jeudi 31 juillet 2014

Leïlan - L'intégrale, Magali Ségura

Résumé :

Il est un royaume mystérieux que l'on nomme Leïlan, le pays des Illusions. Depuis qu'un drame affreux a frappé la famille royale, ses frontières sont fermées et son peuple est opprimé par l'infâme duc Korta. Une rencontre pourrait tout changer : celle d'un jeune messager, Axel, et d'une envoûtante jeune fille aux yeux bleus... Mais un secret entouré de sorcellerie les sépare, un destin tragique qui empêche l'espoir de renaître. Pourtant, au royaume des illusions, les apparences sont trompeuses car un justicier insaisissable met les hommes du duc en échec. Qui est ce héros dont l'identité secrète est jalousement défendue ? Quelle est cette étonnante compagnie qui partage ses exploits ? Une chose est sûre : tout comme eux, vous tomberez amoureux des yeux de Leïlan...


Avis :

Après un début un peu flou auquel le lecteur (enfin moi en tout cas) ne comprend pas grand-chose et est un peu perdu, il est tout bonnement impossible de lâcher ce roman. Leïlan c’est une contrée féerique, peuplée de créatures magiques, où le destin de tous est clairement établi. Sauf que, même quand tout semble bien ordonné, l’amour prend un malin plaisir à mettre son grain de sable dans l’engrenage. Ainsi, il était une fois un petit messager qui tomba amoureux d’une fille aux yeux bleus. Mais, comme dans tous les contes de fées, le destin n’a de cesse de contrarier leur histoire. Trahison, politique (parfois je me demande si ce n’est pas la même chose en fait, mais là n’est pas le sujet), batailles et aventure, Leïlan réunit tous les ingrédients d’un bon roman de fantasy, plus adulte qu’il ne le semble de prime abord. Magali Ségura crée un univers qui m’a fait penser à la fantasy très en vogue dans les années 80/90 (et c’est un compliment), où le souffle épique partageait l’affiche avec les bons sentiments, l’amour et l’humour, un peu comme Willow ou L’histoire sans fin. Et j’ai plongé avec délectation dans cet univers finalement si familier et j’ai adoré me prendre au jeu, suivre les péripéties de nos héros, tout en n’ayant finalement aucun doute sur le dénouement de leur histoire. Magali Ségura m’a fait rajeunir de 20 ans le temps d’un roman, et c’était vraiment bon.

Encore un grand merci aux deux conspiratrices qui ont fait arriver ce livre dans ma boîte aux lettres quand je ne m’y attendais absolument pas :) 

mercredi 30 juillet 2014

TK, Philippe Laborde

Résumé :

Pour la première fois, cet été, Alan a la maison pour lui tout seul. Une aubaine pour se mettre enfin à la TK ! Enfin, la télékinésie quoi. Faire bouger les objets à distance par la seule force de l'esprit. Programme hyper discipliné, entraînement intensif et régime d'ermite à base de chips, pizza, Coca. Pas question de ressortir avant que ça marche. Impossible ? Mytho ? C'est pourtant bien comme ça que tout a commencé pour Alan et ses trois copains. Et puis, il y a eu la rencontre avec ce vieux radiesthésiste qui leur a transmis ses pouvoirs. C'est là que les choses sont devenues flippantes...


Avis :

Au lieu de faire une fête géante quand ses parents ne sont pas là, Alan, lui, va en profiter pour s’essayer à la télékinésie avec ses copains tout autant convaincus (et un peu allumés aussi) que lui. Au fur et à mesure, ils découvrent que les pouvoirs ne se déclarent pas spontanément, mais qu’il faut que quelqu’un les transmette pour qu’ils ne soient pas perdus. Et ça tombe bien, ils rencontrent justement un vieux radiesthésiste qui les choisit pour assurer la continuité de son don.


TK est un des trois romans finalistes du prix Gallimard Jeunesse, et c’est aussi celui qui m’a le moins plu. Bénéficiant de notes et critiques élogieuses sur les sites communautaires et marchands, je m’attendais à un livre vraiment passionnant. En fait, c’est l’histoire d’une bande de copains un peu loufoques qui s’essaient au surnaturel, avec comme message de fond qu’il suffit d’y croire. Je les ai trouvés plutôt agaçants et immatures, et n’ai pas réussi à entrer dans leur trip. Résultat, l’ennui m’a rapidement gagnée, d’autant que je n’ai pas accroché non plus au style de l’auteur. Je ne suis probablement pas le public visé par ce roman, à vous de vous faire votre propre idée.


mardi 29 juillet 2014

Ella et Micha T1 - Jamais sans toi, Jessica Sorensen

Résumé :

Elle a voulu tout quitter. Oublier sa famille brisée, sa vie fracassée. Oublier Micha, son ami d’enfance, qu’elle refuse d’aimer plus qu’un ami alors que son corps tout entier l’y entraîne. Après des mois de silence et d’absence, elle retourne chez elle. Pour constater que rien n’a changé, et surtout pas elle-même. En fait, c’est même pire, et surtout son désir d’embrasser enfin Micha et de partager avec lui son secret.


Avis :

Ella était une jeune fille au look gothique dont la vie flirtait avec le danger. À la mort de sa mère, elle décide de changer de look et de mode de vie en partant à Vegas suivre ses études. Elle laisse derrière elle Micha, qui est amoureux d’elle depuis des années et qui n’aura de cesse de la retrouver. Quand Ella rentre d’elle-même à la maison à la fin de l’année scolaire, elle renoue avec son passé douloureux et retrouve son ami, ce qui n’est pas vraiment pour lui plaire.


Entre alcool et courses de voitures, on ne peut pas dire que les deux protagonistes de Jamais sans toi soient des modèles de vertu, et ce n’est pas désagréable pour une fois. Le roman est assez court (moins de 300 pages), du coup la romance entre Ella et Micha a juste le bon timing, leur jeu du chat et de la souris ne va pas traîner en longueur avec moult rebondissements à deux balles, ce que j’ai vraiment apprécié. Leur histoire est mignonne, j’ai pris beaucoup de plaisir à la suivre, ce n’est pas le livre de l’année mais un bon divertissement. La fin est assez surprenante et je suis curieuse de découvrir la suite.


lundi 28 juillet 2014

Lord John et une affaire privée, Diana Gabaldon

Résumé :

Londres, 1757. Par une belle matinée de la mi-juin, lord John Grey émerge de son club de gentlemen, le Beefsteak, en plein désarroi. Aristocrate et officier haut gradé de l'armée de Sa Majesté, il vient d'assister à une scène très " shocking ! ". Toutefois, ses efforts pour éviter un scandale qui pourrait détruire sa famille sont contrecarrés par une crise plus urgente encore : la Couronne le charge d'enquêter sur le meurtre brutal d'un compagnon d'armes, soupçonné de haute trahison. Contraint de mener les deux enquêtes en même temps, le major Grey se trouve emporté dans un réseau de trahisons politiques et sentimentales qui touche toutes les sphères de la société... et menace tout ce qui lui tient à cœur. Des lupanars sordides du monde de la nuit aux salons d'apparat de la noblesse en passant par les océans dominés par la puissante Compagnie des Indes Orientales, lord John traque les pistes fugitives d'un valet de pied et d'une mystérieuse femme en robe de velours vert, qui pourrait détenir la clef de tout... ou le mener dans une impasse totale.


Avis :

J’ai choisi (malgré moi) de lire le spin-off du Cercle de pierre dans l’ordre décidé par l’éditeur français et non tel que l’auteur l’a écrit, tout simplement parce que la série est composée de romans et nouvelles et que ces dernières ont été regroupées dans un seul volume pour la version française. À la lecture d’Une affaire privée je n’ai pas eu l’impression d’avoir raté quelque chose, il faudra voir par la suite. Pour ce qui est de la concordance avec la série principale, il faut avoir lu le troisième tome, Le voyage, puisque l’histoire se situe après l’épisode d’Ardsmuir.
Bien, maintenant passons au roman lui-même.

Lord John Grey est donc revenu à Londres, au service de sa Majesté, et se voit obligé d’enquêter sur une affaire de famille et une affaire d’état. Avec son intelligence et son flegme, il va sillonner la ville à la recherche d’indices lui permettant de mener à bien sa mission.
Alors, je dois bien avouer que la série Lord John est à des lieues de la principale et j’ai été un peu moins séduite. Il faut dire que Diana Gabaldon avait mis la barre très haut avec des personnages aussi forts que Jamie et Claire et, même si John Grey est attachant, eh bien ce n’est pas pareil. Néanmoins Une affaire privée se laisse lire facilement, c’est une enquête historique à la fois sérieuse et pleine de cocasseries de par le contraste entre la personnalité de John et la galerie de personnages auxquels il a affaire. John n’a pas oublié Jamie pour autant et le récit est émaillé de références à certaines choses qui se sont déroulées dans le passé, d’où la mise en garde sur le timing de lecture de ce roman.

Une affaire privée n’est pas mon roman préféré de l’auteur, mais je pense qu’il est intéressant de le lire pour appréhender l’univers de l’auteur dans sa globalité.

vendredi 25 juillet 2014

Un beau jour peut-être, Lauren Graham

Résumé :

Janvier 1995. Des rêves de Broadway plein la tête, Franny fait le pari de devenir célèbre en trois ans. Elle n'a plus que six mois pour réussir. Alors que sa carrière de comédienne tourne au ralenti, et qu'elle cherche à échapper à la petite vie rangée que son compagnon voudrait partager avec elle, Franny tient enfin l'occasion de jouer devant des professionnels. Pour réussir, elle devra faire abstraction du charme de James Franklin, l'acteur le plus talentueux de son cours…


Avis :

Pour ceux qui connaissent l’auteur, Lauren Graham est avant tout actrice. On a pu notamment la voir dans Gilmore girls ou Parenthood. Un beau jour peut-être est son premier livre, et c’est sans surprise qu’il traite du parcours du combattant d’une jeune apprentie actrice, Franny. Le lecteur va donc suivre (subir ?) les déboires de la jeune femme pour réaliser son rêve, ainsi que sa vie sentimentale en la personne du beau James…
Entre showbiz et jérémiades, la sauce n’a jamais pris et je n’ai pas apprécié ma lecture, plus proche du guide de l’apprentie comédienne que de la romance. Franny est assez agaçante à se dévaloriser sans arrêt, voire insupportable au fil des pages, quand la patience du lecteur s’amenuise. Je n’ai pas réussi à m’intéresser ni à elle ni à ses rêves, pas plus qu’à ses histoires de cœurs d’ailleurs. Si je vous dis qu’en plus l’écriture est très quelconque et n’a pas réussi à m’accrocher, vous comprendrez aisément que je me suis ennuyée d’un bout à l’autre.

À réserver aux fans de l’auteur ou à ceux qui aspirent à devenir acteurs et qui se reconnaîtront en Franny. Sinon, vous pouvez vous en dispenser.

jeudi 24 juillet 2014

La Guerrière fantôme, Syven

Résumé :

Dans notre monde, elle est une étudiante parmi tant d'autres. Dans le monde d'Es qu'elle visite nuit après nuit, elle est un esprit guerrier. Elle y affronte une armée, des sorciers et des dragons, par amour pour Tadjal, un tigre fabuleux qui l'aide à comprendre sa véritable nature. Elle s'est attachée à lui, aux humains qu'il protège, à la cité d'Ispare que l'empire s'apprête à assiéger. Pour les sauver, elle doit changer le cours de la guerre et empêcher les dragons-défunts de ravager les cités libres. Quitte à se perdre si le lien entre son corps et son esprit se rompt. Siwès est la guerrière fantôme, et l'empire du Lluhan tremblera à l'annonce de son nom.


Avis :

Banale étudiante dans notre monde, farouche guerrière chaque nuit, nous allons suivre Siwès et Tadjal dans leur lutte pour sauver la cité d’Ispare. Le début est un peu lent et déroutant, mais une fois les pièces du puzzle assemblées, impossible d’interrompre la lecture. Syven offre un roman de fantasy à la fois traditionnel et moderne, avec une héroïne complexe et insaisissable. Si Siwès sait capter l’attention, le tigre Tadjal est l’un des personnages m’ayant le plus touchée malgré son caractère ! L’auteur a construit un monde original et captivant qui prend corps au fur et à mesure des pages, grâce à l’écriture un peu magique de Syven. L’intrigue quant à elle ne se résume pas à un simple combat, elle est bien plus complexe et le lecteur comprend vite qu’il ne doit rien tenir pour acquis… Et que dire de la fin ?!
Amateurs de fantasy, ne passez pas à côté de La guerrière fantôme, vous ne le regretterez pas.


Métro Z, Fabien Clavel

Résumé :

Emma est excédée quand son métro reste bloqué à la station Châtelet. Déjà qu'elle doit s’occuper de Natan, son petit frère autiste... Quand une explosion retentit dans le wagon voisin, elle se rue, paniquée, dans les couloirs envahis par une épaisse fumée jaunâtre. Emma réalise que tous les accès sont condamnés et que Natan n’est plus avec elle ! Partant à sa recherche, elle observe le comportement étrange et terrifiant des autres passagers : indolents, marmonnant, les yeux dans le vague…


Avis :

Obligée de ramener Natan, son petit frère autiste, à leur domicile, Emma peste contre les lenteurs du métro, susceptibles de perturber l’enfant. Soudain c’est le chaos, l’explosion, les cris, la bousculade, Emma cherche à quitter cet enfer et s’aperçoit, dans un moment de lucidité, qu’elle a oublié son frère dans la rame. Commence alors pour elle un parcours du combattant pour le retrouver.

Voilà un petit livre sur les zombies qui m’a bien plu. Fabien Clavel propose une vision multifacettes et originale du zombie en jouant sur le terme même pour dénoncer nos propres comportements. En effet, quel lieu symbolise le mieux la zombification des masses que le métro (ok, il y a aussi la télé) où nous passons tous en mode automate, que ce soit pour arriver à destination ou en nous abîmant dans quelque écran que nous prenons soin d’avoir toujours sur nous. La catastrophe décrite dans le roman, l’explosion, pourrait avoir comme effet de réveiller les passagers, de les sortir de leur torpeur, mais il n’en est rien, on passe d’un état zombie à l’autre. Là où L’auteur est malin, c’est qu’on ne sait jamais quelle est vraiment la nature des zombies post-explosion : sommes-nous face à des morts-vivants classiques, à des victimes d’une attaque biologique qui aurait affecté leurs fonctions cognitives ou simplement à des gens en état de choc, plongés dans une sorte de transe ? Leur état est-il réversible ? Ce doute rend les décisions prises par les autorités encore plus révoltantes ; Fabien Clavel en profite pour égratigner au passage le gouvernement, l’armée, etc… c’est cadeau, et encore plus terrifiant car cela semble tellement possible… Au-delà de l’aspect thriller horrifique (rien de gore toutefois), Métro Z c’est aussi une belle histoire d’amour fraternel entre Emma et Natan, leur relation particulière m’a beaucoup touchée et qui est un plaidoyer pour le droit à la différence (enfin moi je l’ai interprété comme ça en tout cas).


Malgré son court nombre de pages, Métro Z est une œuvre complète et plus complexe qu’un simple zombie book. Fabien Clavel soulève pas mal de questions (je n’ai pas tout développé ici) et envisage la problématique zombie sous un nouvel angle. Et, bonus, on retrouve même Lana Blum, l’héroïne de Nuit blanche au lycée en guest star, ça permet de savoir ce qu’elle est devenue suite à la terrible nuit qu’elle a vécu, la boucle est bouclée.



mercredi 23 juillet 2014

LZR-1143 T1 - Contamination, Bryan James

Résumé :

Ancienne star du cinéma d'action, Mike McKnight est condamné à la réclusion à perpétuité dans un hôpital psychiatrique pour le meurtre de sa femme. Se réveillant un matin dans un asile déserté avec une mémoire plus que défaillante, il comprend qu'une terrible épidémie ravage le pays. Il parvient néanmoins à quitter l'hôpital en compagnie de quelques survivants. A l'extérieur, c'est l'apocalypse : le monde a sombré dans le chaos devant les hordes de morts-vivants. Tout en essayant d'échapper aux survivants et aux zombies, Mike retrouve progressivement la mémoire et la raison pour laquelle il a été enfermé : sa femme, une chercheuse en biochimie qui travaillait sur la réanimation des cellules dans le cadre d'un projet nommé Lazare, était proche du but... Y aurait-il un lien entre ces recherches et la pandémie qui ravage le monde ? Désormais persuadé que sa femme a été éliminée, il part à la recherche de ce qu'elle cherchait à protéger : un moyen de contrer l'épidémie.


Avis :

Interné dans un hôpital psychiatrique pour le meurtre de sa femme, Mike McKnight, ex-gloire du cinéma d’action, se réveille un jour de sa camisole chimique pour constater que le personnel a fui l’établissement. Pire que ça, à l’extérieur des gens en mangent d’autres ! L’invasion zombie est là et il tient le rôle de sa vie !

Sympa et drôle, La contamination ne révolutionne pas le genre et brille surtout grâce à son personnage principal, Mike, complètement décalé et plein d’humour. D’ailleurs, l’humour est omniprésent dans le roman, pas toujours très fin, mais on fait avec. L’intrigue est on ne peut plus classique, les gentils vont chercher le remède tout en essayant d’échapper aux méchants zombies, mais ça se laisse lire, même si le roman manque cruellement de tension. J’aime bien avoir peur ou être stressée en lisant un roman du genre, ici ce n’est clairement pas le cas. En résumé, ce premier tome de LZR-1143 est agréable à lire, mais ne me laissera pas un souvenir impérissable.


Dis-moi qu'il y a un ouragan, Fabrice Émont

Résumé :

Nouvelle au lycée Camille-Claudel, Léa, 15 ans, se sent un peu perdue. Mais pour le cours d'arts visuels, des groupes se constituent. Chacun doit réaliser un court métrage avec son portable. Léa, la sauvage au grand cœur, se retrouve ainsi avec les parias de la classe : Moussa, le black zen protecteur qui lui a parlé en premier, Quentin, un grand maigre aux allures de vampire, Pauline, qui devient si belle quand elle chante, et Jennifer, la bombe qui se croit mieux que tout le monde et hypnotise tous les mecs, à commencer par Quentin...À sa façon, Léa, avec sa franchise, sa soif de justice et son envie d'aider les autres, va bouleverser la vie de chacun et trouver enfin celui à qui elle pourra confier son secret.


Avis :

Léa a quinze ans, a dû quitter précipitamment son ancien lycée et atterrit donc, en plein milieu d’année, dans une nouvelle classe. Très rapidement obligée de former une équipe pour un projet audiovisuel, la jeune fille va se retrouver… avec ceux dont personne n’a voulu lors de la constitution des groupes, ainsi que Jennifer, la plus populaire, punie par le prof et raccrochée au groupe des laissés pour compte. Avec son franc-parler et son dynamisme, Léa va réussir à donner un élan à ce groupe et à redonner sa place à chacun.


Ayant terminé dans le trio de tête du prix Gallimard, Dis-moi qu’il y a un ouragan est une histoire très rafraîchissante, pleine d’espoir, avec une vision très positive des adolescents et des messages tout aussi positifs comme l’entraide, la tolérance, le droit à la différence. Le petit groupe, emmené par Léa, est très attachant, et chaque membre à sa manière. Même la peste s’humanise au fil des pages, c’est dire ! Fabrice Émont donne un ton très juste à son roman, on n’est jamais dans la caricature, le langage est moderne et le style coule tout seul. J’ai vraiment passé un très agréable moment dans ce lycée, ça change des bluettes tiédasses ou des histoires surnaturelles, ça sonne vrai et redonne le sourire.



mardi 22 juillet 2014

Chani et sa PAL S02 E02 - Je l'aurai un jour, je l'aurai...



J’ai été super raisonnable. Si, si. Enfin pas tant que ça, mais c’est moins pire que ce que ça aurait pu être. À la fin du premier semestre, c’est 20 livres qui sont sortis de ma PAL malgré les quelques achats (hum) que j’ai pu faire. J’en suis donc à 66 bouquins en souffrance, soit à 16 livres de mon premier objet. Clap clap moi-même (oui oui, vous pouvez applaudir aussi ^^).

Ma bonne résolution de l’été : 0 achat, 0 passage à la bibliothèque, 0 prêt. Avec ça, je devrais réussir à diminuer encore ma PAL et à atteindre les 50 en septembre \o/


Et vous, comment va votre PAL ?

Les brumes du Caire, Rosie Thomas

Résumé :

Trois femmes, trois générations, une histoire d'amour et de perte, tout en nuances.
L'arrivée inattendue de Ruby, une adolescente obstinée, apporte vie et désordre à la vieille maison du Caire d'Iris Black, sa grand-mère de 82 ans. Poussée par la relation tendue qu'elle entretient avec sa mère, Ruby a quitté l'Angleterre et cherche refuge chez cette vieille dame qu'elle n’a pas vue depuis des années. Un lien étonnant s’établit entre elles tandis que Ruby aide Iris à se remémorer ses souvenirs du Caire scintillant et cosmopolite de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que de son grand amour l'énigmatique Capitaine Xan Molyneux que les ravages du conflit lui ont arraché.
Cet ancien amour a déterminé la vie d'Iris, et celle de sa fille et de sa petite-fille. Et il va les affecter à nouveau, toutes les trois, d'une façon qu'elles n'auraient jamais imaginée.


Avis :

Ruby, une jeune anglaise, débarque au Caire, chez sa grand-mère qu’elle connaît à peine. La relation de la jeune fille avec sa mère est compliquée, sa vie a pris une tournure qui l’a fragilisée et elle est partie sur un coup de tête. Face à la vieille femme qui est seule face à ses souvenirs, Ruby va apprendre à la découvrir et beaucoup de choses sur elle par la même occasion.

C’est un voyage dans l’Egypte des années 40 et celle d’aujourd’hui (du moins celle d’avant les bouleversements de 2011) que l’auteur propose à ses lecteurs. Le roman vaut d’ailleurs autant par son ambiance que par son histoire. Rosie Thomas réussit à faire vivre Le Caire d’hier et d’aujourd’hui, et le lecteur passe d’une époque à l’autre au gré des souvenirs d’Iris. La splendeur de la ville à l’époque coloniale, les rêves de la jeunesse actuelle, l’auteur change les décors et les perspectives, faisant chaque fois un parallèle entre les rêves perdus et ceux à venir. Au-delà, c’est surtout l’histoire difficile et conflictuelle de trois générations de femmes qui ne se comprennent pas ou mal, et qui ne savent plus s’aimer. Très émouvante et touchante, la relation qui naît entre Ruby et Iris aborde de nombreux points sensibles avec pudeur, notamment le lien mère-fille, si complexe et fragile. J’ai été très touchée par cet aspect et émerveillée par les descriptions du Caire pendant la guerre ; Les brumes du Caire est un beau tableau d’un amour sacrifié qui a bouleversé plus qu’une vie. Une belle leçon sur l’Histoire et les sentiments.


lundi 21 juillet 2014

Près de toi, J. A. Redmerski

Résumé :

Camryn n'a jamais été aussi heureuse. Cinq mois après avoir rencontré Andrew à bord d'un car, la voilà fiancée. Alors qu'ils s'apprêtent à couler ensemble des jours heureux, une tragédie les frappe. Andrew tente d'avancer, mais sa compagne est accablée par une tristesse dont elle tente de venir à bout en se faisant du mal. Le jeune homme est prêt à tout pour l'aider et pour lui prouver que leur amour peut surmonter les pires afflictions. Il rêve d'emmener Camryn en voyage pour lui redonner espoir. Parviendra-t-il à la convaincre de l'accompagner ?


Avis :

Dans Loin de tout, Camryn et Andrew avaient terminé leur road trip par l’annonce de la future maternité de la jeune femme. Nous les retrouvons sédentarisés dans Près de toi, attendant la venue du futur bébé. Mais, si la vie ne les a déjà pas épargnés jusqu’ici, le destin s’acharne sur le jeune couple. Plongés dans un profond désarroi, leur seul moyen de remonter la pente est de repartir sur les routes.

Après la naissance d’une rencontre et la découverte de deux âmes sœurs, J.A. Redmerski propose ici le récit de l’épanouissement d’une relation dans la dure réalité de la vie à deux, une fois la magie des premiers mois est passée. Alors, forcément, il y a moins de magie, justement, dans cet opus. Le charme des débuts est derrière Camryn et Andrew, mais les problèmes sont toujours là. Et, encore une fois, c’est le jeune homme qui va sauver sa compagne en lui offrant une escapade leur permettant de faire le point. Ici, les problèmes de maladie et de deuil sont abordés, mais aussi la philosophie de couple de nos deux tourtereaux qui ne veulent pas se couler dans le moule. Alors, oui, c’est une vision charmante, positive et idéalisée de la vie, mais pas vraiment réaliste pour le commun des mortels (tout le monde n’a pas touché un héritage offrant une certaine aisance financière et une oisiveté choisie le moment venu). Et puis, à force de vouloir être anti conventionnel, le couple tombe un peu dans le cliché : n’est-ce pas justement très prévisible et banal de ne pas vouloir tomber dans la routine puisqu’au final en choisissant une autre voie on tombe dans une autre routine, certes, mais une routine quand même. Bref, Près de toi ne m’a pas déplu, mais on est loin du coup de cœur qu’avait été le premier tome. La lecture reste cependant agréable, au moins pour avoir le fin mot de l’histoire et prendre des nouvelles de ce couple qui m’a tant fait vibrer.


vendredi 18 juillet 2014

London road, Samantha Young

Résumé :

Avec des parents absents, Johanna a toujours vécu pour son petit frère, Cole. Elle fréquentait les hommes en fonction de leur argent. Or Cameron, son nouveau collègue, la trouble beaucoup...


Avis :

De prime abord, Johanna Walker a tout de la bimbo écervelée, prête à tout pour mettre la main sur un bon parti. D’ailleurs, son petit ami actuel, Malcolm, a quinze de plus qu’elle, une bonne situation dans un cabinet d’avocats, un portefeuille bien garni et une forte propension à gâter la jeune femme et à assurer sa sécurité financière. Mais l’envers du décor est moins glamour ; Jo doit s’occuper depuis des années de son petit frère, Cole, pour pallier la négligence de leur alcoolique de mère. Enfant battue et négligée, Jo n’a aucune confiance en elle et a un besoin de sécurité qui surpasse son envie de vivre une belle et sincère histoire d’amour. Jusqu’à Cameron MacCabe.

Après Dublin Street, London Road reprend le même groupe d’amis, en mettant un autre couple en lumière. Il était très difficile de passer après Joss et Brandon, et je n’ai malheureusement pas été autant charmée par Jo et Cam. La première partie, celle mettant en scène la rencontre et le jeu amoureux des deux personnages, m’a beaucoup plu, en revanche, j’ai été un peu déçue par les débuts du couple et les balbutiements de leur relation, que j’ai trouvés trop courus d’avance, déjà vus. Même si l’histoire est mignonne, je n’ai pas ressenti le même élan qu’avec le premier. Pourtant le roman est subtilement dosé en rebondissements, sensualité, humour et sentiments forts, mais la magie n’a pas complètement opéré en ce qui me concerne. J’ai passé un bon moment, mais n’ai pas craqué sur ce couple-ci.


jeudi 17 juillet 2014

The Bone Season T1 - Saison d'os, Samantha Shannon

Résumé :

Londres, 2059. Paige Mahoney travaille pour une organisation criminelle souterraine. Son job : glaner des informations en s'insinuant dans le cerveau des gens illégalement. Car Paige est une clairvoyante, "une anormale", et elle n'est pas la seule. Mais selon les règles de Scion, son existence même est déjà une trahison.


Avis :

Attention, coup de cœur ! Tout l’enjeu de cette chronique va être d’essayer de vous donner envie de lire ce roman, sans en dire trop, parce qu’il faut vraiment le découvrir peu à peu.

Imaginez un Londres futuriste où les humains possédant des pouvoirs psychique sont considérés comme anormaux et dangereux, et sont de fait traqués. Paige Mahoney fait partie de la pègre Londonienne. Irlandaise d’origine, elle garde un souvenir cuisant de la façon dont la rébellion a été matée par Scion, même si son père est un haut fonctionnaire du régime. Lors d’un contrôle dans le métro, elle va accidentellement tuer un garde. Traquée puis capturée, la jeune femme va découvrir le sort réservé aux clairvoyants et en apprendre davantage sur elle-même et son don.


Quel bonheur que ce premier tome de The bone season ! Samantha Shannon a construit un background totalement original, sombre et inquiétant dans un Londres alternatif et futuriste. L’auteur plonge le lecteur dans cet univers sans préavis, à peine le temps de le découvrir qu’elle nous expose déjà l’envers du décor qui est, lui aussi, captivant. La jeune héroïne, Paige, est une forte tête avec un tempérament de battante mais aussi une certaine fraîcheur. Suivre son évolution est un vrai plaisir, elle fait partie de ces personnages auxquels on s’attache de suite. Il y a bien sûr d’autres protagonistes, mais je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher votre future lecture. L’intrigue est quant à elle assez floue au départ, puis elle se précise. Beaucoup de questions sont soulevées, des réponses sont données, mais le mystère n’est pas totalement levé à la fin du roman. L’action n’est pas en reste, le rythme est soutenu, parfois tendu, impression amplifiée par la narration et le style nerveux de l’auteur. Vous n’en saurez pas plus, je peux juste vous dire que ce roman est une petite bombe dans le paysage actuel, ne passez pas à côté, vraiment.

Genius Wars, Catherine Jinks

Résumé :

Âgé de seulement quinze ans, Cadel Piggott a l’impression d’avoir déjà eu une centaine de vies. Adopté dès sa naissance, il découvre un jour que sa famille adoptive est factice et ne sert que d’écran à son père, l’ennemi public numéro1, sous les verrous depuis de longues années. Le secret éventé, il tombe sous la houlette du mystérieux Prosper English, homme de main de son père, chargé de développer les talents... spéciaux du jeune garçon.
Au programme? Systèmes de sécurité, espionnage, piratage informatique... Quand il parvient à échapper à l’emprise de ce mauvais génie, Cadel tente de mener une vie normale.
Aujourd’hui, Cadel vit avec une famille d’accueil, en passe de l’adopter définitivement. Avec quelques-uns de ses brillants acolytes de l’Institut Axis, il est entré à l’université. Ces derniers temps, son génie informatique lui sert surtout à aider sa meilleure amie, la super Sonia, qui ne se déplace qu’à l’aide de son fauteuil électrique. Mais ses vieux démons ne sont pas si loin, et il est facile de se perdre dans les rouages de la technologie...


Avis :

Enfin débarrassé de Prosper English, Cadel Piggott essaye de mener une existence paisible, loin de la vie trépidante mais dangereuse qu’il a vécue il y a quelques années. Entré à l’université, il n’aspire qu’à être adopté définitivement par sa famille d’accueil et à aider son amie de toujours, Sonia. Mais ce serait trop simple, Cadel va voir son passé le rattraper et il sera obligé de renouer avec des choses qu’il aurait préféré oublier.


Près de trois ans se sont écoulés entre la sortie du deuxième tome et celui-ci, autant dire qu’au départ j’ai eu un peu de mal à me remettre dans l’ambiance. Heureusement, Catherine Jinks émaille le récit de petits rappels, ouf je suis sauvée. C’est un Cadel assagi, plus mûr d’apparence que nous retrouvons. Il semble avoir trouvé son équilibre entre sa nouvelle famille et son amie Sonia. Mais le pauvre a un karma un peu pourri et c’est l’occasion pour l’auteur de malmener de nouveau son héros, pour le plus grand plaisir du lecteur. J’ai beaucoup aimé suivre les aventures du jeune homme ; pas de temps mort, de l’action et une galerie de personnages secondaires qu’il est bon de retrouver une nouvelle fois. La narration est fluide et accrocheuse, l’auteur nous emporte de la première à la dernière page. C’est sur une note très positive que ce termine la trilogie de Cadel Piggott, mais je verrais bien une suite de ses aventures à l’âge adulte, je suis sûre que l’auteur peut continuer à faire vivre et évoluer ce personnage.


mercredi 16 juillet 2014

Alice Crane T1 - Les Corbusards, N. M. Zimmermann

Résumé :

Alice Crane, jeune médecin légiste surdouée, a bâti toute sa vie sur son intelligence hors norme. Mais quand elle retrouve un de ses «patients» bien vivant dans une rue d'Edencity, la voilà entraînée dans un monde où la raison n'a pas prise. Un monde peuplé d'êtres fantastiques et inquiétants, les Corbusards. Un monde tapi dans l'ombre depuis des siècles et qui s'apprête à ressurgir.
Alice Crâne a encore le choix : soit oublier ce qu'elle a vu, soit affronter la vérité. Mais alors elle ne pourra faire marche arrière. Et la réalité qu'elle a découverte pourrait lui apporter une nouvelle vie aussi bien qu'un aller simple pour la mort.


Avis :

Quand Alice Crane, médecin légiste fraîchement diplômé de 22 ans, « perd » un de ses patients lors de sa garde à la morgue, ce n’est pas seulement son emploi qui est en jeu, mais aussi sa vie, surtout quand elle croise le disparu dans la rue peu de temps après. Si la jeune femme va longtemps se voiler la face, elle finira par se rendre à l’évidence : les créatures surnaturelles existent, nommées Corbusards par l’ORPHS (Organisation pour les Relations et la Pacification entre Humains et Surnaturels), le département chargé de les surveiller. L’un de ses agents, James Flynn, va sauver Alice d’une attaque de vampires et lui dévoiler les arcanes de ce monde obscur.

Très bonne découverte que ce premier tome d’Alice Crane ! Situé dans le même univers qu’Eden City du même auteur, il n’est cependant pas nécessaire d’avoir lu la première série pour se plonger avec délectation dans celle-ci (mais, étant dans ce cas, j’avoue avoir maintenant très envie de la découvrir). Le personnage d’Alice Crane est l’archétype du candide qui s’ouvre à un autre univers. Intelligente, forte et débrouillarde, la jeune femme va pourtant subir les évènements et perdre le contrôle de sa propre vie. Plongée au cœur d’une guerre sourde entre humains et vampires, les découvertes d’Alice seront celles du lecteur. Les vampires présentés ici sont assez classiques, on retrouve une opposition entre les vampires intégrés qui ne boivent pas de sang humain « sur pied » et ceux qui font fi des règles et tuent leurs proies. Pourtant, dans ce premier tome, le sujet n’est que survolé, l’enjeu semble plus politique et se concentre sur l’ORPHS, avec une fin très ouverte qui redonne la part belle au chef des suceurs de sang. L’intrigue est servie par la plume nerveuse de N.M. Zimmermann, très visuelle, qui met en valeur ce récit bourré d’action.


En résumé, Les Corbusards est un premier tome prometteur qui se lit trop rapidement, surtout quand on sait que la suite ne sortira pas avant 2015…


mardi 15 juillet 2014

Megan Chase T1 - Démons personnels, Stacia Kane

Résumé :

"Chers auditeurs, je suis Megan Chase, psychologue. Je suis là pour vous aider à tuer vos démons personnels." Jamais je n'aurais pensé être prise au sérieux en prononçant ces mots sur les ondes. Malheureusement, les démons existent bel et bien, et je suis apparemment l'une des seules à ne pas l'avoir remarqué. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui me prennent pour leur ennemie et cherchent à m'éliminer. Et ma célébrité nouvelle risque de leur faciliter la tâche... Comment devenir en une phrase la cible de toutes les haines ? Demandez-moi, je vous expliquerai !


Avis :

Megan Chase, psychothérapeute, est engagée pour animer une émission de radio. L’accroche publicitaire est aguicheuse ; la jeune femme peut chasser vos démons intimes. Sauf que les démons existent vraiment et prennent ces mots au pied de la lettre, la jeune femme devient donc potentiellement leur ennemi numéro 1. Désormais en danger, la jeune femme va pouvoir compter sur Greyson Dante, un mystérieux et très attirant « avocat » pour la guider dans cet univers surnaturel qu’elle découvre. D’autant que Megan a d’autres dons que sa grande capacité d’écoute et son empathie, des dons qui intéressent des personnes pas toujours bien intentionnées.

La lecture de Démons personnels est un vrai paradoxe parce que le roman n’est pas forcément génial ni original, pourtant j’ai eu du mal à le lâcher et je suis très fan alors que je sais qu’il est plein de défauts. Megan Chase, par exemple, est un personnage un peu mou, qui manque de personnalité, typiquement ce que je déteste mais je me suis attachée à elle. L’intrigue est quant à elle bien menée, un peu longue à démarrer mais riche en rebondissements et révélations, même si parfois un peu rapides pour ces dernières. Mais à côté de ça, le thème (les démons) change un peu, le roman est bourré d’humour et le sexe très secondaire, autant d’atouts qui m’ont fait passer outre les petits points négatifs et apprécier l’ensemble. La suite est d’ores et déjà en haut de ma PAL !


lundi 14 juillet 2014

Sujet - Tragédie, Elizabeth Laban

Résumé :

Dans un internat privé près de New York, deux adolescents se retrouvent les héros involontaires d'une tragédie moderne. Amour impossible ou fragile, difficultés à s'accepter, choix cruciaux : de leurs récits croisés surgit une histoire poignante où suspense, humour et sentiments se mêlent avec brio.


Avis :

C’est la rentrée des classes et Duncan, enfin en Terminale, regagne sa chambre. Comme la tradition du pensionnat l’exige, il va trouver un « trésor » laissé par le locataire de l’année précédente, Tim en l’espèce. Alcool et autres substances prohibées sont les plus prisées, mais le jeune homme va trouver des CD sur lesquels Tim lui a laissé son témoignage sur les événements de l’année dernière. Faisant le lien avec le sujet sur la tragédie donné chaque année aux terminales par le prof de français, la voix de Tim va guider Duncan et remonter le passé pour faire la lumière sur le drame qui s’est joué.

Le début du roman semble bien mystérieux, le lecteur est un peu perdu, mais très rapidement il est happé par l’histoire de Tim, cet élève atypique arrivé en cours d’année. Au fil des pages, on devine le drame qui va se dérouler, puis l’auteur nous prend totalement à revers et nous livre une fin aussi émouvante que surprenante. La plume d’Elizabeth LaBan est hypnotique, une fois le récit commencé, il devient difficile de le lâcher tant le besoin de connaître le fin mot de l’histoire est présent.
Sujet : Tragédie est un livre poignant, empli d’émotions, de tristesse, mais aussi d’espoir. Et aussi, effectivement, une très bonne illustration de ce qu’est une tragédie…



L'élite T1 - Résilience, Joëlle Charbonneau

Résumé :

La Terre ne ressemble plus à la planète sur laquelle nous vivons. Les Sept Guerres en ont détruit la quasi-totalité et les hommes essaient de la reconstruire. C’est dans cet environnement que vie Cia et sa famille. A 16 ans, la majorité des adolescents doit trouver un travail. Les autres, l’Elite, sont choisis pour le Test. L’épreuve suprême. Un test ultime qui promet l’entrée à l’université pour les gagnants. Ou plutôt pour les survivants… Cia a été choisie. Et elle va rapidement comprendre qu’elle ne peut faire confiance à personne.


Avis :

À l’issue de sa scolarité, Malencia espère être choisie pour le Test qui lui permettra, si elle le réussit, d’entrer à l’université. Si le jour de la remise des diplômes aucun officiel n’a fait le déplacement, au grand dam de la jeune fille, on lui annonce dès le lendemain qu’elle est choisie, ainsi que trois camarades, pour rejoindre la ville de Tosu et participer à la sélection. Si Malencia est en joie, son père, qui a lui-même subi le Test et poursuivi ses études, la met en garde contre les autres candidats et les pièges dont il se souvient confusément lors de ses cauchemars. C’est donc avec moins d’entrain, mais mieux armée, que la jeune fille entreprend le voyage.


Après un début assez tranquille, L’élite gagne en puissance et nous offre une dystopie à la Hunger games, aussi captivante et enlevée. Sartre disait « l’enfer c’est les autres » et, une fois de plus, force est de constater que le danger vient bien de l’Homme lui-même, si prompt à causer sa propre perte. L’action se situe dans un futur où une guerre atomique ou biologique (ou les deux) a ravagé la terre. Les survivants ont dû s’organiser et des colonies ont été implantées pour tenter de redonner vie à ce qui était les États-Unis. Mais pour cela, il faut les meilleurs cerveaux, gestionnaires et décisionnaires. Pour les sélectionner, rien de plus simple, une série de tests où le gouvernement les met en concurrence et n’hésite pas à mettre la vie des candidats en danger. Pièges, poison, meurtres, peu importent les moyens quand on cherche l’élite de demain. Cette vision assez glaçante et pragmatique fait froid dans le dos, mais n’est pas sans écho dans notre mode de vie actuel où certains sont prêts à tout pour se mettre en valeur (les meurtres en moins). C’est justement pour ça que le roman fonctionne si bien. À la différence de Hunger Games où la consigne était clairement d’être le dernier survivant, elle est ici plus floue, mais interprétée comme un permis de tuer par les concurrents, ce qui est encore plus troublant. L’action est omniprésente, on ne s’ennuie pas un instant jusqu’à la fin, qui est d’ailleurs très frustrante. J’étais un peu fâchée avec les dystopies depuis quelques temps, mais celle-ci vaut vraiment le détour.