vendredi 11 août 2017

Forbidden, Tabitha Suzuma

Résumé :

Il ne reste plus grand-chose de la famille Whiteley. Le père a refait sa vie à l'autre bout du monde, la mère essaie d'en faire autant. Elle dépense plus d'argent chaque mois en alcool et en fringues qu'en pension alimentaire pour ses cinq enfants. Dans la débâcle, les deux aînés, Maya et Lochan, seize et dix-sept ans, décident de prendre les choses en main. En effet, si les services sociaux s'en mêlent, ils seront séparés, placés dans des foyers aux quatre coins du pays. Luttant ensemble pour maintenir leur famille unie, ils partagent les mêmes joies et les mêmes peines. Mais peuvent-ils vraiment s'avouer ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre ?


Avis :

Vu le buzz et les critiques coup de cœur qui fleurissent autour de ce livre, j’avais envie de lire Forbidden, malgré le sujet quelque peu controversé. Une histoire d’amour entre frère et sœur, c’est quand même bien malsain, mais il m’est arrivé de lire des livres qui traitaient du sujet et jouaient sur le côté sulfureux, alors que les frères et sœurs n’étaient que les enfants respectifs d’un couple remarié, donc aucun lien de sang. Ou alors il s’agissait d’un drame, séparés à la naissance les protagonistes tombaient amoureux avant de découvrir la vérité. Bref, je voulais lire ce livre et je remercie (ou pas en fait) ma copine Christelle qui me l’a généreusement prêté (on a les amis qu’on mérite). Vu sa tête quand elle m’en a parlé, j’ai compris que ce n’était pas un coup de cœur, pourtant la miss est assez bon public. Mais peu importe, je voulais me faire ma propre idée…

Le lecteur découvre donc Maya et Lochlan, deux ados en charge d’une fratrie de cinq enfants, avec une mère qui a lâché l’affaire depuis un moment et un père disparu pour refaire sa vie. Les deux aînés font de leur mieux pour joindre les deux bouts et assurer la cohésion familiale. À seize et dix-sept ans, bel effort. Et puis, peu à peu, ils se rendent compte qu’ils se trouvent l’un et l’autre très séduisants et qu’ils ont des sentiments qui dépassent le cadre fraternel. Ok, donc ils vont vivre leur amour en cachette parce qu’ils savent que c’est mal et que les conséquences seraient terribles pour leur frères et sœurs. Eh bien pourquoi ils n’arrêtent pas de suite s’ils sont conscients de tout ça ?! Bref, ça se bisouille avant de passer aux choses sérieuses, il faut tout un livre pour en arriver là. C’est bien sûr immoral, choquant et glauque, ça se passerait dans une caravane en bordure de nationale que ça ferait l’ouverture du journal de France 3 Région et ça finirait en Faites entrer l’accusé.

À côté de ça, l’écriture est assez pauvre, même si ça avait été une romance « classique » je n’aurais pas sauté au plafond tellement c’est plat. Les personnages font plus pitié qu’autre chose et méritent des baffes, j’ai vraiment du mal à comprendre comment on peut aimer cette histoire. En fait, c’est sûrement ce qui me dérange le plus, à savoir ce genre de livres qui légitiment des situations qui n’ont rien de normal : le viol, l’inceste, la torture. Et le pire ce sont les lectrices qui disent que ce n’est pas grave parce que ce n’est qu’un livre. Ben si, infuser l’idée que le viol et l’inceste sont des pratiques qui donnent lieu à de belles histoires d’amour, moi je trouve ça malsain et glauque au possible. C’est comme ces viols légitimés par le fait que c’est pas grave, plus tard ils tombent amoureux. Eh bien si, un viol c’est grave. L’inceste, c’est grave. Et ce n’est ni moral, ni légal. J’ai parfois envie d’en finir avec mon voisin, mais je ne le fais pas parce qu’il y a la morale et les lois, et surtout mon propre cerveau qui me dit que ce n’est pas bien et qu’occire mon voisin pour ne plus entendre sa scie à métaux tous les week-ends ne me sera d’aucune utilité si je finis en taule.

En bref, il faut arrêter de repousser les limites des romances pour se donner des frissons : à ce compte-là autant regarder les pages de faits divers, parce qu’hélas, tout cela existe et c’est beaucoup moins glam dans la vraie vie.

3 commentaires:

  1. J'imagine que le pire est l'écriture et le fait que le livre indique que ce n'est pas si grave.
    Une écriture clinique, qui parlerait de ça sans forcément juger mais en montrant juste que ça peut arriver, pourquoi pas. Dans le genre il y a le film Color wheel que j'avais bien aimé.
    Cela reste toujours un sujet pas simple du tout à traiter mais bien fait je dit pourquoi pas, surtout si ça dit pas que c'est une bonne chose.

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    1. Exactement, il y a plein de façon de traiter un sujet, là je trouve gênant que le but soit de faire naître des papillons dans le ventre quoi.

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    2. Je comprends totalement cela, surtout si c'est vraiment le seul but, ça craint un peu, et j'imagine que cela peut poser des questions concernant l'auteure.

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