lundi 29 décembre 2014

Bird box, Josh Malerman

Résumé :

Malorie élève ses enfants de la seule façon possible : barricadés chez eux. Dehors, il y a un danger terrible, sans nom. S’ils s’aventurent à l’extérieur, ce sera les yeux bandés pour rester en vie. S’ils ôtent leurs bandeaux, ils se donneront la mort avec une violence inouïe. Malorie a deux solutions : rester cachée avec ses enfants, isolée, ou bien entamer un terrifiant périple jusqu’au fleuve dans une tentative désespérée, presque vaine, pour rejoindre une hypothétique colonie de survivants. La maison est calme. Les portes sont verrouillées, les rideaux sont tirés, les matelas cloués aux fenêtres. Les enfants dorment dans la chambre de l’autre côté du couloir. Mais bientôt, elle devra les réveiller et leur bander les yeux. Aujourd’hui, ils doivent quitter la maison et jouer le tout pour le tout.


Avis :

Oh. Mon. Dieu. Je viens de terminer Bird box et je vais pouvoir de nouveau essayer de respirer paisiblement, mon cœur va de nouveau battre régulièrement et mes mains vont redevenir sèches. Ce roman est angoissant, ça faisait très longtemps que je n’avais pas été au bord du malaise lors d’une lecture et c’est pour moi un compliment.

Le lecteur découvre Malorie, maman de deux jeunes enfants nommés Fille et Garçon (déjà là on peut se demander ce qui cloche) alors qu’elle se décide à quitter sa maison, une maison on l’on devine qu’il s’est passé des choses terribles. Par le truchement de flashbacks qui lardent le récit de l’épopée de Malorie, le lecteur revient quatre ans en arrière et découvre le passé de la jeune femme et le début du chaos.


Passé, présent, tout est flippant, tout mène à la paranoïa dans ce roman qui se déroule essentiellement en huis clos. L’auteur joue sur la tension constante au fil des pages, plongeant son lecteur dans la même insécurité que celle vécue par les protagonistes. Que ce soit la menace extérieure, les relations entre les personnages ou le lien particulier entre Malorie et ses enfants, rien n’est normal, tout est source d’inquiétude et de malaise. Le background est sombre et glauque, la menace insidieuse et omniprésente, le lecteur ne retourne jamais dans sa zone de confort tout du long du roman où la peur le dispute à une espèce de curiosité, de fascination morbide qui le pousse à tourner les pages sans pouvoir s’arrêter avant de connaître le dénouement final. Bird box était à deux doigts du coup de cœur, il n’y a que la fin qui n’était pas conforme à ce que j’attendais. Si vous aimez avoir peur, foncez.

jeudi 25 décembre 2014

Jamais deux sans toi, Jojo Moyes

Résumé :

Jess a la vie dure : elle élève seule ses deux enfants et se tue à la tâche pour arrondir les fins de mois. Comme un malheur n'arrive jamais seul, le don pour les maths de sa fille surdouée risque de rester lettre morte si personne ne la soutient. Quant à son fils, il est victime de harcèlement au collège et ne peut se défendre seul contre ceux qui s'en prennent à lui. Ed cherche à fuir un avenir incertain. Il a du temps à revendre et veut leur venir en aide... Une histoire d'amour aussi captivante que non conventionnelle. La rencontre improbable de deux êtres en perdition.


Avis :

Femme de ménage le jour et serveuse en soirée, Jess se démène pour essayer de joindre les deux bouts. Seule avec son fils, victime de harcèlement scolaire, et sa fille, surdouée qui risque de rester sur la touche faute de moyens, la jeune femme ne tient le coup que grâce à son optimisme à toute épreuve. Quand un concours de mathématiques pourrait permettre à sa fille d’intégrer une école privée, Jess n’hésite pas à traverser le pays pour lui offrir cette chance. Ed, un de ses employeurs en position délicate, va se trouver sur leur route et les accompagner lors de ce long voyage.


Jamais deux sans toi a un petit goût de Cendrillon et de Pretty Woman (sans marraine la bonne fée ni Hollywood Boulevard), avec une héroïne forte et déterminée, avec un optimisme chevillé au corps. C’est bien simple, malgré les embûches (qui sont nombreuses) et toutes les raisons qui pourraient faire baisser les bras à plus d’un, il se dégage de ce roman une joie de vivre et un optimisme qui font du bien au moral. La romance en elle-même occupe finalement le second plan, c’est davantage une histoire de complicité, la rencontre de deux êtres abîmés par la vie qui se réparent l’un l’autre. Jojo Moyes sait raconter de belles histoires plus profondes qu’on pourrait le penser de prime abord et Jamais deux sans toi fait partie des plus touchantes.

mercredi 24 décembre 2014

Si loin de toi, Tess Sharpe

Résumé :

Sophie Winters a failli mourir. Deux fois. Survivante. Blessée à vie, elle est accro aux antidouleurs. Droguée. Mina, sa meilleure amie, a été tuée sous ses yeux. Traumatisée. Personne ne croit à sa version des faits. Ni la police. Ni sa famille. Seule au monde. Elle se battra pour qu'éclate la vérité.


Avis :

Sophie est une survivante. Elle a failli mourir deux fois et a assisté à l’assassinat de Mina, sa meilleure amie. Devenue accro aux antidouleurs, elle a dû subir une cure de désintoxication et se bat chaque jour pour ne pas rechuter. Quand elle revient dans sa petite ville, tout le monde lui tourne le dos et la rend responsable de la mort de Mina, même ses meilleurs amis d’hier. Sophie va remonter le fil de ses souvenirs, revivre ses jours heureux et tenter de faire la lumière sur la nuit où son destin a basculé.


Avec Si loin de toi, Tess Sharpe fait partager au lecteur une belle amitié entre deux âmes sensibles et appelle à la tolérance. Si tout accuse Sophie, au fil des pages les certitudes faiblissent et le lecteur ne peut que faire preuve d’empathie face à cette jeune fille brisée. Le personnage de Mina est presque vivant, grâce aux souvenirs de sa meilleure amie et l’auteur réussit à livrer son histoire avec beaucoup d’émotion et de pudeur. L’enquête de Sophie est tout aussi prenante, sa soif de vérité est communicative et il devient impératif de découvrir ce qui s’est réellement passé cette funeste soirée. Ce roman est une excellente et très belle surprise, servie par un style fluide et addictif, que je vous recommande chaudement.


lundi 22 décembre 2014

Le cercle de pierre T6 - un tourbillon de neige et de cendres, Diana Gabaldon

Résumé :

En 1772, à l’aube de la révolution américaine, le brûlot de la rébellion flambe déjà : à Boston, des cadavres gisent dans les rues, et de nouveaux foyers de sédition ne cessent de s’allumer ici et là à travers les colonies d’Amérique. En Caroline du Nord, non loin de Fraser’s Ridge où vivent Jamie et sa famille, la situation est alarmante. Le gouverneur a d’ailleurs demandé à Jamie, personnalité charismatique, de tenter d’apaiser les tensions entre Indiens et colons. Claire peine à faire taire son inquiétude. Venue du futur, elle sait que l’histoire est en marche. Un pays indépendant, symbole d’espoir, verra le jour, mais dans un sillon de sang et de larmes. Et surtout, elle sait que dans quatre ans paraîtra dans la gazette locale un article annonçant la destruction de Fraser’s Ridge et le décès de ses occupants…


Avis :

/// Ne lisez pas la suite si vous n’avez pas lu les tomes précédents \\\

Sixième tome de la saga de Diana Gabaldon (pour rappel, je suis la tomaison d’origine), Un tourbillon de neige et de cendres nous replonge dans l’univers de notre couple préféré et des Highlanders exilés en Amérique. Alors que la colonie Fraser prospère tant bien que mal et que la famille est réunie depuis le retour de Ian, les ennuis ne tardent pas à arriver. Entre les petits soucis de la vie des colons et les remous causés par le déclin des régulateurs, voilà Claire enlevée par une bande de truands. Et nos héros n’en sont qu’au début de leurs peines, entre l’annonce de leur mort prochaine rapportée par Brianna et la guerre d’indépendance qui couve…

On pourrait accuser l’auteur de délayer sans cesse son histoire pour rallonger la sauce, ce tome de plus de 1350 pages en est quelque part la preuve, mais je reste toujours aussi heureuse lors de ma lecture. Ce n’est certes plus le coup de cœur du premier tome qui m’a fait manquer de sommeil, mais la joie de retrouver Jamie et claire reste intacte. Moins palpitant, avec davantage de lenteurs dues au récit de la vie quotidienne à Fraser’s Ridge, cet opus réserve quand même son compte de grosses et belles (ou pas) surprises. Les voyages dans le temps reviennent sur le devant de la scène, j’espère que cet aspect sera encore plus développé par la suite car ce tome soulève pas mal de questions sur ce point.
Je pense n’être plus très objective au fil du temps, trop heureuse de me replonger dans cet univers où l’on finit par être intime avec chaque personnage, mais je vous conseille vraiment de lire cette série. Pour ma part, vu comment s’achève ce tome, j’ai hâte de me plonger dans le prochain.




vendredi 19 décembre 2014

Ado blues, Michel Piquemal et Jacques Azam

Résumé :

Pourquoi je ne me reconnais plus ?
Comment supporter ma famille ?
Qu'est-ce qui m'attend au collège ?
C'est quoi cette colère ?
Et l'amour ?
Le livre qui aide les ados à surmonter doutes, craintes et idées noires !
À l'adolescence, on doute de tout, de soi, des autres, des parents. Rien de plus normal, à l'âge où tout change en soi et autour de soi. Entre les copains, le corps qui se transforme, la vie au lycée et la volonté d'indépendance, c'est pas toujours simple d'être un ado !
Ce livre examine avec précision et humour des sujets de préoccupation quotidiens et propose conseils, astuces et solutions simples à des situations souvent compliquées.


Avis :

Les ados, leur vie, leur œuvre… Ado blues s’adresse d’abord à eux, les 10-16 ans (voire plus, la fourchette est indicative) et les aide à appréhender les changements qui s’opèrent dans leur vie. Changements physiques, de rythme ou d’idées, baisses de moral, remise en cause des parents et de leur autorité, tout y passe sur un ton sérieux, mais qui s’efforce de dédramatiser tous ces tourments que vivent nos têtes blondes lors de cette transition délicate vers l’âge adulte. Rien de révolutionnaire dans le contenu, mais, même si les parents dialoguent beaucoup avec leurs enfants, ces derniers peuvent se montrer sceptiques quant à la parole de leurs aînés et trouver réconfortant de voir qu’un livre leur dit la même chose. Pour les parents, ça permet aussi d’enfoncer le clou (« tu vois Choupi, tu te trouves moche, mais tous les ados passent par-là, essaye de positiver » ou « tu vois Choupi, le livre dit que les règles qu’on t’impose sont nécessaires à ta construction, alors arrête de chipoter sur tout »). Ce qui est sympa dans ce petit livre, c’est qu’en s’adressant aux ados, il leur demande aussi d’être indulgents par rapport à leurs parents qui peuvent, eux aussi, ne pas toujours savoir comment se situer, tiraillés entre l’envie d’aider leur enfant et la nostalgie d’une complicité qu’ils n’ont plus, ou pas de la même manière.

Alors, bien entendu, Ado blues ne va pas résoudre les problèmes d’un coup de baguette magique, mais devrait permettre d’affronter (oui, c’est un combat quotidien !) l’adolescence un peu mieux armé…

jeudi 18 décembre 2014

Reboot T2 - Reset, Amy Tintera

Résumé :

Wren est morte après avoir reçu trois balles dans la poitrine. 178 minutes plus tard, elle est devenue une Reboot, un robot guerrier. Mais sa rencontre avec Callum, un Reboot 22, lui redonne peu à peu des sensations et des émotions humaines.
Après avoir été formés par la SHER (Société Humaine d'Évolution et de Repopulation), les deux soldats ont réussi à s'échapper et tentent d'atteindre une réserve où les Reboots pourraient vivre librement. Mais la réserve n'a rien de l'Eldorado tant espéré. Micah 163, le chef sanguinaire qui la dirige, a un projet bien plus sombre : anéantir les humains. Pendant des années, il a formé une armée de Reboots et il est maintenant prêt à attaquer. Si l'instinct de Wren la pousse à prendre la fuite une nouvelle fois, Callum ne peut se résoudre à abandonner sa famille humaine aux mains de ces assassins. La rébellion est en marche !


Avis :

On retrouve Wren et Callum après leur évasion et la libération des Reboots du complexe d’Austin. Alors qu’ils pensent avoir enfin droit à la liberté, ils vont peu à peu réaliser que Micah, le chef des Reboots libres, est loin d’être un pacifiste heureux de jouir de sa liberté recouvrée. Bien au contraire, assoiffé de vengeance et ayant la gâchette facile, Micah voit en Wren l’emblème de ralliement qui lui permettra d’anéantir l’humanité.

Après les humains cruels, les Reboots exterminateurs. Wren et Callum passent d’un extrême à l’autre sans transition. Si le jeune homme prend rapidement la mesure de la folie de Micah, le personnage de Wren est très intéressant à suivre dans son cheminement intellectuel de Reboot 178. Ce dernier tome du diptyque est bourré d’action, le lecteur ne s’ennuie pas un instant mais hélas tout est un peu cousu de fil blanc. La relation entre Wren et Callum est toujours aussi belle et profonde, ce sont eux qui me manqueront, plus que le background qui est un peu léger au final, mais je deviens de plus en plus exigeante avec l’âge… Néanmoins, si vous aimez les dystopies musclées, n’hésitez pas à rebooter grâce à Amy Tintera.




vendredi 12 décembre 2014

Le club des menteurs T3 - Une séduisante espionne, Celeste Bradley

Résumé :

"Ne pas perdre de vue James Cunnington." Telle est la consigne du père de Philippa Atwater, capturé par les Français. Pourchassée par les sbires de Napoléon, Philippa profite d'une annonce pour se réfugier chez Cunnington. Déguisée en homme et rebaptisée Philip, elle devient le précepteur du garçon des rues dont il a fait son héritier. Très vite, elle se rend compte que James a des activités plutôt louches. C'est incontestablement un espion. Et il ne serait pas étranger à la disparition de son père. Comment le faire parler? En usant de cette féminité qu'elle dissimule si soigneusement...


Avis :

C’est James Cunnington qui est au centre d’Une séduisante espionne. Le frère de l’impétueuse Agatha, accusé de trahison dans le premier tome de la série, a beaucoup souffert à cause de sa maîtresse qui s’est servie de lui. Depuis, l’amour lui semble bien impossible et les femmes lui apparaissent comme source de potentiels ennuis. Quand Philip vient sonner à sa porte pour postuler au poste de précepteur offert par James, ce dernier est loin de se douter que sous les traits du jeune garçon malingre se cache en fait une superbe jeune femme.


Encore une fois, Celeste Bradley fait mouche et propose une romance enlevée, alliant sentiments, action et humour. On peut cependant lui reprocher une certaine redondance avec les tomes précédents dans la construction de l’intrigue, mais heureusement ses personnages arrivent à chaque fois à donner un intérêt nouveau à chaque histoire. Cette fois, le lecteur se demande quand James va enfin ouvrir les yeux et piaffe d’impatience, tandis que le jeune Robbie apporte beaucoup de fraîcheur à l’ensemble grâce à la spontanéité. Une séduisante espionne fera, à coup sûr, le bonheur des amatrices de romance historique dont il contient tous les ingrédients pour un cocktail gagnant.

mercredi 10 décembre 2014

Resurrectio, Amélie Sarn

Résumé :

À quinze ans, Marie se réveille un jour sans aucun souvenir. Le médecin qui l'accueille dans cette nouvelle existence prétend l'avoir ramenée à la vie alors que tout le monde la croyait perdue, veille sur elle avec affection. Pourtant, Marie est habitée par le sentiment étrange d'être plusieurs personnes et ses souvenirs, aussi confus soient-ils, la ramènent à des histoires ne pouvant avoir été vécues par un seul individu. Qui est-elle en réalité ? D'où vient-elle ? Seul Victor détient les réponses à ces questions.


Avis :

Quand Marie se réveille, reliée à un monitoring, intubée, perfusée, elle arrache tout dans la panique, ne sachant pas ce qu’elle fait là. Pire encore, elle ne sait pas qui elle est, comment elle est arrivée là. Victor, son médecin, lui apprend qu’elle a été victime d’un grave accident. La jeune fille veut bien le croire, vu les cicatrices qu’elle arbore sur sa peau. Peu à peu elle réapprend à vivre et n’a qu’une idée en tête : être une adolescente normale.


Quand Amélie Sarn réinvente Frankenstein, ça donne un roman fantastique mêlé de thriller qui soulève beaucoup de questions éthiques et donne une vision assez juste de l’adolescence. Je pense que chaque lecteur accrochera davantage à un aspect ou un autre ; pour moi c’est le thème de l’acceptation de soi et la volonté d’être « normale » de Marie qui m’a le plus touchée. La jeune fille sort de sa bulle en quête de contact avec des gens de son âge et va se heurter à leur cruauté, car il n’est pas bon d’être différent à cet âge-là. J’avoue avoir eu énormément de peine pour elle, mais aussi beaucoup d’admiration pour son courage, sa détermination. Bien sûr, je n’oublie pas le côté fantastique du roman, avec les visions de la jeune fille, assez troublantes. En revanche, j’ai moins adhéré à l’aspect thriller que j’ai trouvé survolé et assez convenu pour ce genre d’intrigue. La fin est très ouverte, laissant espérer une suite, que je lirais volontiers si elle sortait effectivement.


lundi 8 décembre 2014

Cendres, Julianna Baggott

Résumé :

Nous sommes tous complices. Nous avons laissé les Détonations se produire. Comment pouvons-nous nous tourner vers l'avenir si nous ne pouvons admettre la vérité du passé ? Si Partridge avait pour intention de dévoiler au monde les mensonges de son père, les choses se révèlent bien plus complexes une fois aux commandes du Dôme. Alors qu'une nouvelle ère se profile, les intérêts de chacun divergent : faut-il sauver des vies, se venger, prendre le pouvoir ? Se serrer les coudes ou se tourner le dos à jamais ? Pressia, Bradwell et El Capitan devront faire des choix cruciaux s'ils veulent qu'un nouveau monde renaisse des cendres.


Avis :

Nous avions laissé nos héros en proie aux doutes et face à des choix cruciaux à faire à la fin du deuxième tome. Nous les retrouvons dans Cendres, où un point final sera mis à la trilogie.

L’univers de Julianna Baggott est toujours terriblement immersif bien que dur. Chaque personnage suit sa route et chacun est vraiment attachant dans son genre, Pressia en tête, la seule qui semble vraiment porteuse d’espoir. Pas de temps mort, l’action démarre tout de suite et le lecteur tremble, souffre et espère au fil des pages. L’écriture de l’auteur est fluide et réussit à rendre son univers presque tangible, on est toujours sous le charme, jusqu’à la dernière page. La fin est quant à elle digne de l’ensemble de la série et la clôture en beauté. J’ai presque envie de reprendre Pure, le premier tome, et de me refaire une lecture de l’ensemble !

mercredi 3 décembre 2014

Boys Out !, Rawia Arroum

Résumé :

Depuis l’Éradication, le monde est gouverné par les femmes et pour les femmes uniquement. Les hommes n’ont plus le droit de cité. Tous sont bannis, ou bien traqués et placés en détention pour assurer leur seule fonction : la reproduction. Ensuite, systématiquement, ils sont éliminés. Comme toutes les jeunes filles de son âge, Lyra s’entraîne dur pour être capable d’affronter et de maîtriser les mâles qui rôdent encore. Jusqu’au jour où elle doit rencontrer un homme pour procréer à son tour…


Avis :

Dans une société où le matriarcat est poussé à l’extrême, Lyra et Yas ont pour mission de capturer les rares hommes ayant gardé leur liberté afin de les enfermer dans la Structure. Maltraités, contraints à procréer puis exécutés, leur sort a été scellé il y a bien longtemps suite à une révolte féministe. Finis les coups, la soumission et le silence, les femmes ont pris le pouvoir et réduit l’homme au simple rôle de reproducteur. La jeune Lyra approche de ses dix-huit ans et va devoir quitter l’action pour remplir une nouvelle mission : porter un enfant.

\\\ ATTENTION SPOILERS ///

Si le pitch me semblait prometteur, j’ai finalement failli avoir le front plat à force de me le frapper au cours de ma lecture… Je laisse de côté le style qui est largement perfectible mais qui passe. De toute façon, avec tout le reste je n’ai pas eu le temps de m’appesantir sur l’écriture en fait…
Commençons par le commencement. Les femmes se sont donc rebellées contre les hommes car ces derniers sont violents, les rabaissent, ne les laissent pas s’épanouir, j’en passe et des meilleures. Ok, donc la société que les femmes vont créer sera bienveillante, équitable et laissera une grande place à la liberté de chacune et à la tolérance. Elles exécutent les hommes ? Bon, pour la tolérance on repassera. Les femmes doivent s’habiller en jupe, garder les cheveux longs et ne jamais sortir sans être pomponnées ? Pour la liberté, c’est pas gagné. Elles sont sanctionnées si elles prennent ne serait-ce qu’un kilo ? On sent la bienveillance là, c’est flagrant. Bref, l’auteur explique le pourquoi du comment de son background (les hommes sont vilains, les femmes veulent se libérer) et propose une société bourrée de contradictions par rapport au postulat de départ. Rien que cela m’a fait grincer des dents à m’en faire sauter les plombages. Et encore, je passe sur l’organisation de la vie des femmes, elles doivent être éduquées (mais que jusqu’à quinze ans hein, ça risque d’être compliqué pour faire médecine du coup), ensuite guerrières/chasseuses d’hommes et, à dix-huit ans, à elles la maternité. Une nouvelle fois je me pâme devant tant de libertés individuelles et de possibilités d’épanouissement personnel. Mais Chani, c’est une dystopie, c’est normal que la société ne soit pas parfaite, me direz-vous. Certes, mais dans les bonnes dystopies le message est subtil, amené au fil des pages. Ici c’est à peine s’il n’y a pas une affiche lumineuse et clignotante « Hey, regardez comme je suis une société dysfonctionnelle ! ».
Ensuite, intéressons-nous à l’intrigue. Lyra va donc devoir concevoir son premier enfant. Insémination artificielle et tout le toutim ? Que nenni, à l’ancienne, avec un homme en chair et en os (une fois le devoir accompli il sera exécuté, rappelez-vous). Elle a peur ? Pas grave, on l’endort, monsieur accomplit sa besogne (sachant qu’il va être tué ensuite je ne sais pas comment il arrive à se motiver, mais admettons) et le tour est joué. C’est un viol peut-être, non ? Oui mais bon, c’est pour le bien de la communauté, on ne va pas chipoter quand même ! Donc on renverse la société parce que les hommes sont vilains pas beaux et on met en place des viols en série alors qu’une solution médicale existe. Bien sûr, tout est cohérent, mon front commence à me faire mal… Bref, revenons à Lyra qui se retrouve face à son « destiné », qui n’est autre que le jeune homme qu’elle a capturé quelques jours avant. On se doute bien de la direction que va prendre le roman, la jeune fille va tomber amoureuse de lui. Oui, ok, sauf qu’en se voyant une ou deux heures grand maximum, Loan (c’est le jeune homme en question) va réussir à lui retourner le cerveau. Les femmes ne sont pas si bienveillantes que ça, les hommes ne méritent pas leur sort, blablabla… Dix-huit années de conditionnement foutues en l’air en moins de deux, amenez-moi les formatrices et les éducatrices de Lyra qu’on les fusille, bonnes à rien qu’elles sont ! (En même temps, en arrêtant leurs études à quinze ans, la formation n'est pas complète, ceci explique cela...) Leur romance fait ensuite un peu pitié, un mélange de cucul la praline et de WTF, je vous laisse découvrir tout ça. Alors après, c’est la fête du slip, plus ça va, plus on se rend compte que tout le monde fait partie de la rébellion qui vise à mettre fin à cet « ultimate matriarcat ». Jusqu’à la présidente (qui n’est pas vraiment présidente mais bon, là j’ai pas le temps de développer, mais c’est tout comme). Han. Ben alors pourquoi ce petit monde qui semble être aux postes clés ne fait-il pas table rase des lois anti-hommes ? Parce qu’il y a les autres pays et la guerre ! Alors, autant j’ai vu venir pas mal de choses, autant la guerre avec une Lyra enceinte de sept mois sur le champ de bataille, je ne pensais pas qu’on me le (re)ferait. Mention spéciale à l’accouchement par contre, là niveau incohérence on touche le fond. Petit rappel des faits. Lyra est enceinte (je vous passe l’épisode sur le déni de grossesse, mon front a pris cher à ce moment-là), on lui a fait subir des tests pour connaître le sexe de l’enfant. Ok, donc échographie en gros et, félicitations (ou pas), c’est un garçon. Finalement, entre deux bombardements, Lyra accouche de… jumeaux : une fille et un garçon, amenez-moi le médecin échographiste qui a fait l’examen, fusillé lui aussi pour incompétence ! Le livre s’achève comme une tragédie Shakespearienne (sans le talent ni l’émotion) et c’est un soulagement pour moi, et encore plus pour mon front.


Boys Out ! est un livre qui part avec une bonne idée, mais traitée par-dessus la jambe. Il manque de la profondeur, de la maturité et de la cohérence, l’idée de base ne suffit pas, loin de là. Pire encore, le roman m’a mise mal à l’aise par rapport à son traitement du féminisme à une époque où les droits de la femme semblent plus en danger que jamais…


mardi 2 décembre 2014

The Wild Ones, M. Leighton

Résumé :

The darling daughter of a champion Thoroughbred breeder, Camille “Cami” Hines has a pedigree that rivals some of her father’s best horses. Other than feeling a little suffocated at times, Cami thought she was happy with her boyfriend, her life and her future—until she met Patrick Henley.
 “Trick” blurs the lines between what Cami wants and what is expected of her—and he just happens to be so sexy she can’t keep her hands off him. While they both know that Trick would lose his much needed job on the ranch if anyone finds out, they can’t resist the lure of their scorchingly hot encounters.
But when Trick stumbles upon a note from his father, it triggers a series of revelations that could ruin what he and Cami have worked so hard to overcome. It turns out there’s more to Trick’s presence at the ranch than either of them knew, and secrets with the power to tear them apart…


Avis :

Camille revient chez ses parents pendant les vacances universitaires. Alors qu’elle est en couple avec un garçon bien comme il faut, elle va avoir un petit coup de cœur pour un jeune homme rencontré dans un bar. Après avoir un peu flirté avec lui (avec quand même quelques remords par rapport à son copain), la jeune fille va découvrir que son séduisant inconnu est en fait un employé de son père. Je ne vous fais pas de dessin, la fille de bonne famille qui craque sur le palefrenier, ça ne va pas faire très plaisir à papa…


The wild ones est une petite romance NA bien mignonne mais un peu insipide. L’auteur surfe sur des clichés, le tout est cousu de fil blanc, mais ce n’est pas le plus dérangeant, l’originalité n’est pas ce qu’on recherche en premier dans ce genre de livres. Mais là, il manque l’étincelle, le petit truc en plus qui rend la romance unique et vous fait soupirer, voire glousser. Là, c’est propre, il y a les bons ingrédients mais ça ne suffit pas. La lecture est néanmoins agréable, mais pas exceptionnelle.