mardi 1 mars 2016

Nous entrerons dans la lumière, Michèle Astrud

Résumé :

" Je suis le guetteur de la nuit, le gardien des hautes cimes. Je surveille l'arrivée du désert, l'avancée des tempêtes, bientôt la maison sera ensevelie sous le sable. Seuls ceux qui habitent les étages les plus hauts arriveront à survivre. " Dans un monde en déliquescence, la sécheresse et la canicule font des ravages, l'égoïsme et l'anarchie règnent, et chacun lutte férocement pour sa survie. Antoine, un ancien professeur, rend quotidiennement visite à sa fille Chloé qui, suite à un événement traumatique dont il se sent coupable, souffre de graves troubles de la mémoire et réside depuis des années dans une maison pour enfants malades. Antoine se bat contre l'oubli et la destruction, en photographiant son environnement en train de disparaître, et en reconstruisant sa relation douloureuse avec Chloé. C'est alors que réapparaît Sonia, son amour de jeunesse, devenue documentariste de renom, mais elle meurt avant qu'ils ne puissent tourner la suite du film qu'ils avaient jadis commencé ensemble. Antoine décide de partir sur les routes avec Chloé, dans l'espoir que ce voyage lui permette de sauvegarder les archives de Sonia, et de les sauver eux-mêmes. Dans une atmosphère des derniers jours où l'obscurité gagne, dans une errance où l'oubli croît, Antoine réussira-t-il à assumer son rôle de père ? Chloé arrivera-t-elle à grandir ? Parviendront-ils, ensemble, à retrouver la lumière ?


Avis :

Il est des livres qui vous immergent complètement dans leur univers et ne vous relâchent qu’à la toute dernière page, un peu déboussolé. C’est le cas de Nous entrerons dans la lumière, roman hybride entre post-apo, cli-fi, road trip et drame social.

Dans un monde en déliquescence, asséché par le réchauffement climatique, Antoine déambule, appareil photo en main, témoin passif d’une société qui a tout gâché et ne se respecte plus. Ancien professeur, il garde un souvenir ému du monde qu’il a connu et de ce qu’il a perdu. Sa femme est partie travailler là où la situation est plus stable, sa fille est internée dans un établissement psychiatrique, il n’a plus que ses souvenirs. Et c’est un fantôme du passé, Sonia, son amour de jeunesse, qui va venir perturber son quotidien.


Dès les premières pages, le lecteur est happé dans l’ambiance morose du roman où règnent mélancolie et résignation. Michèle Astrud décrit un futur proche dans lequel nous avons tout perdu, mais qui est criant de réalisme et renforce l’impression de malaise qui ne va pas quitter le lecteur. Outre la violence ambiante, les questions sociales et écologiques qui sont au cœur du roman en filigrane, Nous entrerons dans la lumière met surtout en lumière l’histoire d’un père qui renoue avec sa fille, leurs espoirs déçus et ceux à venir. Leur relation est touchante, apportant de la lumière dans ce gris omniprésent qui caractérise le roman. La plume de Michèle Astrud est fluide et réserve de très beaux moments dans les descriptions de ce chaos qu’est devenu notre monde. Le roman ne laisse pas indifférent, loin de là, je vous invite à le découvrir.


 

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