lundi 12 décembre 2016

La maison des morts, Sarah Pinborough

Résumé :

La vie de Toby bascule suite à un simple test sanguin. Au beau milieu d'une île déserte, une poignée d'enfants mène une existence hors du temps, sous la surveillance impassible d'une équipe d'infirmières. Arrachés à leurs familles, les Déficients vivent dans la crainte du moindre symptôme indiquant qu'il est temps pour eux d'être conduits au sanatorium, là d'où personne ne revient. Loin des siens, replié sur lui-même, Toby attend la mort et lutte contre la peur et le désespoir. Mais l'arrivée d'une nouvelle patiente lui redonne brusquement une raison de vivre et d'espérer.


Avis :

Ils sont quelques dizaines d’adolescents, diagnostiqués Déficients, à être parqués dans une maison sur une île perdue. Régulièrement, certains partent pour le sanatorium et ne reviennent pas. D’autres arrivent dans des bus, perdus et emplis de tristesse d’avoir été arrachés à leurs parents. Un jour, Clara descend d’un de ces bus et son arrivée va bouleverser la vie de Toby…

D’abord un mot sur le livre en tant qu’objet, il est tout simplement magnifique : relié, la couverture est soignée, la tranche noire, il a tout pour séduire.

Bien, passons à l’intrigue en elle-même. Et là, ça se gâte un peu. Le résumé laisse penser à un livre sombre baigné de fantastique, voire peut-être du post-apocalyptique, mais, en tout, cas on peut s’attendre à une bonne dose de surnaturel et de frissons. Et, finalement, les pages s’enchaînent sans que rien de tout cela n’arrive. Il y a bien Matrone qui est un peu effrayante, mais le reste se réduit à des histoires de jeunes gens qui trompent l’ennui en attendant leur propre mort. Pourquoi, comment sont-ils Déficients, en quoi cela consiste, que se passe-t-il au sanatorium, ce sont les questions que le lecteur va légitimement se poser au fil des pages, mais l’auteur nous laisse dans le flou. En revanche, l’arrivée de Clara donnera lieu à une romance, ce qui ne suffit pas à contenter le lecteur qui se sent dupé. Quelques réflexions hautement philosophiques sur la vie et la mort plus tard, le livre prend fin, nous laissant plus que perplexes. Le roman n’est pas mauvais, mais on a l’impression de lire autre chose que ce qui est promis : une romance young adult en lieu d’un roman plus mature et effrayant. Le background est inexistant, les questions soulevées sont oubliées en cours de route et resteront sans réponse. Tout cela est très frustrant, un peu comme si on vous avait promis un repas dans un restaurant gastronomique et que vous finissez au KFC. Et que vous n’aimez pas le poulet.



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