter de cet instant, Selena va partir à la recherche de ses origines, et bien sûr de son père.

L’histoire en elle-même n’est pas novatrice, la découverte par une jeune femme ordinaire de capacités hors du commun et sa quête initiatique de ce qu’elle est vraiment, mais ceci aurait pu être un agréable moment si la narration n’avait pas été aussi poussive. Malgré un enthousiasme indéniable et une flagrante envie de bien faire, la mayonnaise ne prend pas. Le style de l’auteur ne m’a pas plu : outre des dialogues non maîtrisés, il manque de maturité, hésitant entre une naïveté touchante, des passages grandiloquents ou versant dans le pathos, et un côté très scolaire qui manque de personnalité. Ce défaut de cohérence est assez déroutant lors de la lecture, mais il faut garder en tête qu’il s’agit du premier livre d’un jeune auteur. Il faut ajouter à cela pas mal de longueurs : l’auteur développe une mythologie très dense qu’il a à cœur d’expliquer à son lecteur, mais à vouloir expliquer chaque élément (sur parfois 8 pages !), il finit par le lasser, lui donnant l’impression d’assister à un cours magistral. D’autant que, pour la bonne compréhension de l’histoire, nul besoin de connaître la formation des différents covens par le menu, ou le détail de l’histoire d’Isabel par exemple. Encore une fois, cette envie de bien faire dessert l’intrigue en alourdissant le rythme. Paradoxalement, sur certains éléments Westley D. Northman cède à la facilité en expédiant quelques points comme les sentiments de la jeune femme face au deuil, l’acceptation de sa nature, son amitié instantanée avec Raïza… La jeune Selena se trouve dans une situation plutôt perturbante mais l’accepte sans sourciller. Le personnage est une Mary Sue, et personnellement j’ai grincé des dents face à ses superpouvoirs, sa puissance, sa beauté... D’autant que ce manque de nuances est très présent au fil du récit, chacune de ses actions étant l’occasion de vanter une nouvelle fois ses talents. D’une manière générale la psychologie des personnages reste très superficielle, bien que l’on sente l’envie qu’a l’auteur de positiver leur caractère, ce qui ne marche pas à cause du manque de profondeur. Tous ces petits défauts mis bout à bout font de ce premier tome des Mémoires du dernier cycle une lecture assez fastidieuse où l’ennui le dispute à la perplexité. Si je loue bien volontiers les efforts de l’auteur et le cœur qu’il a mis dans son livre, je pense que le résultat n’est pas à la hauteur de son investissement personnel, et c’est vraiment dommage.



mercredi 13 février 2013

L'Exécutrice T5 - La revanche de l'Araignée, Jennifer Estep


Résumé :

Je suis Gin Blanco, l'Araignée, la plus redoutable tueuse à gages d'Ashland. Mon unique objectif : expédier Mab Monroe tout droit en enfer. L'élémentale de feu qui a décimé ma famille s'en prend aujourd'hui à ma petite sœur, Bria Coolidge, et a lancé des hordes de chasseurs de primes à mes trousses. La garce ! Même si je dois y laisser ma peau, j'obtiendrai la vengeance que j'attends depuis dix-sept ans. Car j'ai été élevée pour tuer. Pour la tuer. Mes proches seront là pour m'épauler. Mes pouvoirs de pierre et de glace aussi. Sans oublier mes fidèles couteaux en argylithe, qui me brûlent déjà les doigts...


Avis :

Le moment tant attendu est arrivé. À force de chercher Mab Monroe, Gin va la trouver. Et le moins qu’on puisse dire c’est que l’élémentale de feu ne lésine pas sur les moyens en vue de cet affrontement final.
Difficile d’en dire plus sur l’intrigue de ce roman, sinon le plaisir de la lecture risquerait d’être gâché.

Dès les premières pages le lecteur est directement plongé dans l’action, et elle ne faiblira pas jusqu’à la fin. Jennifer Estep tient son lecteur en haleine d’un bout à l’autre du livre au gré des rebondissements et retournements de situations vécus par son héroïne. Mené tambour battant, La revanche de l’Araignée fait aussi la part belle aux personnages récurrents de la série (le passé les sœurs Deveraux, Finn et ses sentiments, Owen…) en les intégrant parfaitement à l’histoire, ceci évitant de faire de Gin l’unique héroïne surpuissante que l’on croise souvent en urban fantasy, lui apportant une touche de sensibilité. De nouveaux protagonistes font aussi leur apparition, notamment Gentry, personnage complexe et mystérieux que j’aimerais revoir ultérieurement.
Si l’intrigue est un sans-faute, on peut quand même reprocher à l’auteur de prendre ses lecteurs pour des poissons rouges tant elle rabâche les mêmes éléments à chaque tome (enfance de Gin, l’attaque de la famille Neige par Mab, etc…). J’avoue avoir sauté ces passages, à ce stade le lecteur est quand même censé connaître tout ça, on arrive rarement par hasard au cinquième tome d’une série.

Jennifer Estep termine en beauté cette fin de cycle, j’ai hâte de savoir comment elle va rebondir et ce qu’elle nous réserve pour la suite.

mardi 12 février 2013

Jake Djones gardien du temps T1 - Mission Venise, Damian Dibben


Résumé :

Tandis qu'il rentre du collège en un jour londonien pluvieux, Jake Djones, quatorze ans, est enlevé par des ravisseurs peu communs, Ils prétendent agir pour sa propre sécurité et l'emmènent au quartier général de leur organisation, en Normandie au XIXe siècle ! Ils connaissent bien les parents de Jake, et veulent comme lui les retrouver. Mais ça ne va pas être facile : ces derniers sont perdus quelque part dans le passé. Aux côtés d'agents truculents, embarquez pour un périple qui vous mènera aux quatre coins du monde et du temps. Jusqu’à Venise. En plein cœur de la Renaissance. Espionnage et humour pour le premier tome des aventures de Jake Djones.


Avis :

Kidnappé à la sortie du collège, Jake, jeune anglais sans histoire va voir sa vie bouleversée. Ses ravisseurs sont en fait des amis de ses parents disparus, parents qui ne sont d’ailleurs pas si ordinaires que le pensait l’adolescent puisqu’ils sont des gardiens du temps, capables de voyager dans les différentes époques. Jake va découvrir qu’il a lui-même ce don et va très rapidement pouvoir le mettre en application en se rendant dans l’Italie du début du XVIè siècle pour empêcher que le cours de l’histoire ne soit changé.

Qui n’a jamais rêvé de pouvoir voyager dans le temps ? Ce thème fascinant est pourtant assez peu exploité et quand c’est le sujet d’un roman je me jette dessus. Jake Djones est cependant un roman plus jeunesse que young adult, il vaut mieux le savoir avant de l’ouvrir pour éviter toute déconvenue.
L’intrigue de Mission Venise est bien menée, riche en rebondissements afin de captiver le lecteur d’un bout à l’autre du roman. La narration est fluide et le style agréable. Les thèmes abordés trouveront forcément un écho chez le public visé : la famille, la découverte d’un don faisant du personnage principal un être hors du commun, l’aventure, la quête initiatique, et bien évidement les premiers émois amoureux.
Ce premier tome des aventures de Jake Djones est très prometteur et plaira à coup sûr aux jeunes adolescents.

lundi 11 février 2013

Queen Betsy T2 - Vampire et fauchée, Mary Janice Davidson


Résumé :

Rien ne fera jamais oublier son amour des chaussures à Betsy, pas même mourir et se réveiller reine des vampires. Entre son job de vendeuse chez Macy's et son nouveau statut, elle n'a plus de temps pour elle. Pour ne rien arranger, une série de meurtres l'oblige à prêter main forte au vampire qui la rend dingue, le très sexy Sinclair. Ah et en plus, ils sont désormais mariés...


Avis :

Deuxième tome des aventures d’Elizabeth Taylor (oui, ça me fait toujours rire, je risque de le ressortir pour les prochains tomes, préparez-vous psychologiquement), désormais reine des vampires et mariée à Sinclair (le vampire hein, pas le chanteur) à son plus grand déplaisir (enfin, on dit ça, mais… Bref, passons). Ayant toujours du mal à se faire à son nouveau statut de morte-vivante, Betsy continue à vouloir vivre le plus normalement possible. Pour ce faire elle cherche un emploi, et trouve un job de vendeuse dans un magasin de chaussures, elle ne pouvait rêver mieux vu son amour immodéré pour les escarpins et autres bottines. Elle va aussi être obligée de déménager, et sa nouvelle maison réserve son lot de surprises. Mais, dans le même temps, des vampires se font assassiner, et c’est logiquement à la reine de mettre un terme à cette boucherie. Sauf que la reine, sa couronne elle la donnerait volontiers à qui la veut, elle serait même limite prête à la refourguer sur Le bon coin ! Betsy sera malgré tout bien obligée d’intervenir.

J’adore ! C’est vrai que je suis assez friande chick-lit à la base, et la chick-lit paranormale n’échappe pas à mon engouement. C’est frais, léger et divertissant, je n’en attends rien d’autre et du coup je ne suis absolument pas déçue. Les clichés, les ficelles un peu grosses, l’intrigue mince comme du papier à cigarette, peu importe, l’essentiel est de passer un bon moment, et c’est le cas. Inutile de dire que je vais continuer à me régaler des aventures de Betsy et Sinclair.